Former une main-d’oeuvre compétente pour l’avenir

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Il y a une consultation régionale au Québec sur l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Plusieurs points sont abordés en ce qui a trait au développement économique, au manque de main-d’oeuvre qualifiée, à la formation offerte, aux besoins d’une formation adéquate pour les travailleurs actuels et futurs. Tout cela est très intéressant et nécessaire. Malheureusement, je constate que la pensée magique qui consiste à gratter le bobo pour le guérir est toujours présente, ainsi que la pensée que la modification des structures de formation, en les rendant plus accessibles et souples, va résoudre le problème.

Le défi pour l’avenir semble être de faire face à l’économie du savoir et la formation axée sur les activités professionnelles à hautes valeurs ajoutées. À aucun moment il n’est question de ce qu’il faudra faire pour que ceux qui organisent et dispensent la formation aient les compétences nécessaires pour faire face à ce défi. Sans formateurs et professeurs formés et supportés adéquatement ainsi que la recherche en didactiques professionnelle sur les dispositifs, les ressources et les pratiques de formations professionnelles adéquates, nous avancerons en arrière.

La recherche en didactique professionnelle et la formation continue des enseignants et formateurs pour favoriser l’attraction, la persévérance et la réussite des élèves tout en permettant de développer les compétences professionnelles adéquates constituent les éléments clés pour relever ces défis. D’ailleurs, il y a péril dans la demeure. Sous les bonnes intentions de faciliter l’accès à la formation professionnelle et de reconnaître plus facilement l’expérience, on pense pouvoir répondre à ce besoin.

Les compétences à développer chez les jeunes et les travailleurs sont d’un niveau plus élevé. Il faut faire développer les compétences de base nécessaires chez les jeunes pour les faire accéder de façon pleine et entière aux défis des professions d’avenir, non pas leurrer les travailleurs en reconnaissant aux pairs des compétences acquises sur le tas ou en diminuant les critères d’accès. Il ne faut pas abaisser l’accès aux formations pour répondre aux besoins quantitatifs de main-d’oeuvre, mais s’assurer que la compétence réelle est au rendez-vous.

Il faut de la recherche pour apporter des pistes sérieuses de mise en oeuvre d’un tel chantier, non pas bricoler sur le tas des réactions esthétiques, émotives politiques ou organisationnelles à la situation d’accessibilité et de maintien au travail. Nous ne pourrons faire face à des problèmes d’avenir avec des recettes du passé. Je vous fais part de ma carte d’idées qui m’amènera à intervenir dans ce dossier.

Un environnement de formation

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En formation professionnelle on associe souvent le milieu de formation avec les classes, les ateliers et les laboratoires à des milieux normaux pour faire apprendre. Il en va tout autrement pour le développement des compétences professionnelles. Il faut plus qu’un milieu standard de formation pour favoriser le développement des compétences professionnelles, il faut l’aménager conformément au climat que nous désirons y installer. Je me suis inspiré du cadre de référence des apprentissages en formation professionnelle du MELS (2005). Il faut que le milieu de formation permette l’exploration, l’apprentissage, l’application et le transfert des savoirs nécessaires au développement de la compétence. Pour répondre à ces attentes, il vaut mieux parler d’environnement que de milieux. J’ai représenté, dans les schémas si dessous, ce que je nomme environnement. L’environnement a pour fonction de créer un climat favorable aux apprentissages et au développement de la compétence professionnelle des apprenants. Les trois composantes de base de l’environnement sont les intentions d’apprentissage, les ressources et leur aménagement. L’aménagement des ressources a pour fonction de créer un contexte qui a du sens pour réaliser l’action contextualisée exigée par la compétence. L’aménagement des apprentissages se fait par la mise en place d’une situation de travail artificielle. Les ressources nécessaires aux apprentissages sont directement associées à l’action à réaliser par l’apprenant.

Ce schéma peut sembler complexe, mais il représente une réalité simple. Le travailleur oeuvre dans une situation de travail où il réalise ses tâches (actions) en lien avec différents contextes. C’est ce qui suscite le climat de travail. Dans un milieu de formation où c’est l’apprentissage qui est au coeur de toutes les activités d’enseignement, il faut aménager les ressources pour favoriser les apprentissages tout en mariant le climat favorable aux apprentissages et le climat de travail nécessaires au sens de la compétence professionnelle à faire développer.

Atelier 9 : Partie 1 : Du savoir-être à la compétence

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Cette présentation se fera en deux parties. Celle-ci traite du savoir-être à la compétence. La partie deux traitera du savoir-être à l’apprentissage. La nécessité de traiter de la compétence vient du fait que le savoir-être en est une composante essentielle qui est tenue en compte par le milieu du travail. Pour pouvoir faire apprendre un savoir-être, il faut le traiter comme un objet d’apprentissage et l’associer à des comportements. Finalement, il faut créer un contexte où le tout pourra se développer.

Du être au savoir-être

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Voici le contenu d’une présentation que j’ai faite dans différents CÉGEP du Québec sur l’utilisation des savoir-être comme objet d’apprentissage.

Faites épanouir votre identité professionnelle

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Voir ce que l’on entend.

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Voici une présentation que j’ai préparée dernièrement pour la journée pédagogique nationale en formation professionnelle. Le thème de cette journée portait sur les 12 compétences de l’enseignant en formation professionnelle. J’ai voulu présenter une réflexion sur chacune des compétences pour demander aux participants ce qu’ils percevaient des compétences énoncées. La présentation que j’ai faite était totalement différente. Cela indique qu’il faut toujours être prêt à s’adapter aux intérêts de son auditoire. Si vous désirez voir la présentation qui a été faite, elle se trouve à l’adresse « http://www.supor.org/Book/voirentend».

Êtes-vous pour ou contre la «SKBLZT»

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Il y a un débat au Québec sur la pertinence d’utiliser la «SKBLTZ» en éducation. Les parents sont pour dans la mesure ou le résultat sera en pourcentage. Les enseignants sont pour dans la mesure que cela ne changera rien au programme. Pourtant, la «SKBLTZ» est concrète dans le milieu du travail. On le sait quand un travailleur ou un professionnel est «SKBLTZ».

Je comprends que vous vous demandiez en quoi consiste une «SKBLTZ». Il y en a partout, mais c’est difficile à expliquer. C’est comme essayer d’expliquer ce que goûte une banane à quelqu’un qui l’ignore. Surtout quand vous choisissez une saveur de crème glacée. Si vous prenez comme référence la couleur de votre crème glacée pour manger ce qui est comestible sur la banane, vous allez manger la pelure et jeter l’intérieur. Même si c’est difficile à expliquer, cela ne remet pas en question son existence. Ce qui n’est pas le cas de la «SKBLTZ». Le fait que nous ne puissions l’expliquer et la rendre tangible nous amène à vouloir l’éliminer.

Si l’on remplaçait la «SKBLTZ» par quelque chose que l’on connaît. Cela pourrait rassurer tout le monde et ce serait plus facile pour susciter l’adhésion même si l’on ne sait pas ce que c’est.

Très bien, ne parlons plus de la «SKBLTZ» mais plutôt de la connaissance. C’est facile à comprendre une connaissance. On sait quand nous l’avons et on sait quand nous ne l’avons pas, ce n’est qu’une question d’acquisition. On n’a pas besoin de savoir si la personne l’apprend, il s’agit simplement qu’elle mémorise et  régurgite cette connaissance dans un examen pour pouvoir avoir une note en pourcentage. C’est extraordinaire, pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple. Il est évident que c’est nettement mieux que la «SKBLTZ». Il vaut mieux essayer d’éliminer les choses que nous ne comprenons pas, ou que le sens commun ne comprend pas, plutôt que d’essayer de la comprendre. Pour comprendre, il faudrait que je puisse manifester une «SKBLTZ» et je ne sais pas ce qu’est la fameuse «SKBLTZ».

Est-ce que je veux consulter un médecin qui est «SKBLTZ» ou qui a les connaissances à 80%? Mon mécanicien à 75% est nettement meilleur qu ‘un mécanicien qui est «SKBLTZ». La mesure donne parfois l’illusion d’être une évaluation, mais ce n’est pas toujours le cas. Ce n’est pas parce qu’il y a un chiffre que c’est une vérité. C’est déjà suffisamment insultant de se faire présenter des produits à 30% moins de gras sans savoir ce que représente le 100%. 30% de rien et 100% de rien c’est toujours pareil. Pourtant, ce chiffre nous rassure et porte le consommateur, que nous sommes, à choisir un produit plutôt qu’un autre parce qu’il est meilleur de 30% de ce que je ne sais pas.

Le fait de réduire la «SKBLTZ» à la connaissance ne nous inquiète pas étant donné que l’on ne sait ce que c’est. On ne se pose même pas la question que peut-être la connaissance était déjà dans la «SKBLTZ», et que maintenant nous avons moins qu’avant. Il est même possible que parce que nous ne savions pas ce qu’était la «SKBLTZ» nous n’ayons pas inclus ce qui devait y être. Peut-être que ce n’est pas la «SKBLTZ» le problème, mais l’ignorance que nous en avons et qu’il est plus facile de rejeter ce qui est différent que de faire l’effort de le comprendre. Ce qui est sécurisant c’est que tout le monde est contre la «SKBLTZ». Étant donné l’unanimité c’est nécessairement mauvais et que tout le monde ne peut pas être dans l’erreur. Bon sens ne saurait mentir.

Excusez là! Il fallait que ça sorte. Comme dit Shrek, il vaut mieux que ça soit dehors que dedans.

N.B. : Vous pouvez remplacer le mot «SKBLTZ» parce que vous voulez, de toute façon on ne sait pas ce que c’est.

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