Proposer un itinéraire des apprentissages à réaliser

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Lorsque vous désirez faire un voyage important, généralement, vous établissez un itinéraire qui comporte les différentes étapes importantes de votre voyage. Votre itinéraire débute à votre point de départ et vous amène à votre point d’arrivée. De la même façon, dans une formation, il est important d’établir ces deux points ainsi que les différentes étapes qui vont vous permettre de passer du point A au point B. Les étapes sont composées des activités que vous désirez faire réaliser aux participants à la formation et qui sont en lien avec les objectifs de votre programme de formation. Vous pouvez également indiquer les activités d’apprentissage que vous ajoutez selon les intentions de votre stratégie didactique de formation.

Si nous faisons le lien avec votre itinéraire de voyage, votre itinéraire des apprentissages devrait premièrement être établi à partir des éléments normatifs de votre programme, c’est-à-dire les objectifs. Comme dans le cas de votre voyage, si vous désirez par exemple aller aux Îles-de-la-Madeleine et que vous demeurez à Saint-Jérôme (Laurentides), vous devrez indiquer les points cruciaux qui seront nécessaires pour atteindre votre destination. Vous devrez à un moment donné quitter l’autoroute 15 pour allez vers l’est. Selon votre choix, vous passerez nécessairement par Trois-Rivières ou par Drummondville. Dans un cas comme dans l’autre, vous aurez établi si vous désirez passer par la Côte-Nord, la Gaspésie ou le Nouveau-Brunswick. À un moment donné, vous serez obligé de prendre le bateau ou l’avion pour arriver à destination. Tout au long de ces étapes, vous ferez des arrêts santé, pour manger, vous reposer ou pour dormir. Arrivé à destination, vous ferez en sorte de réaliser ce pourquoi vous vouliez atteindre cette destination, soit pour le travail, les vacances ou la visite d’amis. Selon votre itinéraire et la raison de votre voyage, vous allez vous organiser, faire vos bagages et apporter des ressources en conséquence.

La formation répond aux mêmes règles. La formation doit nécessairement répondre à un besoin. La réponse à ce besoin est exprimée dans un programme de formation qui indique la finalité (destination) et les objectifs (étapes). C’est vous, en tant que formateur, qui décidez des activités nécessaires à ajouter pour faire réaliser les apprentissages (les arrêts santé). Finalement, vous déterminez les ressources nécessaires pour que le tout puisse se réaliser (les bagages). L’itinéraire établit la séquence des apprentissages que les participants à une formation devront réaliser et exprimer par des actions concrètes qu’ils devront mettre en oeuvre. Il est important d’établir la séquence des actions ainsi que leur lien avec les intentions que vous avez à les faire réaliser.

Itinéraire

1. Tâches 

Les tâches sont des actions correspondant aux objectifs de la formation. Elles sont généralement obligatoires.

2. Tâche global

La tâche globale correspond à l’objectif général de la formation. Elle se trouve généralement à la dernière place de la séquence à réaliser.

3. Tâches particulières 

Les tâches particulières correspondent à des sous‑objectifs ou à des éléments de la compétence.

4. Tâches spécifiques 

Les tâches spécifiques correspondent à des pratiques spécifiques associées à une tâche particulière ou globale.

5. Activités 

Les activités sont des actions favorisant l’appropriation, par l’apprenant, des savoirs nécessaires à l’atteinte des objectifs de la formation. Ce sont des aides aux apprentissages choisies par le formateur selon la stratégie qu’il désire mettre en oeuvre.

6. Activité d’apprentissag

L’activité d’apprentissage favorise la construction de sens autour de savoirs spécifiques à apprendre. Elle permette l’encodage, le traitement et la compréhension des informations

7. Activité pratique 

L’activité pratique est une activité qui place l’apprenant en situation pour pouvoir développer son habileté ou sa capacité à réaliser une action.

8. Activité d’impulsion  

Une activité d’impulsion est une activité qui se réalise en début de formation pour mobiliser les participants et les faire adhérer à la formation. La finalité de cette activité est de faire découvrir le sens et la pertinence de la formation.

9. Activité de transfert 

L’activité de transfert favorise la construction de liens avec la réalité. Elle a pour fonction d’amener les apprenants à adapter les pratiques apprises à différents contextes d’application.

10. Activité de remédiation

L’activité de remédiation aide l’apprenant à surmonter certaines difficultés d’apprentissage.

11. Activité d’enrichissemen

L’activité d’enrichissement propose des défis plus complexes aux apprenants pour élever leur niveau de compétence.

Une matrice de qualification des concepts

Un commentaire

La matrice de qualification des concepts a pour fonction de vous aider à établir le niveau de difficulté des informations (concepts) à faire apprendre. Plus le concept est difficile, plus vous aurez besoin de ressources pour le représenter et le faire manipuler pour en faciliter l’apprentissage.

Les deux difficultés associées à l’apprentissage de concepts sont la quantité et la complexité. L’être humain a une capacité maximale pour percevoir et traiter des informations, surtout lorsque c’est la première fois qu’il en entend parler. La mémoire de travail ne peut traiter plus de cinq à sept informations en même temps. Il faut alors que ces informations soient stockées en mémoire à long terme pour être évoquées plus tard. Il est donc important, dans le cas d’informations complexes, que l’encodage dans la mémoire puisse en faciliter le stockage et l’évocation.

Vous pouvez utiliser la matrice de qualification des concepts à la suite de la carte conceptuelle. La matrice est divisée en quatre catégories pour qualifier le niveau de difficulté d’apprentissage des concepts. Les concepts peuvent être concrets, c’est-à-dire perceptibles par les sens, ou abstraits, c’est-à-dire non perceptibles par les sens. De plus, chacun de ces concepts peut être, pour celui qui participe à la formation, univoque, tout le monde en a la même représentation, ou équivoque, et dans ce cas, la représentation doit être établie pour une compréhension commune.

Il s’agit pour vous de placer chacun des concepts de votre carte conceptuelle dans l’une ou l’autre des cases de la matrice. Les concepts univoques et concrets sont les plus faciles à faire apprendre, car vous pouvez les faire percevoir et tout le monde en a une interprétation commune. Par exemple, le concept de crayon peut être équivoque, mais lorsque vous montrez le crayon et que les gens peuvent le percevoir il devient alors univoque. Le concept d’esprit d’équipe est abstrait, il est plus difficile à faire percevoir de façon univoque. Le formateur a alors la tâche de rendre concrets les concepts abstraits.

Plus il y a de concepts abstraits et équivoques, plus le formateur devra travailler à élaborer des stratégies et des ressources didactiques pour en faciliter l’apprentissage. La matrice de qualification des concepts vous permet d’établir le niveau de difficulté des apprentissages et par conséquent les moyens que vous prendrez pour surmonter ces difficultés. Par exemple, il est plus que probable que vous devrez concevoir des aides à penser (p.163), des aides à la tâche (p.173) ou une aide à se comporter (p. 52) pour illustrer de manière symbolique les concepts abstraits afin que les participants à la formation puissent se faire une représentation des informations qui seront présentées.

1. Concept 

Un concept est un support aux opérations mentales. Il exprime la représentation que l’on a d’une idée, d’un mot, d’une pensée ou d’un phénomène dans un contexte donné (par exemple : apprendre, table, apprenant, livre, atelier, etc., dans une classe).

2. Concept univoque 

Un concept univoque est un mot utilisé dans un contexte spécifique et qui garde le même sens dans des contextes différents. Ce mot ne peut être interprété généralement que d’une seule façon (par exemple : un prix, une taxe, la mort, la vitesse, le temps, l’heure, la santé, la loi, un règlement, etc.).

3. Concept abstrait 

Un concept abstrait est un mot utilisé dans un contexte spécifique pour représenter une idée particulière ou une façon de raisonner qui ne fait pas référence à des objets du monde réel (par exemple : la compétence, le savoir, le compétent, la réussite, comprendre, raisonner, apprendre, etc.).

4. Concept imperceptible 

Un concept imperceptible est un concept concret que les sens ne peuvent percevoir sans assistance (par exemple : le système circulatoire d’une personne vivante, une cellule, une galaxie, la terre, la réfrigération, etc.).

5. Concept concret 

Un concept concret est un mot utilisé dans un contexte spécifique pour représenter un objet particulier, une action ou un phénomène réel (par exemple : clouer, parler, automobile, table, apprenant, etc.).

6. Concept équivoque 

Un concept équivoque est un mot utilisé dans un contexte spécifique, mais qui n’est pas clair et qui peut être interprété de différentes façons (par exemple : correcte, sécurité, respect, autonomie, jugement, etc.).

7. Concept perceptible 

Un concept perceptible est un concept concret que les sens peuvent percevoir (par exemple : un arbre, une table, un marteau, une tête, un visage, etc.).

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