Il y en a qui ne sont pas fait pour ce métier : 2. Il vient de quelle planète?

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Il faut tout de même admettre que tout le monde ne peut pas tout faire. Il y a des personnes qui n’ont pas les dispositions nécessaires pour exercer un métier en particulier. Cette disposition n’a pas nécessairement un lien avec des capacités intellectuelles. L’écart entre ce que nous sommes et ce que le métier demande d’être est plus de l’ordre d’être apte à exercer un métier que d’avoir ce qu’il faut pour l’exercer. Ce fameux profil professionnel serait plutôt de l’ordre des aptitudes, des affinités ou des qualités nécessaires à gérer des situations de travail plutôt que de capacités et d’habiletés à réaliser des tâches. D’où l’importance, non pas de les juger sur l’apparence, mais d’inclure une stratégie didactique permettant de mettre à  l’épreuve, pour tous les élèves, le choix qu’ils ont fait dans des actions professionnelles. Cette mise à l’épreuve fait en sorte non pas de comparer l’élève à un modèle, mais de placer l’élève face aux conditions de réalisation des tâches professionnelles. Cela n’a pas pour but de détecter une incapacité à apprendre le métier, mais surtout une incompatibilité avec les qualités requises pour exercer ce métier et les efforts que sera prêt à investir l’élève.

Je prends pour exemple un de mes élèves que j’ai rencontrés lors de ma cinquième année d’enseignement. Il a mis à l’épreuve toutes mes stratégies et mes outils didactiques et heureusement ils ont fonctionné pour son plus grand bien, le mien et celui des autres élèves.

Cet élève était sympathique et participait avec enthousiasme à toutes les activités du cours. Le problème était dans la façon dont il interprétait les tâches à réaliser et les consignes à respecter. Au début de la formation les élèves avaient accès qu’aux outils manuels pour le travail à l’établi. Les consignes, en résumé, pour le travail en atelier étaient de porter des souliers renforcés, des vêtements pas trop amples, pas de bijou et d’utiliser le tablier d’ébéniste. Pour le travail à faire, il s’agissait de placer une pièce de bois dans l’étau pour la raboter aux dimensions du plan à l’aide d’un rabot. La procédure à appliquer était de se placer les pieds de manière stable, d’ajuster la coupe de son rabot correctement et de procéder au rabotage des rives de la pièce pour qu’elles soient parallèles. Il est difficile d’imaginer bien des façons d’interpréter ces informations. Et bien, ce n’était pas le cas de mon élève. La façon dont il se représentait le travail à faire me donnait l’impression qu’il venait d’une autre planète.

À suivre : Le moniteur de cerfs-volants

Il y en a qui ne sont pas fait pour ce métier : 1. Le corps ou la tête de l’emploi.

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Beaucoup d’enseignants, que j’ai rencontré, ont cette fâcheuse habitude de décréter qu’un élève est fait ou pas pour le métier qu’ils enseignent. Il est hasardeux d’étiqueter des élèves de cette manière. Plusieurs facteurs peuvent faire en sorte qu’un élève ait des difficultés à se conformer aux exigences d’un métier.

Il est plus que probable, lorsqu’un enseignant déclare qu’un élève n’est pas fait pour un métier, que consciemment ou inconsciemment l’enseignant fasse ce qu’il faut pour avoir raison. C’est ce qu’on nomme « L’effet Pygmalion». Mon expérience m’a démontré que l’on pouvait avoir tort la plupart du temps en agissant de la sorte. Le modèle que l’on s’est construit dans la tête est souvent fortement inspiré sur ce que nous sommes. À partir de cette référence, toute personne différente de ce que nous sommes est susceptible d’être déclarée inapte à la profession.

J’ai déjà demandé à un enseignant pourquoi il avait dit à un élève qu’il n’était pas fait pour le métier. Il m’a répondu que c’était très simple, car l’élève était trop frêle en plus de ne rien connaître du métier de mécanicien de machinerie lourde. Il me semblait qu’en ce qui a trait à ses caractéristiques physiques cela avait le temps de changer et en ce qui avait trait à ses connaissances du métier on ne pouvait demander aux élèves de connaître à l’avance ce qu’ils sont venus apprendre. Nous n’étions plus à l’époque où c’était les fils de cultivateurs qui venaient suivre des cours de mécanicien de machineries lourdes.

À suivre : Il vient de quelle planète ?

Une lecture pour débuter l’année

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Je suis tombé par hasard sur une émission de télé où l’auteur de ce livre présentait son oeuvre. Je fus intrigué par ses propos sur des pratiques, des positions et des arguments que l’on entend souvent en éducation et qui sont tenus faussement pour acquis. Le professeur Baillargeon jette plusieurs pavés dans la mare de nos conceptions et de nos certitudes que nous avons évité ou oublié de questionner. Je ne suis pas nécessairement en accord avec tous ses commentaires, mais ils ont la vertu de nous questionner et de réveiller notre esprit critique qui parfois sommeil en nous dans un confort de bien-pensant.

La formation professionnelle est protégée, de par sa nature, de certaines dérives de la formation générale. Les types d’apprentissages, les contextes et la finalité de la formation nous obligeant à diversifier nos points de vue. À tout le moins, je l’espère. La lecture de son livre, que j’ai dévoré, m’a réveillé dans le sens d’être plus rigoureux dans la présentation de certaines théories ou méthodes qui semblent attrayantes, en apparence, mais sans fondement valide.

Il ne s’agit pas de tout remettre en question, mais de réveiller notre vigilance à l’attrait de la nouveauté. Cela me ramène à mes trois conditions avant d’adhérer et d’adopter des changements dans des stratégies d’enseignement.

1. Est-ce que l’élève apprendra plus?

2. Est-ce que l’élève apprendra plus rapidement?

3. Est-ce que l’élève apprendra plus facilement?

Malgré que j’ai apprécié son livre, contrairement à lui, je demeure convaincu qu’une formation ne doit pas être faite pour celui qui la donne, mais pour celui qui la suit. C’est peut-être un mythe, mais je suis en mesure de le valider. Un mythe n’est pas nécessairement faux, l’erreur c’est d’être convaincu que c’est une vérité sans en avoir vérifiés ses fondements ou les résultats attendus.

Bonne lecture.

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