Qu’est-ce qu’il faut que je change pour faire apprendre en 2016

2 commentaires

Intérêt3

Une chose certaine c’est que le changement est là pour rester. Le monde de l’enseignement et de l’apprentissage est un monde en constant changement. Apprendre c’est changer.

La nouvelle variable à considérer, qui a souvent été négligée dans le but d’éviter le changement, c’est la diversité. Plutôt que d’étiqueter les élèves qui ne fonctionnent pas comme le modèle d’éducation aimerait qu’ils fonctionnent, pourquoi ne pas diversifier ces modèles d’éducation pour qu’ils s’adaptent mieux à la diversité de ceux qui veulent apprendre.

En formation professionnelle il y a une diversité d’apprenants qui ont une diversité d’objets de formation à apprendre, ce qui devrait initier une diversité de méthodes et de modalités de formation à mettre en oeuvre. Mais c’est tellement compliqué qu’il vaut mieux changer sans changer. On va dire que l’on va changer et à force de le dire on va finir par se croire. (Ici, je suis sarcastique)

Si l’on veut réellement changer, voici ce qu’il faut considérer :

  • La diversité des apprenants :

Sans titre 3

  • La diversité des objets de formation :

Capture d'écran 2016-02-29 09.48.46

  • La diversité des méthodes

Méthodes

  • La diversité des facteurs qui favorisent l’apprendre;

Facteurs

  • La diversité des potentiels ;

Potentiel

  • La diversité des théories de l’apprentissage;

Théories

  • La diversité des représentations;

Représentations

  • La diversité des relations d’enseignement;

Relation d'enseignement

  • La diversité des styles d’apprentissage ;

Style

  • La diversité des modalités des motivations;

Motivation

  • La diversité des modalités de formation ;

Modalité

Sortir de sa zone de confort

Un commentaire

Changer

La fonction première d’un enseignant, ou d’un formateur, est de faire apprendre. Étant donné que l’apprenant est seul à pouvoir apprendre, l’enseignant ne peut que créer les conditions pour qu’il puisse apprendre. Comme je le souligne souvent, apprendre se doit d’être un acte conscient, autonome, volontaire et social.

André Giordan l’indique bien, l’apprenant est seul à apprendre, mais il ne peut apprendre seul. Étant donné que nos élèves et étudiants sont des êtres humains, on a parfois tendance à l’oublier, Ils sont tous différents et nous souhaitons qu’ils le demeurent pour le bien de nos sociétés, pensons à « 1984 ». Nous cherchons, malheureusement, à les catégoriser pour les faire entrer dans nos classes, nos méthodes et nos modalités de formation pour ainsi faciliter la transmission des informations et standardiser les pratiques.

Faire apprendre fait plus appel au jugement de celui qui enseigne qu’aux méthodes et modalités que l’on veut imposer. Chaque apprenant est différent. Plutôt que de tenter de regrouper les élèves pareils, assumons qu’ils sont tous différents et agissons en conséquence. Il faut comprendre que tant qu’il y aura deux élèves dans une classe il y en aura toujours un différent de l’autre. Ce n’est pas parce qu’un élève ne comprend pas qu’il a un problème. C’est peut-être l’enseignement qui a un problème.

Il y a beaucoup d’études sur les élèves qui ont des problèmes d’apprentissage, mais je n’en ai pas beaucoup lu sur les enseignements qui provoquent des problèmes d’apprentissage. Un livre que je vous invite à lire c’est « Chagrin d’école » de Daniel Pennac. Ce livre est éclairant sur les ravages que peuvent faire des pratiques d’enseignement basées seulement sur l’objet à apprendre, ou des méthodes, en oubliant celui qui apprend.

Le savoir-être clé d’un enseignant est de manifester du jugement critique. C’est le jugement qui nous permet de faire face à des situations incertaines et il n’y a rien de plus incertain que les conditions pour faire apprendre et l’état de celui qui apprend. C’est peut-être pour comprendre le manque de jugement que certains enseignants se concentrent sur l’objet à faire apprendre. C’est plus facile à contrôler et ainsi pouvoir mettre la faute sur celui qui apprend. Les problèmes sont ainsi détournés vers la motivation, l’intérêt, le sérieux, la famille, l’éducation, l’environnement social ou encore la culture. Les coupables ne manquent pas quand on est en mode problème, c’est pour cette raison qu’il faut changer nos perspectives et nous placer en mode solution. Celui qui est en mode solution ne cherche pas de coupable, il cherche des solutions.

Ces solutions seront certainement nouvelles, car si elles existaient on les utiliserait déjà. C’est ce qui rend stimulant la profession d’enseignant, faire face à de nouveaux défis et être en constant changement. Mais pour changer, il faut sortir de sa zone de confort et se mettre à la place du bénéficiaire, ou victime, de nos pratiques.

Changement

Apprendre c’est accepté de changer. Comme apprenant c’est une condition nécessaire, mais qu’en est-il de l’enseignant?

À suivre : Qu’est-ce qu’il faut que je change pour faire apprendre en 2016?

Vouloir aller au ciel mais ne pas vouloir mourir!

2 commentaires

22042060

La motivation aux changements de pratiques des formateurs

Le titre de cette chronique me vient de l’une de vos demandes. Souvenez-vous d’une proposition que je vous ai faite sur des sujets que vous aimeriez que je traite, après ma série de chroniques sur le savoir-être.

Je trouve ce sujet toujours d’actualité. Nous sommes rendus au XXIe siècle, depuis un certain temps, cela devrait nous inspirer pour réfléchir sur la pertinence de plusieurs de nos pratiques comme formateur. Malheureusement, on interprète, de façon erronée, que les technologies de l’information (TI) constituent l’évolution en elle même qui doit nous orienter dans nos nouvelles pratiques. Je ne constate pas de grand changement dans les pratiques de formation qui ont comme origine les TI, que l’on regroupe maintenant sous l’appellation des environnements numériques d’apprentissage (ENA). On change le vocabulaire, mais les pratiques demeurent les mêmes. C’est rarement un souci d’apprentissage qui motive l’utilisation des ENA, ou TI, ou encore certaines méthodes d’enseignement, comme l’enseignement individualisé, mais plutôt les économies à réaliser.

Si les pratiques de formation sont peu performantes avec un formateur, je doute fortement que les ENA changent grand-chose à la situation. Il y’a certainement un attrait momentané, mais les apprentissages ne sont pas plus au rendez-vous. Un formateur plate, avec des acéplates ou un powerplate, ou encore un TBImplate arrivent tous au même résultat, c’est que le cours est plate et que les participants à la formation sont passifs et s’ennuient. Dans ces cas, peut-être que les ENA, peuvent être utiles.

Plusieurs formateurs ont appris à enseigner sur le tas. Comme je le dis souvent, la formation sur le tas produit un tas d’affaires qui forment un tout difficile à dissocier. J’ai déjà eu un témoignage d’un formateur, qui après avoir réalisé des ressources de formation, lors d’un atelier pour améliorer son cours, m’a informé qu’il ne changerait pas ses pratiques même si les ressources développées lui semblaient pertinentes. Il savait qu’il était dans l’erreur sur certains concepts enseignés et que les participants à sa formation comprenaient difficilement certaines notions. Malgré cela, il m’a affirmé qu’il se sentait plus à l’aise de ne rien changer, car il n’était pas en mesure d’anticiper les conséquences aux changements envisagés et par conséquent il valait mieux que les choses demeurent comme elles sont.

La problématique n’est pas anodine, vouloir aller au ciel, mais ne pas vouloir mourir. Vouloir changer ses pratiques tout en confirmant que celles actuelles sont correctes. C’est Einstein qui a dit qu’il faut être stupide pour penser qu’en faisant la même chose on en arriverait à des résultats différents.

Ce n’est pas le changement qui est le problème, c’est de vouloir changer au-delà des mirages. Un changement sans effort se nomme un statu quo.

Qu’est-ce que cela donne au formateur de changer ses pratiques de formation? Suite à mes nombreuses expériences de formation de formateurs, l’amélioration des apprentissages des participants n’est pas une raison suffisante, malgré tout ce que vous pouvez en penser.

À suivre …  » Comment vouloir sortir de sa zone de confort? «