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Les caractéristiques de l’apprenant

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Le premier élément à considérer lorsque je désire planifier et organiser une formation c’est la personne qui suivra la formation. Comme je le dis toujours, une formation n’est pas faite pour celui qui la donne, mais pour celui ou celle qui la suit. À cet égard, il faut être en mesure, lors d’une stratégie porteuse, de tenir compte des caractéristiques des apprenants pour être en mesure d’en rejoindre le plus grand nombre possible. Il ne faut pas aborder les caractéristiques des apprenants, comme c’est trop souvent le cas, comme des problèmes ou des troubles par rapport aux apprentissages que j’organise comme formateur. Les problèmes que vit l’apprenant, lors de ses apprentissages, sont souvent dus à des troubles d’enseignement. Je m’inspire de Giordan pour identifier quatre troubles d’enseignement qui font obstacles, le plus souvent, aux apprentissages des apprenants.

1. L’enseignant ne présente pas toutes les informations qui sont nécessaires pour que l’apprenant puisse se représenter les informations.

2. L’enseignant de présente pas les informations de façon motivante pour l’apprenant.

3. L’enseignant ne tient pas compte du niveau de connaissances des apprenants, ce qui fait que les informations présentées ne sont pas accessibles.

4. L’enseignant ne tient pas compte que l’apprenant n’a peut-être pas les préalables nécessaires à la compréhension des informations.

J’ai fait un premier jet de ce que l’on pourrait considérer comme étant des caractéristiques des apprenants que je devrais considérer lors de l’élaboration de mes stratégies d’enseignement.

Je reviendrai prochainement avec des façons de considérer ces caractéristiques de manière didactique.

La poule ou l’oeuf? (Immersion et insertion professionnelle des profs en FP)

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Voici une présentation que je viens de faire au congrès de la TREAQ-FP (Table des responsables de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle des commissions scolaires du Québec).

L’atelier portait sur : «L’accompagnement des nouveaux enseignants en formation professionnelle en deux temps : période d’immersion et période d’insertion professionnelle ».

Un constat important porte sur le fait qu’il n’y a pas un soutien aux enseignants proportionnel à l’importance de demander à une personne d’apprendre son métier d’enseignant sur le tas. Nous devrions être en mesure de fournir au nouvel enseignant en immersion des modèles pédagogiques et didactiques qui l’amèneront à comprendre les pratiques pédagogiques de l’établissement de formation, par la suite de comprendre les fondements et finalement de fonctionner de façon autonome et professionnelle.

Pour ce faire, il faut de l’accompagnement. Là encore, nous nous retrouvons, de façon générale, avec un conseiller pédagogique qui a appris sa profession de conseiller sur le tas après avoir appris son métier d’enseignant sur le tas. Je pense, pour faire face aux défis de l’avenir en formation professionnelle, qu’il faut arrêter de tourner en rond et de penser que la profession d’enseignant à quelque chose de génétique plutôt que scientifique, « tu l’as ou tu l’as pas ».

De l’accompagnement pour appliquer la vision des pratiques de formation du milieu et des instruments pour en comprendre l’application. Mais pour être en mesure de relever ce défi, il faut placer notre questionnement plus loin que de remettre en cause le baccalauréat des enseignants. La finalité de cette formation ne devrait pas être remise en question. Ce sont plutôt les modalités.

Une suggestion touche l’accessibilité de la formation pour tous. Les conseillers pédagogiques en formation professionnelle devraient être la référence des établissements de formation en ce qui a trait à la pédagogie et aux pratiques mises en oeuvre dans les milieux. Pour ce faire, il faut les reconnaître comme telles et les former en conséquence pour les diplômer et les utiliser comme formateur d’enseignants de première ligne. Ce sont eux qui les accueillent et les accompagnent. Ce sont eux qui devraient recueillir le patrimoine culturel des pratiques d’enseignement propres à la vision et aux objectifs du centre. C’est ce que Le Boterf nomme les compétences collectives. Malheureusement, ce n’est que rarement le cas. Ce sont eux qui devraient avoir la charge officielle de faire les premières formations et qualifier les enseignants dans leurs premières pratiques.

C’est par la formation que nous serons en mesure de faire face aux défis de la formation professionnelle et de la main-d’oeuvre. Il faudrait tout de même croire à notre credo, c’est ce que nous disons à nos étudiants. Nous sommes les milieux de formation les plus importants et c’est nous qui formons le moins, de façon continue, nos personnels. C’est tout de même un paradoxe sur lequel il faudrait, en plus d’y penser, agir avant de nous le faire mettre sur le nez.

Enseigner ce n’est pas de la magie et cela ne relève pas d’une génération spontanée. On ne vient pas au monde professeur, contrairement à une certaine époque où l’on parlait de vocation. Enseigner c’est une profession complexe qui ne s’apprend plus sur le tas. On n’oserait jamais demander à un futur médecin de commencer à pratiquer et ensuite aller se faire former. Il ne serait même pas acceptable qu’il se forme au même moment où il travaille, pourtant c’est ce que nous demandons à nos nouveaux enseignants. Même si vous me dites que ce n’est pas pareil, il y a quand même certaines similitudes, le fait de jouer dans le cerveau de nos futurs travailleurs par exemple!

Suite à venir, ce n’est qu’un début …

Présentation en PDF

Pédagogie ou didactique

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La nuance peut être trouble et les livres sur le sujet ajoutent à la confusion la plupart du temps. Je vais vous donner mon interprétation des concepts de pédagogie et de didactique. La situation pédagogique, tout comme le triangle didactique, comporte trois éléments communs. Le premier est l’enseignant, le deuxième est l’apprenant et le troisième est l’objet à apprendre. C’est à partir de ces trois composantes que je vous présente mon interprétation.
Il y a deux façons pour un enseignant d’aborder son enseignement, soit didactiquement ou pédagogiquement. Lorsqu’un enseignant fait de la pédagogie, il regarde l’objet à faire apprendre à travers l’apprenant. C’est-à-dire, à travers la motivation de l’élève, ses intérêts, ses styles d’apprentissage, son état émotif, etc.
Lorsqu’un enseignant fait de la didactique, il regarde l’apprenant à travers l’objet à apprendre. C’est-à-dire, les difficultés envisagées, les représentations, l’application, le transfert, les conditions, l’instrumentation, les ressources, etc. La finalité est toujours la relation d’apprentissage. Faire rencontrer l’objet à l’apprenant.
Chez les pédagogues, comme les didacticiens il y a des extrémistes. Certains didacticiens mettent l’accent tellement sur l’objet qu’il ne voit plus l’apprenant. Les stratégies et les ressources sont exclusivement orientées vers l’objet à apprendre. Il va de soit qu’il faut éviter cet extrême.
Certains pédagogues mettent l’accent tellement sur l’élève qu’il ne se préoccupe plus de l’objet. Les élèves sont très bien à l’école, mais il n’y a presque plus d’apprentissage disciplinaire. Ils ont été remplacés par des apprentissages sociaux, relationnels et comportementaux.
Comme vous pouvez le constater, le dosage de l’un et de l’autre est nécessaire pour un bon équilibre.
Un bon didacticien doit considérer l’objet à apprendre en se préoccupant nécessairement de celui qui va l’apprendre. C’est ce qui fait que deux cours ne peuvent être identiques étant donné que les apprenants varient.
Un bon pédagogue doit considérer l’apprenant comme étant en formation pour apprendre, ce qui n’est pas toujours considéré comme tel. Ce qu’il doit apprendre est un objet d’apprentissage. Toute relation d’enseignement et gestion de classe doit aller dans ce sens.
Il ne faut jamais oublier qu’un élève qui apprend exige moins de discipline en classe, donc moins de gestion de classe, et ce qu’il apprend est un objet d’apprentissage. Ce n’est pas l’objet qui est généralement difficile, mais le cours qui est présenté à l’élève (Piaget).

Approche pédagogique différenciée

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Des TIC aux TAAC

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Les TIC sont à la mode depuis une dizaine d’années. Qui les utilise? Pourquoi ont les utilise? Qu’est-ce que cela améliore?

Le but ne doit pas être d’utiliser les technologies de l’information et des communications, mais se servir de ces technologies pour articuler des intentions pédagogiques et didactiques permettant d’améliorer les apprentissages. Pour que la majorité des enseignants aient besoin de se servir de ces technologies, il va falloir faire la démonstration qu’ils vont gagner du temps. Le temps est l’indicateur premier de la motivation d’un enseignant à s’ouvrir à la nouveauté. Au-delà des mordus de ces technologies, il faut revenir à des considérations élémentaires en lien avec la raison d’être d’une formation, c’est-à-dire faire apprendre.

Les TAAC représentent ce que j’appelle les technologies en aide à l’apprentissage des compétences. J’ai établi une représentation des concepts à considérer dans une réflexion sur une utilisation pertinente des TIC. C’est tout de même curieux qu’après toutes ces années il y ait si peu d’utilisations généralisé des TIC.

On désire même se servir de ces technologies pour motiver les élèves en classe. Je pense que les technologies ne motivent pas, ils peuvent disposer ou amener l’apprenant à adhérer à la formation. Il ne faut jamais perdre de vue qu’en formation c’est l’apprentissage qui doit motiver.

Mes réflexions et mes utilisations des TIC en TAAC m’ont amené à identifier trois indicateurs de pertinence à l’utilisation des TIC dans le sens des TAAC.

1. Comment la technologie va augmenter la qualité des apprentissages?
2. Comment la technologie va augmenter la quantité des apprentissages?
3. Comment la technologie va faire réaliser les apprentissages en moins de temps?

Bonne analyse!

Former une main-d’oeuvre compétente pour l’avenir

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Il y a une consultation régionale au Québec sur l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Plusieurs points sont abordés en ce qui a trait au développement économique, au manque de main-d’oeuvre qualifiée, à la formation offerte, aux besoins d’une formation adéquate pour les travailleurs actuels et futurs. Tout cela est très intéressant et nécessaire. Malheureusement, je constate que la pensée magique qui consiste à gratter le bobo pour le guérir est toujours présente, ainsi que la pensée que la modification des structures de formation, en les rendant plus accessibles et souples, va résoudre le problème.

Le défi pour l’avenir semble être de faire face à l’économie du savoir et la formation axée sur les activités professionnelles à hautes valeurs ajoutées. À aucun moment il n’est question de ce qu’il faudra faire pour que ceux qui organisent et dispensent la formation aient les compétences nécessaires pour faire face à ce défi. Sans formateurs et professeurs formés et supportés adéquatement ainsi que la recherche en didactiques professionnelle sur les dispositifs, les ressources et les pratiques de formations professionnelles adéquates, nous avancerons en arrière.

La recherche en didactique professionnelle et la formation continue des enseignants et formateurs pour favoriser l’attraction, la persévérance et la réussite des élèves tout en permettant de développer les compétences professionnelles adéquates constituent les éléments clés pour relever ces défis. D’ailleurs, il y a péril dans la demeure. Sous les bonnes intentions de faciliter l’accès à la formation professionnelle et de reconnaître plus facilement l’expérience, on pense pouvoir répondre à ce besoin.

Les compétences à développer chez les jeunes et les travailleurs sont d’un niveau plus élevé. Il faut faire développer les compétences de base nécessaires chez les jeunes pour les faire accéder de façon pleine et entière aux défis des professions d’avenir, non pas leurrer les travailleurs en reconnaissant aux pairs des compétences acquises sur le tas ou en diminuant les critères d’accès. Il ne faut pas abaisser l’accès aux formations pour répondre aux besoins quantitatifs de main-d’oeuvre, mais s’assurer que la compétence réelle est au rendez-vous.

Il faut de la recherche pour apporter des pistes sérieuses de mise en oeuvre d’un tel chantier, non pas bricoler sur le tas des réactions esthétiques, émotives politiques ou organisationnelles à la situation d’accessibilité et de maintien au travail. Nous ne pourrons faire face à des problèmes d’avenir avec des recettes du passé. Je vous fais part de ma carte d’idées qui m’amènera à intervenir dans ce dossier.

Quel climat avez-vous instauré dans votre milieu de formation?

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Le milieu de formation est souvent le résultat d’un constat où il semble que l’enseignant n’a pas de pouvoir. Il faut distinguer le milieu physique, ses composantes, son aménagement et son climat. Le climat c’est l’ambiance que l’enseignant a su mettre en place pour favoriser la coopération, la communication, l’initiative, l’autonomie, le goût de se dépasser, le respect et la maturité. Ces qualités essentielles autant pour développer sa compétence que pour apprendre se manifesteront chez l’apprenant dans la mesure où le climat sera favorable à leurs émergences et à leur développement.  Pour pouvoir favoriser l’émergence de qualités, le climat doit créer les conditions pour donner le goût à l’apprenant de s’engager, d’avoir le désir de chercher, de le porter à la réflexivité et de lui donner confiance.

43 outils didactiques à votre portée

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J’ai produit, avec mon centre de recherche, depuis 25 ans des centaines d’environnements de formation. Au fur et à mesure de ces conceptions, j’en suis arrivé à identifier un certain nombre d’instruments ayant des fonctions très spécifiques dans le cadre d’une formation-action axée sur le développement de compétences professionnelles. Je vous présente ici 43 instruments didactiques simples à produire où chacun de ces outils est lié à une intention didactique précise. J’ai pu constater que la valeur d’un instrument didactique ne se mesure pas à son originalité, à sa technologie ou à son prix, mais plutôt à son efficacité à produire des actions mentales associées à la compréhension, au raisonnement, à l’inférence, à l’analyse à la prise de décision.

43 outils FPT.pdf

Un environnement de formation

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En formation professionnelle on associe souvent le milieu de formation avec les classes, les ateliers et les laboratoires à des milieux normaux pour faire apprendre. Il en va tout autrement pour le développement des compétences professionnelles. Il faut plus qu’un milieu standard de formation pour favoriser le développement des compétences professionnelles, il faut l’aménager conformément au climat que nous désirons y installer. Je me suis inspiré du cadre de référence des apprentissages en formation professionnelle du MELS (2005). Il faut que le milieu de formation permette l’exploration, l’apprentissage, l’application et le transfert des savoirs nécessaires au développement de la compétence. Pour répondre à ces attentes, il vaut mieux parler d’environnement que de milieux. J’ai représenté, dans les schémas si dessous, ce que je nomme environnement. L’environnement a pour fonction de créer un climat favorable aux apprentissages et au développement de la compétence professionnelle des apprenants. Les trois composantes de base de l’environnement sont les intentions d’apprentissage, les ressources et leur aménagement. L’aménagement des ressources a pour fonction de créer un contexte qui a du sens pour réaliser l’action contextualisée exigée par la compétence. L’aménagement des apprentissages se fait par la mise en place d’une situation de travail artificielle. Les ressources nécessaires aux apprentissages sont directement associées à l’action à réaliser par l’apprenant.

Ce schéma peut sembler complexe, mais il représente une réalité simple. Le travailleur oeuvre dans une situation de travail où il réalise ses tâches (actions) en lien avec différents contextes. C’est ce qui suscite le climat de travail. Dans un milieu de formation où c’est l’apprentissage qui est au coeur de toutes les activités d’enseignement, il faut aménager les ressources pour favoriser les apprentissages tout en mariant le climat favorable aux apprentissages et le climat de travail nécessaires au sens de la compétence professionnelle à faire développer.

Atelier 13 : Stimuler et faire adhérer l’apprenant avec un contexte d’apprentissage signifiant

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La formation professionnelle dispose de l’ingrédient par excellence pour motiver les élèves. Malheureusement, on a tendance à vouloir se conformer aux pratiques traditionnelles d’enseignement au tableau avec les élèves, les démonstrations en laboratoire et les pratiques supervisées en atelier.

La formation professionnelle est pleine de sens, pourquoi en priver les élèves. Malheureusement, on associe les sens à l’aspect pratique des exercices. Ce qui donne le sens ce n’est pas la tâche, mais la situation que nous avons aménagée dans un environnement pour que cette tâche prenne un sens.

Les environnements que j’ai vus généralement en formation professionnelle étaient plutôt scolaires. Une série de soudeuses alignées pour les exercices. Une série d’ordinateurs pour pratiquer la méthode de doigté en secrétariat. Des postes de travail en dessin aménagé pour faciliter le travail de l’enseignant.

J’ai rarement vu une entreprise de soudage, un bureau de dessinateurs, un bureau d’entreprise où l’apprenant venait travailler et où on lui apprenait son métier. À l’école on fait comme à l’école, je vais lui montrer et il va apprendre s’il est motivé.

Il faudrait peut-être que ça change. Aujourd’hui, ce n’est pas tellement la tâche à faire qui est importante, mais plutôt comment je vais fonctionner dans le contexte de travail? Il est difficile de juger des performances d’un poisson en dehors de l’eau. Il en va de même de l’apprenant, à quel moment il est en contact avec l’eau. Au stage il est trop tard!

 

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