L’écosystème du savoir-être professionnel

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Écosystème - HB CRAIE 2019.001

En écologie, un écosystème est une unité écologique constituée par un milieu naturel, l’ensemble de ses vivants et de ses constituants non vivants, qui y établissent entre eux des interactions multiples. On pourrait déduire que pour apprendre un savoir-être il faut en comprendre son écosystème. L’écosystème d’un savoir-être est une unité d’apprentissage constitué par une situation de travail réelle, l’ensemble de ses activités et de ses circonstances qui établissent entre eux des interactions multiples.

Pour comprendre l’écosystème d’un savoir-être professionnel, il faut être en mesure de détecter, dans une situation de travail, l’événement professionnel déclencheur des comportements propres à une conduite professionnelle à adopter selon les enjeux relationnels liés à ses responsabilités professionnelles

L’écosystème du savoir-être professionnel présente les éléments à considérer pour faire manifester les savoir-être professionnels par les apprenants d’un métier ou d’une profession. Si vous désirez faire manifester des comportements professionnels à vos apprenants, il faut les placer au coeur de cet écosystème. Il faut sortir de la boîte traditionnelle de la formation en classe. On n’apprend pas un savoir-être dans un cours théorique sur les bonnes manières ou sur l’éthique professionnelle.

L’événement provoque le comportement. Lorsque l’on place l’apprenant dans une classe, on ne peut espérer autre chose que des comportements scolaires. Si l’on place l’apprenant dans un atelier traditionnel scolaire, on ne pourra espérer que des comportements scolaires. Si l’on place un apprenant dans un environnement de travail qui reproduit la situation de travail réelle, on pourra espérer susciter des comportements professionnels.

L’atelier de travail scolaire ne fait que réaliser les tâches prescrites d’une activité professionnelle. On prétendra que lorsque l’apprenant est en mesure de réaliser les tâches avec succès il aura développé la compétence. Je pense qu’il est faux de prétendre que c’est la tâche qui est l’indicateur du développement de la compétence professionnelle.

C’est la pratique de travail qui est adaptée aux circonstances de la tâche qui est la manifestation de la compétence, car elle reflète le pouvoir d’agir de l’apprenant. Ce pouvoir d’agir apparaît lors de la prise en considération des circonstances de la situation de travail pour réaliser, conformément aux attentes, la pratique de la tâche dont il a la responsabilité. Donc, comme lors de l’apprentissage d’un savoir-être, le développement d’une compétence fait appel à la compréhension à l’assemblage d’un événement, à la prise en compte des enjeux, selon ses responsabilités qui amènent à une conduite professionnelle qui assure un résultat qui répondra aux attentes de ceux qui bénéficieront du résultat de son travail.

Pourrait-on déduire que le développement des compétences professionnelles est indissociable de la manifestation du savoir-être professionnel et que pour faire développer ces compétences il faudrait créer un écosystème d’apprentissage?

C’est le début d’une réflexion qui pourrait être intéressante …

Les savoir-être professionnels

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Savoir-être professionnelle - HB CRAIE 2020

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Réussite, tâtonnement et itération

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Malheureusement en formation professionnelle la maxime « La fin justifie les moyens » est souvent un mantra qui me semble pervers pour le développement de la compétence professionnelle des apprenants. Voulons-nous en faire des tâcherons ou des personnes compétentes ? Le constat que je fais est, que de se préoccuper que du développement des capacités et des habiletés des apprenants, nous les condamnons à la médiocrité ou à une formation très éphémère, ce qui revient.

On ne peut pas développer la compétence d’une personne qu’en se guidant sur la réussite d’une tâche, c’est le chemin pour s’y rendre qui importe. Piaget (1974) indiquait que « comprendre consiste à dégager la raison des choses; réussir ne revient qu’à les utiliser avec succès ». Ce qui me préoccupe ce sont les raccourcis que nous prenons souvent en formation devant le défi de la course au succès pour que l’apprenant ait son diplôme. À quoi sert un diplôme lorsque l’apprenant n’est pas en mesure de s’adapter au contexte de travail et à l’évolution du marché du travail ?

On pourrait définir le tâtonnement comme le fait de procéder à un travail de façon hésitante et sans méthode, à l’aveuglette. En d’autres mots, le tâtonnement est souvent le fait de la démarche essais et erreurs. Le danger de cette approche est d’augmenter le danger d’une action à l’autre. Après une réussite la personne se convint qu’elle n’a pas besoin d’apprendre comment faire, car le hasard bienveillant l’a amené au résultat attendu. Dans une action professionnelle, il y a la tâche à réaliser, la pratique à mettre en oeuvre, le résultat attendu et les circonstances de l’évènement à gérer qui suscite la tâche. Ce qui varie d’une tâche à l’autre ce sont les circonstances de l’évènement qui la commande. Lorsque l’on comprend ce phénomène, il est simpliste de penser que la réussite d’une tâche dans une circonstance est automatiquement transférable à toutes les tâches similaires. Cela était en partie vrai à l’époque du Taylorisme, mais erroné aujourd’hui.

Le processus itératif se définit comme étant la formalisation d’une séquence d’opérations exécutable à plusieurs reprises selon le besoin. Ce qu’il faut retenir est la construction de la séquence d’opérations par l’apprenant. Cette construction permet à l’apprenant de se construire des schèmes opératoires qui lui serviront pendant toute sa vie de professionnel. Le Boterf (2006) définit bien ce qu’est un schème opératoire :

  • C’est ce qui sous-tend une pratique, ce qui l’oriente, ce qui l’organise.
  • C’est un modèle d’actions, une certaine façon de s’y prendre que la personne a construit au cours de ses diverses expériences et qu’elle a incorporé à sa mémoire.
  • C’est un ensemble organisé de règles d’action, d’hypothèses, de principes directeurs, de concepts clés, de raisonnements, de postures qu’elle peut mobiliser face à des types ou des catégories de situations susceptibles de se présenter.

Pierre Pastré traite du fait d’être compétent en spécifiant que ce n’est pas de savoir appliquer un ensemble de connaissance à une situation, c’est savoir organiser son activité pour s’adapter aux caractéristiques de la situation.

À partir du moment où les apprenants en formation professionnelle sont en mesure de formaliser leurs pratiques, ils sont alors en mesure de comprendre et de les modifier et ainsi d’avoir le pouvoir de s’adapter et par conséquent de manifester de l’intelligence professionnelle.

Pour comprendre en quoi consiste une formation

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