Étape I : Qu’est-ce qu’ils devront faire en didactique de la formation professionnelle?

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L’action est au coeur de l’apprentissage. Le défi, dans les séances d’apprentissage à distance et en ligne, est de placer les apprenants en action. J’ai regroupé les actions en deux catégories. La première traite de ce que l’apprenant devra faire durant le cours pour apprendre. La deuxième catégorie traite des actions professionnelles que l’apprenant doit apprendre et qui constituent l’objet même de la formation.

En ce qui concerne la catégorie des actions dont je dispose pour faire apprendre, dans des conditions normales, sont l’écoute, la lecture , la parole, l’écriture (incluant le dessin) ainsi que de réaliser des gestes et des mouvements. Dans le contexte de l’apprentissage à distance, je dois abandonner les gestes et les mouvements, que je pouvais faire réaliser en présence, et exploiter plus les autres actions qui sont parfois moins évidentes en présence et que je peux exploiter d’une  façon plus efficace à distance, comme l’écoute et la lecture. Il me reste donc l’écoute, la lecture, l’écriture et la parole.

  • J’utiliserai l’écoute pour les capsules audios et vidéos en asynchrone, les échanges et explications en synchrone.
  • J’utiliserai la lecture pour les présentations, les textes, les schémas en asynchrone.
  • L’écriture pour les forums, le clavardage, en synchrone, les jeux-questionnaires et les travaux en asynchrone.
  • La parole pour les échanges synchrones en visio-enseignement

La deuxième catégorie des actions touche celles reliées directement à l’objet de formation, dans mon cas, la didactique en formation professionnelle. Ces actions touchent directement les tâches que doit réaliser le futur enseignant en formation professionnelle et technique lors de ses activités professionnelles reliées à la didactique.

Je regroupe ces actions en cinq étapes :

  1. Organiser l’objet de la formation;
    • Déterminer l’objectif de la formation;
    • Formuler les intentions pédagogiques;
    • Établir le champ des savoirs de l’objet;
      • Savoir
      • Savoir-faire
      • Savoir-être
    • Organiser les savoirs dans une carte d’idées;
  2. Déterminer les actions du sujet pour qu’il puisse apprendre l’objet;
    • Déterminer les activités professionnelles;
    • Déterminer les activités pédagogiques;
    • Déterminer les consignes et directives;
    • Déterminer le résultat attendu;
  3. Agencer les actions de l’agent pour favoriser la réalisation de celles du sujet;
    • Établir le niveau de difficulté des savoirs;
    • Construire une feuille de route;
    • Représenter le travail à faire réaliser;
    • Représenter la façon de faire le travail à réaliser;
    • Représenter les concepts plus difficiles à concevoir;
    • Représenter le langage professionnel à utiliser;
    • Représenter les comportements professionnels à manifester;
  4. Répartir les durées des actions et des interactions pour arriver dans le temps déterminer pour l’objet;
    • Planifier le calendrier de la formation;
    • Planifier le scénario d’une séance de formation;
    • Affecter les ressources aux actions;
    • Planifier le déroulement d’une activité;
  5. Concevoir les conditions favorables à la rencontre du sujet avec l’objet.
    • Imaginer l’environnement de formation optimal d’un objet de formation.

J’ai déterminé ce que je vais leur faire faire en didactique de la formation professionnelle et le contexte dont je dispose pour l’apprentissage en ligne. J’aurai à déterminer la façon de présenter clairement ce que mes étudiants devront faire pour qu’ils puissent faire les liens entre les connaissances à avoir pour pouvoir réaliser les livrables que je vais exiger.

Ce sera l’objet de la prochaine présentation : Comment présenter et représenter les tâches à réaliser?

FAD ou AAD

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La pandémie de la COVID-19 nous oblige à  changer nos pratiques d’enseignement. Devons-nous remettre en question nos stratégies d’enseignement en même temps? Sachant que la stratégie d’enseignement, en présence, de type magistral est très peu performante, pourquoi certains ne font que la reproduire en Zoom, Skype ou Microsoft Teams avec l’obligation de la formation à distance ?

Comme je l’indique souvent, une formation ne doit pas être faite pour celui qui enseigne, mais pour celui qui doit apprendre. En ce qui me concerne, la formation magistrale est faite pour celui qui enseigne et qui se limite à  la transmission de ce qu’il sait. En ces temps de la COVID-19 il faut en profiter pour explorer de nouvelles avenues.

Il ne faut pas se laisser endormir par le chant des sirènes des promoteurs de la formation à  distance (FAD) et en ligne, pas plus que les chantres de la transmission. En enseignement, il n’y a jamais de méthodes, pratiques, stratégies ou modalités qui conviennent à tous les apprenants et pour tous les objets de formation.

Lorsque je conçois une nouvelle formation, je me concentre à connaître celui qui devra apprendre et sur ce que je devrai lui faire faire pour qu’il apprenne l’objet de formation. Ensuite, je me concentre sur les conditions nécessaires pour susciter la rencontre de l’apprenant avec l’objet par l’action que je vais lui faire réaliser.

Apprendre, pour moi, se doit d’être une action consciente, volontaire, autonome et sociale. Je ne peux concevoir une formation sur la base de l’acquisition et de l’intégration. L’une se limite à la mémorisation et l’autre se limite à la réalisation.

L’action est au coeur de l’apprendre. André Giordan indique que seul l’apprenant peut apprendre, mais il ne peut apprendre seul. L’apprendre appartient à l’apprenant, pas à  l’enseignant. Ce dernier, comme l’indique Chevalard, ne peut que créer les conditions pour que l’apprenant puisse apprendre.

Dans le contexte de la pandémie, où il nous reste que la formation à distance, le défi est de taille. Je ne pourrai pas faire réaliser plus d’apprentissages à distance (AAD) que je réussissais à en faire réaliser en présence. Par contre, si je pouvais créer les conditions pour les apprenants apprennent en présence, comment réussir à recréer des conditions aussi favorables à distance?

C’est ce que je désire vous proposer dans mes prochaines communications. J’ai travaillé très fort, depuis cinq ans, à  concevoir mon cours en didactique de la formation professionnelle en modalité hybride. De l’avis de mes étudiants, ainsi que des résultats qu’ils ont obtenus, en quantité et en qualité, c’est un succès. Je pensais, à près d’un an de ma retraite, que j’avais atteint mes objectifs de pédagogue en FP. Mais voilà qu’arrive la COVID-19, vilain et destructeur petit virus qui m’oblige à transformer mon cours hybride en cours à  distance. Défi intéressant et stimulant. Après une première analyse, mon cours hybride ne convient pas du tout à de la formation à distance et ceci même dans le cas où six des quinze séances étaient à distance. Plus je l’analyse et plus je me rends compte que je dois tout repenser.

Pour être logique avec moi-même, et ma pensée de pédagogue et didacticien, je ne pose pas la question si je vais utiliser Zoom ou Microsoft Teams pour endormir mes étudiants à  distance. Je dois susciter, chez les apprenants, le besoin ou le désir de fournir les efforts nécessaires pour réaliser les actions pour qu’ils apprennent. 

Je dois leur faire apprendre ce qui est nécessaire pour qu’ils puissent développer le niveau de compétence en didactique pour être un enseignant compétent.

C’est ce que nous verrons la prochaine fois.

 

Étape 1 : Qu’est-ce qu’ils devront faire en didactique de la formation professionnelle ?

Du réflexe à la réflexivité

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Réflexe - HB CRAIE 2019.001

Comme l’indique David A. Sousa dans son livre  » Un cerveau pour apprendre », le processus cérébral passe d’un processus réflexif (relevant de la réflexion),  à un processus  réflectif (de l’ordre du réflexe). Généralement lorsque l’on réalise une activité pour la première fois, nous avons tendance à nous appliquer et à tenir compte de tout ce qui peut nous fournir des informations pour la suite des événements. Par la suite, après avoir réalisé cette activité à plusieurs reprises, nous nous habituons et nous réalisons l’activité de façon automatique. La conduite automobile en est un bon exemple. Rappelez-vous la première fois que vous avez conduit une auto. Vous vous attardiez alors aux moindres détails. Regardez-vous aujourd’hui, après plusieurs années, ce sur quoi vous portez attention. La majeure partie de vos gestes sont des automatismes. Vous êtes passé d’un processus réflexif, à un processus réflectif.

Un autre facteur vient jouer également sur l’état réflexe et l’état réflexif, c’est la quantité de temps disponible pour réagir. Selon mes constats, moins nous avons de temps pour réagir à une situation, plus nous ferons appel à nos réflexes (réaction élémentaire automatique), plutôt qu’à notre réflexivité. Nous sommes alors plus enclins à exploiter ce que nous sommes plutôt que ce que nous savons. Nous faisons appel, dans ces circonstances, à notre mémoire épisodique et nous évacuons ce que possède notre mémoire sémantique.  Cela indique qu’en situation d’urgence nous exploitons ce que nous connaissons beaucoup plus que ce que nous savons. Savoir ne signifie pas connaître.

Je tenais à souligner ces points pour introduire une condition  importante pour faire développer le savoir-être professionnel. L’environnement influence le comportement et le temps disponible, plus il est court, permet de réellement percevoir si le comportement manifesté par l’apprenant est intégré à ce qu’il est ou simplement acquis. Lorsque nous mettons en place les conditions pour favoriser le développement d’une conduite professionnelle propre à une identité professionnelle, il faut faire en sorte de pouvoir jouer avec les circonstances d’un environnement professionnel et sur le temps. Moins nous avons de temps pour agir, plus nous passons d’un état réflexif à un état réflexe. Le comportement professionnel doit pouvoir devenir un réflexe chez l’apprenant.

L’analyse de mises en situation théoriques, pour permettre à l’apprenant de comprendre le savoir-être, est très peu performante. Il faut pouvoir placer l’apprenant dans un environnement de travail où des événements professionnels vont se dérouler à des rythmes et des vitesses différentes pour ainsi favoriser le passage de l’état réflexif à l’état réflexe tout en exploitant le passage du processus réflexif, au processus réflectif.

Le savoir-être ne doit pas être seulement acquis, il doit faire l’objet d’une appropriation. Cette appropriation ne peut se réaliser que dans un environnement de travail artificiel pour pouvoir  ainsi contrôler les événements et le temps, ce que ne peut offrir un environnement de travail réel. Ce qui m’amène à vous avertir que si vous pensez que c’est au moment où l’apprenant est en stage qu’il pourra être confronté aux savoir-être à manifester et ainsi l’apprendre, vous êtes dans l’erreur. La situation de travail réel fonctionne en temps réel. Placé dans cette situation, l’apprenant manifestera ce qu’il est et non ce que vous pensez qu’il aurait dû être avec ce que vous lui avez transmis, car il ne l’aura qu’acquis!

L’écosystème du savoir-être professionnel

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Écosystème - HB CRAIE 2019.001

En écologie, un écosystème est une unité écologique constituée par un milieu naturel, l’ensemble de ses vivants et de ses constituants non vivants, qui y établissent entre eux des interactions multiples. On pourrait déduire que pour apprendre un savoir-être il faut en comprendre son écosystème. L’écosystème d’un savoir-être est une unité d’apprentissage constitué par une situation de travail réelle, l’ensemble de ses activités et de ses circonstances qui établissent entre eux des interactions multiples.

Pour comprendre l’écosystème d’un savoir-être professionnel, il faut être en mesure de détecter, dans une situation de travail, l’événement professionnel déclencheur des comportements propres à une conduite professionnelle à adopter selon les enjeux relationnels liés à ses responsabilités professionnelles

L’écosystème du savoir-être professionnel présente les éléments à considérer pour faire manifester les savoir-être professionnels par les apprenants d’un métier ou d’une profession. Si vous désirez faire manifester des comportements professionnels à vos apprenants, il faut les placer au coeur de cet écosystème. Il faut sortir de la boîte traditionnelle de la formation en classe. On n’apprend pas un savoir-être dans un cours théorique sur les bonnes manières ou sur l’éthique professionnelle.

L’événement provoque le comportement. Lorsque l’on place l’apprenant dans une classe, on ne peut espérer autre chose que des comportements scolaires. Si l’on place l’apprenant dans un atelier traditionnel scolaire, on ne pourra espérer que des comportements scolaires. Si l’on place un apprenant dans un environnement de travail qui reproduit la situation de travail réelle, on pourra espérer susciter des comportements professionnels.

L’atelier de travail scolaire ne fait que réaliser les tâches prescrites d’une activité professionnelle. On prétendra que lorsque l’apprenant est en mesure de réaliser les tâches avec succès il aura développé la compétence. Je pense qu’il est faux de prétendre que c’est la tâche qui est l’indicateur du développement de la compétence professionnelle.

C’est la pratique de travail qui est adaptée aux circonstances de la tâche qui est la manifestation de la compétence, car elle reflète le pouvoir d’agir de l’apprenant. Ce pouvoir d’agir apparaît lors de la prise en considération des circonstances de la situation de travail pour réaliser, conformément aux attentes, la pratique de la tâche dont il a la responsabilité. Donc, comme lors de l’apprentissage d’un savoir-être, le développement d’une compétence fait appel à la compréhension à l’assemblage d’un événement, à la prise en compte des enjeux, selon ses responsabilités qui amènent à une conduite professionnelle qui assure un résultat qui répondra aux attentes de ceux qui bénéficieront du résultat de son travail.

Pourrait-on déduire que le développement des compétences professionnelles est indissociable de la manifestation du savoir-être professionnel et que pour faire développer ces compétences il faudrait créer un écosystème d’apprentissage?

C’est le début d’une réflexion qui pourrait être intéressante …

Les savoir-être professionnels

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Savoir-être professionnelle - HB CRAIE 2020

Le savoir-être professionnel – Qu’est-ce que c’est?

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Je vous partage une courte vidéo que j’ai réalisée afin d’expliquer qu’est-ce que c’est que le savoir-être professionnel.

Bon visionnement!

Site Internet et nouveaux outils de communication de mon centre de recherche, le CRAIE

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Logo CRAIE 2009

En 2019, avec l’équipe du CRAIE, j’ai fait l’exercice de revoir nos plateformes de communication ainsi que le site Internet de l’organisation. La présence du CRAIE sur les médias sociaux était disons-le déficiente et même absente. Le site Internet http://www.craie.com était plus que dû pour se refaire une beauté. À cette époque, nous nous étions concentrés sur mon blogue DIDAPRO pour partager les contenus utiles aux praticiens et praticiennes de la formation.

Nous avons donc, en 2019, analysé chacun des outils de communication possibles pour échanger avec vous et nous avons concentré nos efforts sur le site Internet : www.craie.com, le blogue DIDAPRO, les pages LinkedIn et Facebook du Centre de recherche CRAIE, ainsi que Instagram qui se prêtent tous très bien au partage de toutes les représentations et de tous les schémas que les chercheurs du CRAIE développent.

Nous avons fait l’activité de réfléchir à ce que nous voulions que le site du Centre de recherche CRAIE soit pour vous. Nous voulons un site qui a un potentiel évolutif où l’on pourra ajouter du contenu sans avoir à le refaire. Nous voulons partager avec vous les actualités, les avancées et les réalisations de mon centre de recherche, le CRAIE. Nous désirons un site centralisateur qui donne l’accès à nos recherches, aux différentes ressources à votre disposition qui vous dirige vers chacune des ressources que nous avons créées pour vous.

Nouveau site du CRAIE

Nouveau site du CRAIE

Le nouveau site www.craie.com, regroupe donc tous les éléments qui sont les fruits des travaux des chercheurs et professionnels qui collaborent ou ont collaboré avec nous durant les dernières années. Mon équipe du CRAIE rendra  également accessibles graduellement les numéros qui ont été publiés (de 2007 à 2012) de la revue TECHNIGOGIE.

Technigogie

Nous espérons que cette nouvelle approche vous permettra d’avoir une meilleure idée de l’accompagnement que le CRAIE peut vous offrir et un meilleur accès à des ressources pour faciliter vos tâches de formation.

Bonne consultation et nous vous encourageons à nous suivre et à interagir avec nous via les différentes plateformes que nous vous proposons.

À bientôt !

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