Valeurs, éthique, attitudes et savoir-être

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Des valeurs aux attitudes

Pour comprendre ce titre il faut traiter des concepts suivants : l’éthique, les valeurs, les principes, les attitudes, la conduite, l’identité professionnelle, les comportements et le savoir-être.
Mon raisonnement en lien avec le savoir-être s’appuie au départ sur l’activité professionnelle. Je distingue ce qu’une personne doit être dans sa vie de tous les jours et ce qu’elle doit être professionnellement. J’introduis toujours mes présentations en distinguant les attitudes personnelles et les attitudes professionnelles. Je m’occupe exclusivement des attitudes qui doivent être manifestées pour mener à bien les tâches professionnelles, dont une personne a la responsabilité. Comme didacticien en formation professionnelle, ce qui m’intéresse c’est l’objet de formation. Je constate que la grande majorité des tâches qu’une personne exerce, dans son métier, exige la manifestation d’attitudes pour qu’elle puisse répondre aux attentes.
Les attitudes sont la manière d’agir d’une personne en lien avec les circonstances dont elle doit faire face. Toute personne manifeste nécessairement des attitudes. Elles peuvent être adéquates ou inadéquates en rapport avec une situation ou une autre. Lorsqu’une personne se retrouve dans une formation professionnalisante, elle doit apprendre non seulement le savoir et le savoir-faire, mais également le savoir-être, pour être un professionnel qui inspire un lien de confiance entre elle et les bénéficiaires de son travail.
Je me préoccupe donc des attitudes professionnelles. Pour pouvoir faire apprendre ces attitudes, qui constituent le «  être professionnel », je dois déterminer le savoir de ce «  être » pour en établir le savoir-être. On peut « être » sans savoir-être, mais on ne peut apprendre à être sans savoir-être.
Mais de quoi est constitué le savoir sur le « être » pour en établir le savoir-être et ainsi faire en sorte que les apprenants puissent apprendre à manifester les attitudes professionnelles et ainsi réussir les tâches professionnelles dont ils auront la responsabilité.
C’est ici qu’entrent en jeu les concepts d’éthique, de valeurs et de principes. Voici le sens que je donne à ces concepts :
Éthique : Ensemble des règles pour avoir un comportement jugé professionnellement bon.
Valeur : Les qualités d’une profession qui suscite le respect et l’admiration.
Principes : Propositions qui déterminent les bases  d’une activité professionnelle.
Le point de départ pour établir les savoir-être professionnels est d’identifier les qualités nécessaires pour être un professionnel reconnu d’une profession. L’ensemble de ces qualités nous permet d’établir les valeurs sur lesquelles reposeront les règles éthiques qui seront établies et que l’on veut mettre de l’avant et les principes que nous en déduirons. Suite à l’observation des attitudes manifestées par des professionnels exemplaires, il est relativement facile de spécifier cette base.
Lorsque ces trois éléments de base sont établis, nous pouvons en arriver à déduire l’ensemble des comportements caractéristiques des activités professionnelles et ainsi déterminer la conduite à adopter dans telle ou telle circonstance. C’est l’ensemble des conduites qui spécifie l’identité professionnelle d’un professionnel. 
Lorsque, comme didacticien, je dispose des éléments de cette identité professionnelle, je suis en mesure de spécifier explicitement ce qu’est le savoir-être.
Les attitudes s’évaluent à partir des comportements que manifeste une personne. Il est nécessaire d’établir le savoir-être pour faire comprendre que certaines de ces attitudes sont inadéquates lors de la réalisation de tâches professionnelles. Le savoir-être permet de faire apprendre en quoi consistent les attitudes professionnelles adéquates à adopter selon les circonstances.
Le savoir génère la connaissance chez l’apprenant, le savoir-faire génère la capacité ou l’habileté pratique et le savoir-être génère les attitudes professionnelles.

Les attitudes professionnelles

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savoir-etreLa formation professionnelle des travailleurs se concentre généralement sur l’acquisition du savoir et du savoir-faire, mais qu’en est-il du savoir-être? Celui-ci est généralement différent d’une profession à une autre et reflète non seulement la culture de l’entreprise, mais également celle de la profession. Il faut pouvoir tenir compte de cet aspect dans la formation du futur travailleur et lui fournir des repères sur l’aspect identitaire de sa profession. Cette prise en compte faciliterait l’insertion et la persévérance professionnelles du nouveau travailleur tout en atténuant une certaine iniquité entre celui qui est formé dans les milieux de travail et celui qui est formé dans les centres de formation. On ne peut séparer la question du sens des pratiques et les interactions professionnelles. J’aborde ici le concept de compétence professionnelle en lien avec les attitudes dans le sens de White (1959) qui distingue deux catégories de compétences. La première catégorie regroupe les “hard competencies” où les connaissances et les savoir-faire sont indispensables pour l’efficacité du travail et qui s’acquièrent par le biais d’une accumulation d’expériences positives et de réussites personnelles. La deuxième catégorie, que nous associons aux savoir-être professionnels, regroupe les “soft competencies” parmi lesquelles, les conceptions de soi, les traits de personnalités et la motivation et qui permettent de prédire, à capacité de travail égal, le niveau de performance future des individus. Selon Spencer (1993) ces compétences distinguent les individus ayant une performance moyenne de ceux qui ont les performances les plus élevées. De plus, il faut comprendre que la compétence professionnelle, « prend en compte le savoir-être : à l’inverse du poste de travail, la compétence est plus large que le seul savoir ou savoir-faire. Elle mobilise l’intelligence et l’initiative» (Zarifian, 1999, p.15). Dans cette optique où le savoir-être est un élément de la compétence essentiel à son développement, comment amener les enseignants de la formation professionnelle à aborder le savoir-être comme objet d’apprentissage? En tenant compte de ce questionnement j’ai développé le concept de « Code de déontologie professionnelle en formation professionnelle ». Depuis près de douze ans, ce dispositif, a été mis en place dans plus d’une quarantaine de centres de formation professionnelle au Québec.

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