À quoi ça sert d’enseigner ça ou d’apprendre ça?
9 avril 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Enseignant / Formateur, L'apprenant, La compétence, Le savoir, Le savoir-être, Le savoir-faire, Objet d'apprentissage Laisser un commentaire
Un enseignant m’a déjà dit qu’il n’avait pas le temps de faire apprendre, il n’avait que le temps d’enseigner son cours! « À quoi ça sert d’enseigner ça? » si l’apprenant se demande « À quoi ça sert d’apprendre ça? » Nous avons ici deux questions existentielles qui démontrent deux solitudes, celle de l’apprenant et celle de l’enseignant, dans un même environnement de formation.
Le problème tourne autour du « ÇA ». Je ne parle pas ici de Freud traitant de la psychanalyse et de l’ensemble des pulsions inconscientes, quoique … Je ne parle pas non plus du best-seller « IT », du maître de l’horreur qu’est Stephen King, avec son méchant clown, quoique … Je veux surtout traiter de la transposition d’un objet d’apprentissage spécifique, supposément nécessaire à apprendre, en un pronom démonstratif passe-partout qui spécifie une sorte de limbes d’objets à apprendre.
Le « ça » de l’enseignant identifie souvent un objet d’apprentissage dont il s’efforce d’en présenter une signification pendant que l’apprenant en cherche désespérément le sens. L’enseignant cherche à expliquer la signification du sens qu’il donne à un objet d’apprentissage pendant que l’apprenant recherche le sens de la signification que l’enseignant tente de présenter. La signification et le sens, deux mots au coeur d’une mutation où le sens ne se retrouve plus dans la signification et où la signification fait perdre le sens de l’objet. La signification représente, ce que l’enseignant détermine comme étant un besoin nécessaire à apprendre, exprimées par les intentions de la formation, pour l’apprenant, pendant que ce dernier ne s’y retrouve pas et par conséquent ne trouve pas le désir de l’apprendre. Besoin et désir, deux autres mots qui viennent complexifier la situation d’apprentissage et les difficultés que l’apprenant y retrouve.
Il est préférable de comprendre la signification pour accéder au sens, mais si l’apprenant n’en a pas de besoin pourquoi aurait-il le désir d’apprendre ça?
Il est intéressant d’imaginer les liens entre signification, sens, besoin et désir, mais l’écheveau n’est pas complet tant que l’effort et l’énergie ne viennent jouer leurs rôles essentiels dans la dynamique de ce quatuor. Je pense que nous pouvons facilement admettre qu’un apprenant ne disposant pas d’une source d’énergie suffisante pourra difficilement réaliser des apprentissages et ceci malgré tous les efforts de l’enseignant. Même si l’apprenant dispose d’une énergie nécessaire aux apprentissages, il n’est pas acquis qu’il investira cette énergie dans les apprentissages que nous lui proposons, s’il n’y voit pas un plus.
L’apprenant ne mobilisera pas plus d’effort que le besoin ou le désir d’apprendre « ça ». Même s’il avait le besoin ou le désir d’apprendre « ça » il ne peut mobiliser plus d’effort que l’énergie dont il dispose.
Apprendre exige des efforts, ces efforts peuvent être fournis dans la mesure où l’apprenant dispose d’un certain potentiel d’énergie. Cette énergie sera dépensée pour réaliser des actions motrices ou mentales, d’où l’appellation que j’utilise d’effort moteur et d’effort mental, ce qui sollicitera de l’énergie motrice ou de l’énergie mentale selon le cas. Je spécifie ici les deux types d’énergie, car elles sont distinctes en ce qui concerne les aliments et les conditions qui les génèrent, mais cela c’est un autre sujet.
L’importance de l’énergie à investir dépend de l’ampleur des apprentissages à réaliser, cette ampleur est largement établie à partir des intentions de départ de la formation. Le niveau taxonomique, la quantité de concepts, la complexité des concepts à apprendre, les actions à réaliser et les situations de travail à gérer sont des sources d’informations qui détermineront la quantité d’énergie, selon les efforts moteurs et mentaux nécessaires, soit pour développer des compétences professionnelles ou pour atteindre des objectifs de rendement.
Si l’intention de départ est de développer des habiletés manuelles, cela se traduira par des activités d’entraînement qui devront être réalisées par l’apprenant jusqu’à l’atteinte d’un niveau de performance établi. Ce genre d’apprentissage demandera une quantité d’énergie moindre que le développement d’une compétence professionnelle où le savoir, savoir-faire et savoir-être devront être intégrés à un contexte et où l’apprenant devra développer son jugement, son autonomie, sa capacité à apprendre, sa capacité d’adaptation, sa conscience, sa capacité d’analyse et de prise de décision en plus de la réalisation des techniques, méthodes et pratiques de travail.
La compréhension et la prise en compte de l’intention de départ de la formation est donc un élément clé à analyser pour établir le niveau d’effort que l’apprenant devra y consacrer ainsi que la complexité de la stratégie didactique et de l’environnement à mettre en place pour susciter le besoin ou le désir d’apprendre de l’apprenant pour qu’il puisse y trouver du sens et y investir son énergie.
L’intention c’est le fait de proposer ou de viser un certain but. De façon générale, l’intention se retrouve dans le programme à l’origine de la formation. L’ensemble de la stratégie d’enseignement est construit autour du but de la formation. C’est pourquoi, au Québec depuis 1986, les stratégies de formation auraient dû changer de façon importante, car les programmes par compétences ont changé le but des formations et que la demande d’énergie exigée aux apprenants est plus grande. Cette différence se manifeste par le fait que la démarche de formation est moins axée sur le résultat et où l’emphase est plus marquée sur la compréhension du processus. Je n’ai pas retrouvé, dans les milieux de formation, de pratiques innovantes en didactique qui auraient dû considérer cette réalité. Serait-ce un indice à considérer par rapport au décrochage? Peut-être.
Apprendre n’est pas exclusivement une affaire d’énergie, mais sans énergie il ne peut y avoir d’apprentissage. Pour être de notre temps, nous ne pouvons parler d’énergie sans parler de ses effets sur l’environnement. Ici aussi nous pouvons parler d’énergie verte et d’énergie «fossile». Je représente ici l’énergie fossile comme étant celle fournie par l’enseignant qui fait de grands efforts pour « DIRE ET MONTRER» à ses apprenants les savoirs à apprendre par une pédagogie de la transmission. Son aspect fossile vient de son origine médiévale et produit un effet de serre qui a pour effet que le savoir demeure à l’abri du prof sans se rendre facilement à l’apprenant. L’énergie verte est celle à l’intérieure de l’apprenant. Elle est propre et ne doit pas être gaspillée. L’enseignant doit donc travailler avec une énergie qui est à l’extérieure de lui et qui appartient à celui qui doit constater un plus à l’effort pour pouvoir ressentir le besoin de l’utiliser. Une énergie verte «didactique » est une source d’énergie disponible et renouvelable dans l’environnement didactique, qui produit une quantité faible de démotivation, qui constitue le polluant de l’apprentissage, lorsqu’elle est transformée en énergie nécessaire aux apprentissages et au développement de la compétence professionnelle.
La performance sans la compréhension n’amène pas à la compétence. Ce changement exige des apprenants plus d’attention, c’est-à-dire une plus grande concentration de l’activité mentale, et de l’intérêt, c’est-à-dire la recherche des avantages pour soi-même d’où la didactique professionnelle pour éviter que l’apprenant se pose la question qui tue, «Quossa donne d’apprendre ça?»
Quossa donne d’apprendre ça?
18 mars 2010
Didactique professionnelle, Enseignant / Formateur, Environnement didactique, L'apprenant, Le contexte Laisser un commentaire
La question qui tue « Quossa donne d’apprendre ça? » est un classique de beaucoup d’apprenants en classe. La réponse qui tue « Tu comprendras plus tard à quoi ça sert! » est également un classique de beaucoup d’enseignants. Au-delà de la question, il faut analyser qu’est-ce qui a provoqué cette question.
Ma première piste de réponse m’est venue d’un élève en formation professionnelle qui m’avait été référé par un enseignant qui m’avait spécifié que cet élève était à problème et qu’il avait de la difficulté à apprendre. D’entrée de jeu, cet apprenant m’avait fait le constat que le système d’éducation avait des problèmes de coudes. Face à ma réaction perplexe à son affirmation, il m’a expliqué qu’au moment où il était en formation générale il s’était fait dire d’apprendre les savoirs et il comprendrait plus tard à quoi cela va servir de façon concrète. Par la suite, en formation professionnelle, lorsqu’il posait des questions, il se faisait dire de faire ce qu’on lui demandait pour réussir le travail demandé et il comprendrait plus tard les savoirs en lien avec sa pratique. En conclusion, il m’expliquait que dans le premier cas il ne pouvait utiliser avec ses mains les savoirs qui lui étaient transmis et de l’autre il appliquait de ses mains des savoirs qu’il ne comprenait pas complètement, d’où le problème de coudes de l’éducation, le passage ne se faisant pas entre les mains, les bras et la tête. Il m’a également indiqué que ce n’est pas parce que lui apprenait mieux de ses mains qu’il ne pouvait pas se servir de sa tête. J’ai trouvé que cet élève avait fait une analyse de la situation qui était loin de ce que l’enseignant semblait avoir constaté de ses capacités.
Tout ceci pour présenter l’idée que lorsque l’apprenant pose la question qui tue « Quossa donne d’apprendre ça?» nous devons réagir promptement. D’ailleurs, nous devrions élaborer les stratégies didactiques pour que l’apprenant ne pause jamais cette question. Au moment où il se questionne, il manifeste déjà une non-adhésion à l’objet d’apprentissage présenté, et par conséquent un non-apprentissage annoncé.
Souvent, les présentateurs de certains contenus de formation ne se préoccupent que de donner une signification aux notions présentées. Les dictionnaires sont remplis de mots et de significations, tant qu’il n’y a pas un contexte il est impossible pour l’apprenant de comprendre le sens. Au moment où nous utilisons un mot dans un contexte, il se transforme en concept, dû au fait qu’il a alors un sens. Sans le sens l’apprenant ne peut comprendre et appliquer le savoir. Il ne pourra que l’exécuter sous la supervision d’un tuteur à la limite. Il y aura mémorisation et exécution, mais pas, ou peu, d’apprentissage.
Mais le sens est pour qui? Là encore, généralement les enseignants expliquent le sens des notions qu’ils présentent, mais c’est le sens que lui a associé et non le sens que l’apprenant a trouvé. Il ne s’agit pas d’informer qu’une notion est très importante, encore faut-il que l’apprenant trouve la pertinence de la notion. Cette pertinence se constate dans l’action professionnelle que l’apprenant planifiera, organisera, réalisera et évaluera dans une situation professionnelle où le contexte l’obligera à comprendre le sens pour être en mesure de réaliser les pratiques professionnelles pertinentes.
Amener l’apprenant à découvrir le sens d’un savoir est probablement la première activité d’exploration que l’apprenant doit réaliser dans une stratégie didactique efficace et ceci avant même que l’enseignant ait débuté sa présentation. Je vous entends me dire que l’apprenant ne peut trouver ce sens avant que vous ayez présenté vous-même le savoir, « L’apprenant ne peut pas faire ce lien, je ne lui ai pas dit!». Vous seriez surpris de savoir tout ce que vos apprenants savent.
Suite à mes expériences, généralement le savoir que l’on s’acharne à transmettre, est déjà, en grande partie, devant vous. Le défi est de le faire émerger, de le compléter ou de le corriger. L’avantage est de faire constater aux apprenants qu’ils sont porteurs d’un certain savoir et que l’enseignant (accompagnateur) est là pour organiser, confirmer, infirmer ou compléter ce savoir. Le pont à construire, didactiquement parlant, est entre le sens que l’apprenant a dans sa tête du savoir à apprendre et le sens que vous avez dans la vôtre de celui à apprendre.
La perception du savoir, la signification, le sens, l’adhésion de l’apprenant, la pertinence des savoirs par l’utilisation qui en est faite par l’apprenant et la compréhension constituent des composantes clés à considérer dans la conception de stratégies didactiques.
L’environnement d’apprentissage joue un rôle essentiel dans la construction du sens des savoirs et de la pertinence à les apprendre par l’apprenant. «Quossa donne d’apprendre ça?» est directement associé au «Quossa donne d’enseigner ça?». Le sens de l’environnement d’apprentissage, des situations de travail, des actions à réaliser par l’apprenant et le rôle de l’apprenant dans la construction de son savoir et du développement de sa compétence professionnelle constituent des éléments à gérer pour éviter la question qui tue.
Y a-t-il un abonné au numéro?
18 mars 2010
Didactique professionnelle, Environnement didactique, L'apprenant, La compétence, Le contexte, Le savoir-être, Pratique pédagogique Un commentaire
Lorsque je travaille avec des enseignants, un commentaire revient souvent sur les comportements des apprenants en classe ou en atelier à l’effet qu’ils manquent d’autonomie et d’initiative. En résumé, il faut toujours leur dire quoi faire.
Ce que je constate c’est que les comportements des apprenants sont souvent le résultat des pratiques pédagogiques que nous avons nous-mêmes mises en place. Généralement, nous désirons que les étudiants fassent ce que nous voulons leur faire faire. Il ne faut pas se surprendre qu’ils attendent qu’on leur dise quoi faire.
Il n’y a pas d’abonné au numéro, peut être, parce qu’il n’y a pas de téléphone et il n’y a pas de numéro, l’étudiant n’attend pas d’appel et souvent il ne saurait pas quoi faire avec l’appel. De plus, le dispositif de formation ne favorise généralement pas ce type de dynamique.
L’expression « Y a-t’il un abonné au numéro?» veut représenter que l’apprenant ne se sent généralement pas interpellé par ce qui se passe durant ses cours. Cela a pour effet qu’il a de la difficulté à répondre aux attentes de prendre des initiatives pour les recherches qu’il devrait faire, les travaux qu’il devrait réaliser, la mise en place de son poste de travail qu’il devrait effectuer, les corrections qu’il devrait apporter à son travail, la persévérance qu’il devrait manifester, l’analyse de contextes de travail qu’il devrait réaliser, le développement de pratiques innovantes qu’il devrait initier, l’adaptation de ses pratiques de travail à laquelle il devrait arriver, etc.
L’initiative et l’autonomie sont deux savoir-être qui font l’objet de beaucoup d’attentes mais dont les utilisateurs ont généralement pas de représentation. Suite à une étude que j’ai faite auprès de quarante centres de formation et de quatre-vingts programmes d’études en formation professionnelle, ce qui représente près de quatre cents enseignants, le manque d’autonomie des élèves se situait au premier rang des attitudes à faire développer chez les étudiants sur les vingt-quatre proposées. L’inititative, quant à elle se situait au quatorzième rang.
Un des constats faits a été que pour permettre à l’apprenant de manifester des attitudes essentielles au développement de sa compétence professionnelle, il fallait changer, de façon marquée, les pratiques d’enseignement qui généralement empêchaient ce développement.
La question à se poser consiste à savoir comment faire pour que l’apprenant se prenne en charge et qu’il puisse proposer et entreprendre son travail tout en pouvant en juger sa qualité. Ce ne sera qu’à ce moment que nous pourrons dire qu’il y a un abonné au numéro.
Le manque d’autonomie et d’initiative des apprenants est réellement un obstacle à ses apprentissages. Si nous désirons nous attaquer à ce problème, il va falloir repenser certaines pratiques d’enseignement et changer. À cet égard, Giordan nous présente des éléments essentiels à considérer pour pouvoir mettre en place un bon réseau téléphonique, si vous me permettez de continuer avec ma métaphore.
J’ai pris la liberté de représenter, sous forme de schémas, trois éléments que Giordan décrit dans ses publications. Ces représentations peuvent constituer les bases d’une réflexion pour une construction d’un environnement d’apprentissage permettant à l’apprenant de développer, entre autres, son autonomie et son initiative. Ces trois éléments sont :
- Les obstacles aux apprentissages;

- Les paramètres d’un bon apprentissage;

- Des balises pour mettre en place les conditions pour apprendre.

Y-a-t’il un abonné au numéro? Probablement, mais il n’est pas sur le même réseau, il va falloir bâtir des passerelles, des interfaces, des conditions, des circonstances, des ressources, etc, pour pouvoir faire réagir l’apprenant dans le sens que nous désirons. C’est peut-être à nous de prendre l’initiative et de faire preuve d’autonomie. Nous donnerions ainsi l’exemple de ce que nous voulons que l’apprenant fasse.
À quelle distance de vous sont vos apprenants?
10 mars 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Enseignant / Formateur, Environnement didactique, L'apprenant 2 commentaires
Figure 1 : Avoir une représentation, dès le départ, de la distance entre les représentations des apprenants et celles de l’apprenant, constitue l’assise des moyens et des stratégies didactiques à mettre en place pour se faire comprendre et faire apprendre.
Une stratégie d’enseignement basée sur la transmission des informations, comme rôle principal de l’enseignant, est devenue obsolète dans une société du savoir où l’apprenant ne doit plus seulement réussir ce qu’il fait, mais également comprendre ce qu’il fait. Si un cours n’est pas fait pour celui qui enseigne, mais pour celui qui apprend, qu’est-ce qu’il faut considérer chez l’apprenant pour organiser une stratégie didactique qui fera en sorte de tenir compte des caractéristiques de l’apprenant pour qu’il désire s’approprier l’information?
Je considère généralement quatre éléments chez l’apprenant lorsque je conçois des formations; les connaissances antérieures, la capacité à mobiliser ses connaissances, l’adhésion à la formation (ne pas confondre avec son adhérence) et le style d’apprentissage. Une formation doit nécessairement provoquer un changement chez l’apprenant. Ce dernier, à la fin de la formation, n’est plus ce qu’il était au début de sa formation.
Lorsque l’on désire considérer l’apprenant au coeur de ses apprentissages, il faut le considérer à partir de repères tangibles dont on prendra compte dans la planification de la stratégie didactique et de l’environnement d’apprentissage.
Les connaissances antérieures de l’apprenant constituent le premier élément à considérer. La possibilité de percevoir et de comprendre pour apprendre repose sur le fait que les informations communiquées par l’enseignant soient accessibles à l’apprenant. C’est un défi important pour l’enseignant de pouvoir être en mesure de situer, ce que Vygotski appelle, la zone proximale de développement de l’apprenant.
Selon Vygotski la zone proximale de développement c’est la distance entre le niveau de développement actuel tel qu’on peut le déterminer à travers la façon dont l’apprenant résout des problèmes seul et le niveau de développement potentiel tel qu’on peut le déterminer à travers la façon dont l’apprenant résout des problèmes lorsqu’il est assisté par l’enseignant ou collabore avec d’autres apprenants plus avancés.
Il est important pour l’enseignant de pouvoir identifier la distance probable de compréhension pouvant exister entre lui et ses apprenants. Cette distance devra être comblée par les ressources et les stratégies que l’enseignant mettra en place dans l’environnement d’apprentissage pour remédier à ces écarts.
J’ai repéré quatre catégories de distance de compréhension (figure 1). J’ai identifié la première distance comme étant celle de la concomitance, c’est-à-dire l’absence d’écart. Les apprenants de cette catégorie sont rares, ils ne sont pas présents dans tous les groupes et ils sont sur la même longueur d’onde que l’enseignant. J’ai nommé la seconde distance comme étant celle adjacente. Les apprenants de cette catégorie sont présents dans tous les groupes, mais généralement en faible nombre. La distance avec l’enseignant est faible et l’écart est généralement comblé facilement par des échanges avec l’enseignant ou avec ses pairs. La troisième distance que j’ai identifiée est la relative. Cette dernière est composée généralement du plus grand nombre de vos apprenants. Je l’ai nommé relative, car l’écart sera comblé relativement à la pertinence des stratégies, des ressources didactiques et de l’environnement didactique que vous mettrez en place. Finalement, il y a la distance que je nomme lacunaire. Cette dernière est constituée des apprenants qui ne disposent pas des préalables fonctionnels nécessaires à la formation que vous dispensez. Il faudra alors mettre en place des moyens pour atténuer ou pour remédier à cet écart et ainsi aider ces apprenants à se développer et à apprendre.
J’ai parlé précédemment de préalables fonctionnels. Cela va de pair, dans un premier temps avec les connaissances fonctionnelles. L’apprenant peut disposer de connaissances sans nécessairement savoir comment s’en servir dans un contexte particulier. Nous retrouvons souvent cette situation lorsque nous exigeons un niveau de scolarité plutôt que des connaissances spécifiques. Nous constatons alors que les connaissances ont été plutôt mémorisées qu’apprises, l’enseignant se sentant dans l’obligation de recommencer une formation dont il avait la conviction qu’elle avait été réalisée.
L’adhésion à la formation constitue un élément clé à considérer par l’enseignant. Ce n’est pas parce qu’une personne se retrouve dans une formation qu’elle adhère à cette formation. Il faut que l’enseignant considère cet élément dans la stratégie et les ressources qu’il mettra en place.
Pour plusieurs, suivre une formation professionnelle c’est :
- fuir les difficultés scolaires;
- de ne plus avoir de longs cours de théorie plattes;
- faire du temps avant d’avoir accès, grâce au papier, au marché du travail;
- travailler de ses mains plutôt que de penser;
- de pouvoir recevoir une rémunération durant sa formation;
- d’être obligé d’être à l’école sous peine d’avoir une coupure dans ses prestations;
- de ne plus faire face au jugement sur ses faibles performances scolaires;
- de répondre à des exigences professionnelles;
- etc.
Ces raisons, que je n’appellerai pas des motivations, sont l’objet d’un nombre significatif de participants à une formation que l’enseignant devra transformer en apprenants. Il ne s’agit pas ici de juger, mais de considérer ce fait et de créer des conditions pour faire émerger le besoin ou le désir d’apprendre là où il y en a peu.
Finalement, un dernier élément à considérer, c’est le style d’apprentissage de l’apprenant. Je ne voudrais pas ici provoquer une polémique, mais il faut considérer le style d’apprentissage de façon différente en formation professionnelle.
Le style d’apprentissage est un élément essentiel à considérer en formation de base, car l’ensemble des apprenants se retrouvent à apprendre la mathématique, le français, les sciences, etc. Il est donc essentiel que les stratégies pédagogiques reflètent l’ensemble de la palette des styles d’apprentissage pour considérer, sans discrimination, tous les apprenants.
Je pense qu’en formation professionnelle nous faisons face à une situation différente. Il y a, selon mon expérience, certaines similitudes entre les styles d’apprentissage et les exigences propres à une fonction de travail. Les professions exigent des qualités ou traits de personnalité caractéristiques de l’activité professionnelle.
Est-ce que nous serions mieux de considérer les qualités requises, ou à développer chez l’apprenant, selon les particularités de la profession ou de considérer plutôt le style d’apprentissage de chacun des apprenants et d’adapter ainsi les stratégies didactiques en conséquence?
Vaut-il mieux confronter l’apprenant aux qualités à développer pour manifester sa compétence professionnelle ou adapter l’apprentissage de la profession au style d’apprentissage de l’apprenant?
Pour tenter de répondre à ces questions, je me suis référé aux styles d’apprentissage identifiés et définis par Kolb (figure 2). J’ai de la difficulté à privilégier un style plutôt qu’un autre.
Je propose que les actions intégrées dans les stratégies et les environnements didactiques en formation professionnelle favorisent le développement des quatre styles créant ainsi le style d’apprentissage de la formation professionnelle. Il va de soit que l’apprenant, au départ a plus d’affinité pour un style, mais nous devrions nous préoccuper du développement par l’apprenant des autres.
Figure 2 : Utilisation des styles d’apprentissage de Kolb dans un style d’apprentissage de la formation professionnelle.
Kolb identifie la manifestation chez l’apprenant de ce qu’il privilégie dans le style. L’apprenant manipulateur a une préférence dans l’exécution de tâches, le conceptualisateur aime réorganiser logiquement les informations, le penseur expérimentateur favorise la résolution de problèmes et finalement l’observateur est habile à percevoir l’information.
Je pense que pour être compétent il faut être en mesure d’observer les informations pertinentes dans une situation pour être en mesure de résoudre des problèmes professionnels en réorganisant logiquement les informations selon les circonstances et les événements pour ainsi être en mesure d’adapter ses pratiques et ainsi réaliser ses tâches de manière compétente.
Lorsque nous considérons ce que cela prend pour développer une compétence professionnelle il est difficile de privilégier un style plutôt qu’un autre, car l’ensemble des manifestations de Kolb doit se retrouver chez un apprenant compétent. Je pense qu’en considérant le développement des quatre styles nous permettons à l’ensemble des apprenants de s’y trouver, en plus de favoriser l’apprentissage des manifestations concrètes du développement d’une réelle compétence professionnelle.
Est-ce que vous avez compris?
5 mars 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Pratique pédagogique, Représentation 3 commentaires
C’est probablement la question la plus posée par un enseignant à ses apprenants. Ils ont compris, mais qu’est-ce qu’ils ont compris? Ce n’est pas parce que l’apprenant dit qu’il a compris que cela peut nous assurer qu’il a compris ce que l’enseignant voulait qu’il comprenne. La compréhension est directement associée à la représentation que l’apprenant se fait des informations que l’enseignant lui a communiquées. Il est important que NOUS comprenions ce qu’implique comprendre.
Un apprenant doit pouvoir percevoir l’information pour pouvoir la traiter. Déjà à ce stade nous établissons un chantier important en didactique. Imaginer tous les concepts abstraits qu’un apprenant doit pouvoir comprendre pour être en mesure de réaliser des tâches professionnelles avec compétence. Première étape, c’est de rendre perceptible par les sens les informations nécessaires à la compréhension. Ce n’est pas parce que l’enseignant DIT les informations devant une classe que les mots qu’il utilise deviennent nécessairement des représentations pour les apprenants. Souvent la compréhension, pour les apprenants, c’est d’avoir la bonne réponse que l’enseignant a déterminée. Cette situation rassure l’apprenant, à défaut d’avoir compris, il est satisfait que l’enseignant ait l’impression qu’il a compris par la simple manifestation de la bonne démarche ou de la BONNE réponse. Comme s’il ne pouvait y en avoir qu’une seule.
La compréhension fait appelle à un champ de connaissances plus grand que le simple objet d’apprentissage visé par une explication. Je prends comme exemple une analyse de formation que je viens de terminer sur la compréhension du concept de stabilité pour les opérateurs de chariot élévateur. Ce concept de stabilité doit être compris dans la mesure où il conduit l’opérateur à comprendre à quel moment il peut y avoir un danger de renversement. La formation généralement reconnue était de présenter les phénomènes physiques qui amènent à un renversement. À la suite de nos travaux, nous sommes arrivés à constater que ce n’est pas parce qu’une personne connaît la notion de stabilité que cela l’amène à changer ses comportements pour être plus sécuritaire.
La conclusion à laquelle nous sommes arrivées est qu’en plus de comprendre l’objet d’apprentissage, pour que l’apprenant soit en mesure de l’appliquer dans la réalité, il faut qu’il comprenne, préalablement, en quoi consiste une situation de travail où l’objet d’apprentissage trouve sa pertinence. La formation doit alors tenir compte non seulement de la compréhension de l’objet de formation, mais surtout de la compréhension de la situation où cet objet doit venir s’insérer.
La compréhension passe donc nécessairement par la perception de l’information pour être en mesure de la traiter, l’application de cette information pour en découvrir le fonctionnement, l’analyse de la situation où elle devra être utilisée pour en trouver le sens et les conditions qui font en sorte de faire émerger son utilité pour être en mesure de faire des liens. L’enseignant doit comprendre l’implication de cette fameuse question pour qu’il puisse mettre en place les conditions et l’environnement d’apprentissage nécessaires à l’émergence de cette compréhension.
En conclusion, il ne faut pas demander aux apprenants s’ils ont compris, il faut faire en sorte que les apprenants puissent comprendre. La compréhension n’est pas le fruit du hasard, d’une simple affirmation ou d’un résultat d’examen, c’est le résultat d’un processus et de conditions mis en place de manière stratégique. Utiliser les savoirs dans des situations réelles demande à l’apprenant de connaître l’information, de connaître ce que fait cette information dans une situation et de connaître comment fonctionne cette information en interaction avec les circonstances et les événements de la réalité. Qu’est-ce que c’est? Qu’est-ce que ça fait? Comment ça marche?
Des obstacles aux apprentissages comme appuis pour les surmonter
28 février 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Environnement didactique, L'apprenant, Le contexte, Objet d'apprentissage, Pratique pédagogique 3 commentaires
Figure 1 : Éléments à considérer pour surmonter les obstacles aux apprentissages.
Le rôle d’un enseignant est de faire apprendre. Cela semble facile à dire, mais beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre. Faire apprendre n’est pas synonyme de dire et de montrer. Pour faire apprendre, il faut être en mesure de gérer des situations incertaines. La gestion de situations incertaines doit se baser sur la compréhension de cette situation et des obstacles qui s’y trouvent. Lors de mes rencontres avec mes étudiants ou lors d’ateliers de travail avec des enseignants et des formateurs, je tente de faire émerger la perception qu’ont ces derniers des obstacles à l’apprentissage qu’ils perçoivent dans les situations de formation qu’ils vivent.
Si nous désirons élaborer des environnements d’apprentissage pertinents et efficaces, il faut pouvoir identifier les obstacles que cet environnement devra permettre de surmonter. Ces obstacles constituant alors les contraintes à gérer pour établir un environnement favorable au développement d’une compétence professionnelle. Généralement, nous comprenons ce qu’est un problème d’apprentissage et pourquoi il est présent, mais c’est lorsque nous essayons d’établir comment faire pour le surmonter que nous nous confrontons à un manque de ressources ou de pratiques de référence. Généralement, les problèmes d’apprentissage sont abordés dans une approche réactive plutôt que proactive, la didactique jouant un rôle surtout thérapeutique par rapport aux problèmes visés. J’ai travaillé à maintes reprises avec des enseignants pour résoudre des problèmes d’apprentissage auxquels nous trouvons généralement des solutions intéressantes. Je fais réaliser alors un autre exercice où je demande aux enseignants des façons de faire qui auraient fait en sorte que le problème n’apparaisse pas. Les participants à mes ateliers se rendent généralement compte que les solutions de prévention sont totalement différentes des solutions de réaction.
Conscient de cette distinction je propose donc que l‘on s’attaque aux problèmes d’apprentissage dans une démarche qui fait en sorte de considérer les problèmes que nous ne désirons pas voir apparaître plutôt que de trouver des solutions pour atténuer le problème lorsqu’il apparaît.
Pour débuter une réflexion sur l’élaboration d’un modèle de référence pour élaborer des environnements d’apprentissage en formation professionnelle, voici une liste, non exhaustive, d’obstacles que cet environnement devra aider à surmonter. J’ai élaboré cette liste suite à mes interventions avec des enseignants. Ces obstacles peuvent servir de considérants à une proposition d’environnement d’apprentissage proactive en formation professionnelle.
Étant donné que je considère l’apprenant au coeur de l’organisation de ses apprentissages, j’ai fait en sorte de ne retenir que ceux qui le touchent plus directement.
Les enseignants me disent souvent que l’apprenant …
1. – ne peut appliquer en pratique des savoirs qu’il ne comprend pas;
2. – a des connaissances et une façon d’apprendre qui lui sont propres;
3. – manque d’autonomie et d’initiative;
4. – demande toujours « À quoi ça sert d’apprendre ça! »;
5. – ne fait pas d’efforts;
6. – manque d’intérêt;
7. – attend qu’on lui dise quoi faire;
8. – a de la difficulté à saisir l’importance de manifester les bons comportements;
9. – a de la difficulté à choisir à partir d’un contexte;
10. – ne se sent pas capable;
11. – ne prend pas conscience de l’importance de certains savoirs;
12. – a une perception négative de la formation;
13. – ne sait pas quoi observer dans une situation de travail;
14. – a de la difficulté à faire des liens;
15. – a de la difficulté à se concentrer;
16. – n’a pas les préalables;
17. – ne voit pas l’importance de l’objet à apprendre;
18. – ne retient pas l’information;
19. – a de la difficulté à transférer ses apprentissages dans la réalité;
20. – ne s’organise pas.
Nous avons maintenant en main un ensemble d’éléments, que je trouve très pertinent, pour l’élaboration d’un devis modèle pour élaborer un environnement d’apprentissage pertinent, par rapport à l’objet à apprendre, et efficace, par rapport à celui qui a à apprendre cet objet. Qu’en pensez-vous?
Les articles qui suivront traiteront de chacun de ces points à partir d’exemples que j’ai expérimentés dans les dernières années, dans divers milieux de formation.
Comme un poisson dans l’eau
22 février 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Environnement didactique, Le contexte Un commentaire
Souvent, l’apprenant s’ennuie en classe, dans un état passif, dû au fait que ce milieu est souvent associé exclusivement à la transmission de connaissances par l’enseignant.
Souvent, l’apprenant oublie en atelier ce qui s’est dit en classe, dans un état d’agitation, dû au fait que ce milieu est souvent associé exclusivement à la pratique.
Souvent, l’apprenant s’adapte mal en entreprise, dans un état d’immersion, dû au fait que ce milieu est associé à la confrontation de ce qu’il est avec ce qu’il devra vivre professionnellement.
À quoi ressemblerait un milieu d’apprentissage qui rendrait l’apprenant actif, réflexif et avec une bonne capacité d’adaptation? C’est sur ces points que je désir réfléchir.
L’un des défis importants qui se présentent à l’enseignant et au formateur, en formation professionnelle, technique ou en milieu de travail, est d’élaborer un contexte de formation pertinent. Ce contexte devrait disposer, stimuler et motiver l’apprenant favorisant ainsi l’investissement de son énergie dans les efforts nécessaires à ses apprentissages.
La classe, l’atelier, le laboratoire, le poste de travail et la salle de conférence constituent généralement ce que l’on appelle des milieux de formation. Nous pensons que le concept d’environnement d’apprentissage est plus adéquat aux buts, intentions et attentes de l’approche pas compétences. Le milieu n’est qu’une partie de l’environnement et représente surtout l’espace de formation.
L’environnement d’apprentissage est un espace physique avec des ressources qui sont aménagées et agencées dans le but d’offrir les conditions les plus favorables à l’apprentissage.
L’environnement d’apprentissage considère non seulement ce qu’il faut apprendre pour développer sa compétence, les ressources nécessaires aux apprentissage, mais également, au coeur de l’environnement, celui qui doit les apprendre, l’apprenant.
Le concept d’environnement est un sujet d’actualité. Tout est mis en oeuvre pour sensibiliser la population à l’importance de tout faire pour en protéger l’équilibre et y maintenir la vie. Ce que nous constatons dans un environnement c’est l’interrelation et l’interdépendance des éléments qui la constituent ainsi que la fragilité de l’équilibre nécessaire permettant à la vie de se maintenir et de s’épanouir.
Au même titre, l’environnement d’apprentissage est constitué également d’un ensemble d’éléments interreliés et interdépendants qui doivent individuellement et collectivement favoriser le besoin ou le désir d’apprendre de l’apprenant. L’apprentissage est un processus complexe qui est influencé positivement ou négativement par les éléments qui auront été placés par l’enseignant dans le contexte d’apprentissage de l’apprenant.
Il est important que l’apprenant se sente comme un poisson dans l’eau, non seulement pour la persévérance dans sa formation et la réussite de ses apprentissages, mais pour que ce dernier puisse développer sa compétence professionnelle.
J’ai observé, à maintes reprises, des milieux de formation stériles où l’on justifiait l’échec des apprentissages par le manque de motivation des apprenants plutôt que sur le manque d’effet des conditions dans lesquelles on les plaçait. Il ne s’agit pas ici de faire le procès de ce qui est bien ou mauvais, mais de se questionner et d’explorer des pistes sur les circonstances et les conditions que nous devrions offrir à l’apprenant pour qu’il puisse apprendre dans des conditions optimales.
Ma réflexion s’appuie sur une représentation de l’environnement allostérique de Giordan et Pellaud (2002) et je l’ai meublé de l’ensemble des ressources didactiques, matérielles, cognitives, technologiques et architecturales dont le but est de faire apprendre. Le défi que je propose est de réfléchir sur la transformation d’un contexte scolaire d’apprentissage à un environnement professionnel artificiel d’apprentissage favorisant le développement de la compétence professionnelle.
J’ai la chance de pouvoir collaborer avec un expert qui a beaucoup réfléchi sur ce concept d’environnement d’apprentissage. André Giordan, professeur à l’Université de Genève, m’a donné son accord pour collaborer avec mon équipe dans l’adaptation de ses recherches à la situation de la formation professionnelle au Québec.
Les écrits de Giordan m’ont conduit à formuler quatre questions auxquelles je tenterai de répondre, dans des articles ultérieures.
1. Qu’elles sont les obstacles à l’apprentissage que nous désirons résoudre?
2. Quelles sont les pratiques pédagogiques qu’il faudrait changer pour favoriser le développement de la compétence professionnelle?
3. Quels sont les éléments à considérer pour la mise en place d’un environnement d’apprentissage efficace?
4. Comment faire pour favoriser le changement provoqué par la mise en place d’un environnement?
Organiser une formation demande surtout de créer les conditions les plus favorables pour enclencher, chez l’apprenant, le processus d’apprentissage. C’est un moyen dont l’enseignant dispose pour créer de la vie «cognitive», la maintenir et la faire développer dans son milieu de formation.
Une stratégie de formation orientée vers le développement de la compétence professionnelle devrait favoriser une complicité entre l’apprenant et son environnement d’apprentissage.
Un environnement cognitif
12 février 2010
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L’environnement est cognitif parce qu’il a pour rôle d’exploiter le sens associé aux savoirs pour améliorer la capacité de l’apprenant à construire ses propres représentations. La représentation que je propose pour trouver les éléments d’un environnement cognitif s’inspire du fonctionnement d’un écosystème dans un milieu naturel. L’ensemble des éléments vivants et de ses constituants non vivants y établissent entre eux des interactions multiples. Nous émettons l’hypothèse que, de la même façon, dans un milieu de formation professionnelle, l’environnement cognitif est composé d’un ensemble d’éléments dynamiques et d’éléments statiques qui créent entre eux des interactions multiples qui devront avoir pour effet de favoriser les apprentissages de l’apprenant dans le sens du développement de sa compétence professionnelle.
Comme le cycle de l’écosystème, fonctionne sur la base de la présence de la vie et de ses conditions, la représentation proposée du fonctionnement de l’environnement cognitif prend en compte le processus de l’apprentissage, les conditions qui la favorisent et l’état de l’apprenant qui s’y trouve. Ce cycle se présente en quatre étapes.
La première étape est la stimulation de l’apprenant. Cette étape doit pouvoir permettre d’identifier les éléments qui stimuleront l’apprenant. L’effort lié à l’apprentissage se déclenche généralement par le besoin que peut avoir l’apprenant de s’approprier les savoirs, ou par le désir suscité par l’attrait que représente l’appropriation de ces savoirs. Il est clair que personne ne peut apprendre quelque chose qu’il ne désire pas apprendre. L’apprenant peut mémoriser l’information ou s’entraîner à réaliser des gestes, mais dans ces conditions il n’y a qu’un apprentissage élémentaire, ce qui est très loin du développement de la compétence, au mieux il y aura développement d’une capacité, au pire la manifestation de la seule dextérité.
Il est malheureux de constater que souvent, malgré les efforts constants des enseignants, plusieurs apprenants n’utilisent pas, dans les pratiques, les connaissances théoriques qu’ils auraient dû apprendre dans les séances de formation. Il est plus que probable que l’environnement, où l’apprenant est censé construire ses représentations des connaissances, ne sert qu’à les faire mémoriser.
L’étape de stimulation devrait alors « allumer » l’apprenant à l’égard des apprentissages à réaliser, donc de susciter le besoin ou le désir d’apprendre. À la fin de cette étape, l’apprenant constate l’écart entre ce qu’il sait et ce qu’il devrait savoir c’est-à-dire son ignorance. La découverte de son ignorance est probablement le but à viser plutôt que l’acquisition de connaissance dont il ne sait que faire. La découverte de l’ignorance crée inévitablement le désir de combler cette ignorance chez l’apprenant qui en devient conscient.
La deuxième étape est celle de la mobilisation des énergies motrices et motivatrices pour pouvoir fournir les efforts nécessaires aux apprentissages à construire pour satisfaire le besoin d’apprendre provoqué par la prise de conscience de son ignorance. Les éléments de l’environnement devront favoriser, à cette étape, la quête de sens des savoirs à apprendre. L’effort, le besoin et le désir sont toujours interdépendants. Pas d’efforts sans besoin ou désir d’apprendre. C’est ici que se présente le facteur « Q.C.D. », c’est-à-dire, « Qu’est-ce que cela donne d’apprendre ça ? ».
À la fin de cette étape, l’apprenant devrait avoir construit les représentations des nouveaux savoirs qui lui sont nécessaires pour développer sa compétence professionnelle. Cette construction touche autant le savoir, le savoir-faire que le savoir-être. L’une des pistes possibles serait d’accéder aux savoirs par l’intermédiaire de situations professionnelles demandant à l’apprenant de découvrir le sens en analysant des circonstances ou des événements, en repérant des faits et en échangeant sur les effets lors de la réalisation de ses tâches professionnelles.
La troisième étape est celle de l’application des connaissances. C’est l’étape où l’apprenant insère ses connaissances (concepts) dans les actions qu’il doit réaliser. Ces actions peuvent être activités d’apprentissage ou des tâches professionnelles. Les tâches professionnelles existent dans le but de pouvoir répondre aux mandats de travail que l’on attribue au professionnel. Le vendeur vend s’il y a des clients, le mécanicien répare s’il y a des véhicules à réparer, le dessinateur dessine s’il y a des projets de fabrication ou de construction.
La tâche ne démarre pas la situation de travail, comme c’est trop souvent le cas dans les pratiques de formation professionnelle où on entraîne des élèves à réaliser des tâches. C’est la situation de travail, selon ses éventualités, qui amène la réalisation d’une des tâches professionnelles liée à l’activité professionnelle. Il y a généralement un produit à réaliser ou un événement à gérer, selon un contexte, pour pouvoir réaliser une tâche. Cette dernière, pour être réalisée, oblige l’apprenant à percevoir l’information, analyser la situation, à évaluer des éventualités et à prendre une décision qui se manifestera par la réalisation de pratiques de travail adaptées dans le but de s’adapter aux contraintes et de satisfaire les attentes.
L’application des savoirs ne consiste pas seulement à réaliser manuellement des activités pratiques, il s’agit aussi de développer une compétence professionnelle, c’est-à-dire celle de l’apprenant. À cet égard, nous avons établi qu’une compétence professionnelle se reconnaît à la capacité de l’apprenant à agir de manière consciente et autonome lors de la réalisation de ses tâches professionnelles dans une situation professionnelle, qu’elle soit virtuelle, artificielle ou naturelle. Non seulement il peut faire, mais il peut dire ce qu’il fait et se comporter selon les attitudes propres à son activité professionnelle.
La quatrième étape est celle du transfert. Cette étape demande à l’apprenant d’exploiter les ressources pour élever, de façon autonome, le niveau de sa compétence professionnelle pour résoudre des problèmes professionnels nouveaux et même fortuits. Il doit faire les liens entre ses connaissances et celles qui sont nécessaires pour gérer une situation de travail. À ce stade, il est prêt à faire face au monde du travail et à affronter les aléas de la réalité. Il ne sait pas tout faire, mais il sait comment faire pour être plus compétent. Il sait ce qu’il sait, il peut se rendre compte de ce qu’il ne sait pas et il sait quoi faire pour combler son ignorance parce qu’il a appris à apprendre.
En résumé, l’apprenant doit être stimulé pour apprendre. Il doit mobiliser ses efforts pour apprendre, il doit appliquer les connaissances apprises dans des tâches de travail insérées dans des situations de travail et il doit être en mesure de transférer ce qu’il a appris dans divers contextes pour être capable de faire face à des circonstances professionnelles courantes, nouvelles et imprévues.
Une position pour le développement de la compétence professionnelle
2 février 2010
Didactique professionnelle 36 commentaires
On pense souvent, à tort, que de donner une formation consiste uniquement à communiquer de l’information. Legendre (1993) définit la formation, en formation professionnelle, comme «l’ensemble des activités, des situations pédagogiques et des moyens didactiques ayant comme objectif de favoriser l’acquisition ou le développement de savoirs (connaissances, habiletés, attitudes) en vue de l’exercice d’une tâche ou d’un emploi.»
La transmission d’informations à l’aide d’un «PowerPoint» ou de tout autre instrument technologique ne constitue par un acte de formation, même si cette pratique est très répandue. La théorie à l’origine de cette pratique est très ancienne et se situe dans les origines des pratiques de formation à une époque où les livres et le papier étaient très rares et dont l’objectif était de faire mémoriser l’information. Cette pratique de formation s’apparente aux théories de l’apprentissage de type « Académique» et «Technologique».
Ce qui motive l’utilisation d’une théorie de l’apprentissage plutôt qu’une autre est identifié à partir des attentes de la formation.
Une autre raison qui ne milite pas en faveur d’un modèle de formation traditionnel basé sur la transmission de connaissance en formation professionnelle, c’est l’efficacité de cette approche dont la finalité est la mémorisation de l’information. Sousa démontre bien, à partir d’une analyse du National Training Laboratory of Besthel (1960), le niveau d’efficacité d’une méthode d’enseignement, 24 heures après la formation.
La discussion de groupe, les exercices pratiques et l’utilisation de ses apprentissages pour expliquer aux autres ont un taux de rendement qui est nettement plus souhaitable à exploiter que la conférence, les lectures, l’audiovisuel et la démonstration.
Comme pédagogue, expérimentateur et chercheur dans le domaine du développement de la compétence, je me suis questionné sur ce qu’est une compétence dans la réalité de la classe, par rapport à la relation d’apprentissage, à la relation didactique et à la relation d’enseignement à l’intérieur d’une situation pédagogique. À la suite de ce questionnement, j’ai travaillé avec des enseignants afin d’essayer de construire, dans l’action, les premiers jalons des composantes d’une didactique fonctionnelle du développement de la compétence professionnelle. L’évolution de mes travaux m’a permis d’élaborer un modèle du concept de la compétence professionnelle ainsi qu’une représentation schématique de ce concept.
La compétence professionnelle devient l’association des quatre composantes que j’ai pu observer, soit dans les programmes ou la réalité, c’est-à-dire le savoir, le savoir-faire, le savoir-être et le contexte signifiant.
La compétence de l’apprenant se trouve à l’intersection du savoir, du savoir-être et du savoir-faire placés dans un même contexte signifiant. La superposition des savoirs a produit trois autres intersections qui, selon mes observations, correspondent à l’apprenant connaissant, performant et exécutant. J’entends par apprenant « performant » qu’il a atteint les objectifs du programme, sans nécessairement avoir intégré le savoir-être du métier. L’apprenant exécutant réalise bien les actes professionnels qu’on lui demande d’accomplir, sans nécessairement avoir construit le savoir qui est lié à ces actes. L’apprenant connaissant est en mesure de bien expliquer les éléments du contexte professionnel, sans nécessairement maîtriser le savoir-faire. Par contre, un apprenant compétent devrait être en mesure, d’expliciter le contexte professionnel, de formaliser et d’adapter, selon le cas, les procédures de travail et d’accomplir les tâches, conformément aux attentes professionnelles exigées par les circonstances.
Le développement de la compétence devient alors davantage une question de processus que de produits, de contextes que d’objets spécifiques, de relations que de comportements. J’ai également dû remettre en question mes conceptions sur la réussite. En formation professionnelle, il n’est pas suffisant qu’un apprenant réussisse les examens pour déclarer qu’il est compétent.
Mes travaux avec les enseignants me portent à croire qu’il est possible d’exercer une influence sur le développement des compétences, dans la mesure où nous pouvons placer l’apprenant dans une conjoncture où sont réunis un contexte signifiant, les attitudes requises (le savoir-être), les façons de procéder (le savoir-faire) et les connaissances (le savoir) utiles. Cette situation, que l’on peut qualifier de situation didactique en formation professionnelle, permet à l’apprenant de réaliser des tâches le conduisant à faire face à des problèmes professionnels qu’il aura le goût de résoudre et dont la solution sera intimement liée aux visées de la formation.
Ces tâches problèmes représentent la base du développement des situations didactiques qui favorisent le développement des compétences chez l’apprenant. Dans ce contexte, les connaissances préalables et les comportements professionnels deviennent des outils essentiels à la résolution de problèmes. Ces nouvelles approches abordent l’apprentissage par le processus de la résolution du problème et du jugement critique, plutôt que par des réponses à des questions que l’apprenant ne se pose pas.
Une compétence professionnelle sur le marché du travail, demande la mise en oeuvre de connaissances construites, de capacités explicites et formelles, d’attitudes personnelles ainsi que d’habiletés intellectuelles et motrices qui sont liées aux aptitudes de l’apprenant et dont les propriétés sont surtout propres au contexte où l’on en observe la présence.
Le concept de compétence est souvent perçu comme un concept flou et abstrait où on peut y associer environ n’importe quoi. Pour rendre ce concept plus pragmatique, je me baserai sur les cinq caractéristiques de la compétence professionnelle de Oiry (2003).
- Elle est en rupture avec le poste de travail : L’accent est mis sur la personne. Le poste de travail n’apparaît plus comme un concept pertinent pour organiser le travail.
- Elle est individuelle : La compétence est celle d’un individu (et non la qualification d’un emploi). (Zarifian, 1999, p.68)
- Elle prend en compte le savoir-être : À l’inverse du poste de travail, «la compétence est plus large que le seul savoir ou savoir-faire». Elle mobilise «l’intelligence» et «l’initiative». (Zarifian, 1999, p.15)
- Elle est contextualisée : Finalisée, la compétence ne peut être définie que dans une situation précise. Il n’existe pas de compétence détachée de l’action.
- Elle est dynamique : Les différents éléments de la compétence se développent dans une confrontation à l’action. Celle-ci est donc en permanence adaptée au contexte dans lequel vit l’individu qui la possède.
Je retiendrai de ces caractéristiques qu’une formation devrait placer l’apprenant au centre d’un environnement, qu’elle devrait être organisée de telle sorte qu’elle puisse s’adresser à chaque apprenant; que la manifestation de comportements professionnels associés à des attitudes comme la résolution de problèmes et le jugement critique soient au coeur des activités de l’apprenant; que les situations de travail soient le déclencheur des apprentissages et que la confrontation des idées entre les apprenants, à partir de décisions professionnelles, constitue l’aboutissement des activités de la formation.
La formation sur le tas est généralement associée à la réussite, par un apprenti, d’une activité professionnelle selon un niveau de performance correspondant à la compétence attendue. Cette réussite se fait souvent au détriment des savoirs, dans un contexte où le sens et la pertinence des objets de formation sont déterminés par l’action. Ces savoirs sont pourtant nécessaires à la compréhension, à la conscience et par conséquent au jugement des apprenants dont l’absence est souvent remarquée, en santé et sécurité au travail, entre autres.
Les savoirs sont souvent associés à l’école, c’est-à-dire au centre de formation ou au collège. On associe ces milieux, à tort ou à raison, au mandat de faire acquérir des connaissances et/ou des habiletés. Ces savoirs se retrouvent compétence après compétence dans un programme permettant au formateur de les organiser de telle sorte que l’apprenant puisse réussir ses examens et avoir sa reconnaissance qui déterminera sa compétence. Souvent, les examens permettent de constater chez l’apprenant sa capacité à «régurgiter» de l’information et sa capacité à exécuter des actions, mais est-ce bien cela le résultat de l’apprentissage en lien avec le développement d’une compétence? Le processus d’apprentissage est pourtant nécessaire à la compréhension, à la conscience et par conséquent au jugement des apprenants.
Que ce soit en entreprise ou en centre de formation, le concept de compétence doit faire l’objet d’une représentation commune. Leplat (1991) nous souligne l’existence de la compétence comme étant l’élément sous-jacent à toute action qui permet d’expliquer comment les connaissances peuvent se transformer en actions appropriées. Elle désigne donc le système de connaissances qui permettra d’engendrer l’activité répondant aux exigences d’une certaine classe de situations.
À partir du moment où nous pouvons comprendre de manière univoque le concept de compétence nous pouvons travailler pour en établir les niveaux. La complémentarité du milieu de formation et du milieu de travail se retrouve dans le niveau de compétence à développer chez l’apprenant et/ou l’apprenti. Le Boterf (2006), nous indique que l’organisation du travail détermine fortement la compétence qui peut être construite par les individus. Certes, la compétence peut s’exprimer en terme d’action avec ses contraintes et ses livrables elle s’exprime aussi selon les attentes de l’évaluateur de la personne qui réalisera l’action.
La compétence professionnelle s’adresse à une personne qui organise son travail dans un contexte dynamique qui la fait évoluer. La compétence professionnelle d’une personne est un continuum qui se développe tout au long de sa vie professionnelle. Si elle se développe, elle atteint donc différents niveaux que Oiry souligne en identifiant que certains milieux y associent même une valorisation monétaire par la compétence rémunérée.
Lors de l’embauche, les entreprises spécifieront les compétences requises par une ou des tâches plus ou moins complexes à réaliser selon la quantité de contingences à gérer et par conséquent de décisions à prendre, insistant ainsi sur l’importance de la manifestation plus ou moins critique du jugement du candidat. Plus il y aura de situations éventuelles, d’événements imprévisibles ou de circonstances fortuites, plus le poste exigera un niveau de compétence élevé.
Vous trouverez à la figure suivante, une représentation qui explicite chacun des niveaux de compétence. Avec ce tableau, il est plus facile de repérer les attentes pour les activités professionnelles. Même si certains niveaux ne s’appliquent pas pour certaines professions, cela n’empêche pas une personne d’avoir le désir de toujours développer sa compétence et une autre d’être compétente dans ce qu’elle fait, sans aspirer à une compétence plus grande que celle requise par la profession.
Bref, nous pouvons constater qu’une compétence professionnelle se manifeste dans l’action; que cette action, lorsqu’elle est de niveau maîtrise et supérieure, demande de prendre des décisions conscientes et intentionnelles; qu’une action constituée d’éléments incertains demande d’utiliser son jugement; que pour avoir du jugement, il faut qu’une personne puisse comprendre ce qui se passe; que pour comprendre, il faut pouvoir faire l’analyse des différents aspects d’une situation; que pour faire l’analyse, il faut disposer de connaissances qui ont du sens.
Faisant suite à ce raisonnement, nous pourrions attribuer à un milieu de formation une fonction minimale qui est de faire apprendre, c’est-à-dire avoir un mandat de transformer les savoirs en connaissances chez l’apprenant, non dans le but de les faire mémoriser, mais de développer le jugement de ses apprenants.
Pour ajouter à notre réflexion sur les dispositifs de formation et le type de formation à mettre en place il est important de parler des niveaux taxonomiques. La taxonomie est une science qui a pour objet la classification des divers éléments d’un domaine. Cette classification est ici faite du simple au complexe en se basant sur l’aspect concret d’un savoir, savoir-faire et savoir-être au niveau abstrait. Plus le niveau taxonomique est élevé plus le dispositif et la stratégie de formation sera complexe. Par exemple niveau le plus bas est associé à une formation sur le tas, tandis que le niveau le plus élevé touche le changement d’un individu non seulement dans ce qu’il sait et sait faire, mais dans ce qu’il est dans sa personnalité.
Il est possible d’identifier d’autres caractéristiques d’une formation favorisant le développement de la compétence professionnelle. Vous retrouverez à la figure suivante une liste non exhaustive de ces caractéristiques.
De manière encore plus explicite, nous pouvons identifier des comportements qui peuvent manifester l’atteinte de l’un ou l’autre niveau de compétence. La figure suivante vous présente ces comportements à faire manifester pour avoir une indication de l’atteinte du niveau désiré. Les verbes d’action associés au comportement sont classés à l’aide des taxonomies présentées précédemment.
Ces manifestations doivent être considérées dans la stratégie de formation pour être en mesure de prétendre avoir développé la compétence des apprenants. C’est le cas également pour l’élévation du niveau de compétence selon le seuil nécessaire aux responsabilités du travailleur pour qu’il puisse travailler en toute sécurité, si nous parlons de santé et de sécurité au travail.





























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