Un environnement de formation

Un commentaire

En formation professionnelle on associe souvent le milieu de formation avec les classes, les ateliers et les laboratoires à des milieux normaux pour faire apprendre. Il en va tout autrement pour le développement des compétences professionnelles. Il faut plus qu’un milieu standard de formation pour favoriser le développement des compétences professionnelles, il faut l’aménager conformément au climat que nous désirons y installer. Je me suis inspiré du cadre de référence des apprentissages en formation professionnelle du MELS (2005). Il faut que le milieu de formation permette l’exploration, l’apprentissage, l’application et le transfert des savoirs nécessaires au développement de la compétence. Pour répondre à ces attentes, il vaut mieux parler d’environnement que de milieux. J’ai représenté, dans les schémas si dessous, ce que je nomme environnement. L’environnement a pour fonction de créer un climat favorable aux apprentissages et au développement de la compétence professionnelle des apprenants. Les trois composantes de base de l’environnement sont les intentions d’apprentissage, les ressources et leur aménagement. L’aménagement des ressources a pour fonction de créer un contexte qui a du sens pour réaliser l’action contextualisée exigée par la compétence. L’aménagement des apprentissages se fait par la mise en place d’une situation de travail artificielle. Les ressources nécessaires aux apprentissages sont directement associées à l’action à réaliser par l’apprenant.

Ce schéma peut sembler complexe, mais il représente une réalité simple. Le travailleur oeuvre dans une situation de travail où il réalise ses tâches (actions) en lien avec différents contextes. C’est ce qui suscite le climat de travail. Dans un milieu de formation où c’est l’apprentissage qui est au coeur de toutes les activités d’enseignement, il faut aménager les ressources pour favoriser les apprentissages tout en mariant le climat favorable aux apprentissages et le climat de travail nécessaires au sens de la compétence professionnelle à faire développer.

Atelier 13 : Stimuler et faire adhérer l’apprenant avec un contexte d’apprentissage signifiant

5 commentaires

La formation professionnelle dispose de l’ingrédient par excellence pour motiver les élèves. Malheureusement, on a tendance à vouloir se conformer aux pratiques traditionnelles d’enseignement au tableau avec les élèves, les démonstrations en laboratoire et les pratiques supervisées en atelier.

La formation professionnelle est pleine de sens, pourquoi en priver les élèves. Malheureusement, on associe les sens à l’aspect pratique des exercices. Ce qui donne le sens ce n’est pas la tâche, mais la situation que nous avons aménagée dans un environnement pour que cette tâche prenne un sens.

Les environnements que j’ai vus généralement en formation professionnelle étaient plutôt scolaires. Une série de soudeuses alignées pour les exercices. Une série d’ordinateurs pour pratiquer la méthode de doigté en secrétariat. Des postes de travail en dessin aménagé pour faciliter le travail de l’enseignant.

J’ai rarement vu une entreprise de soudage, un bureau de dessinateurs, un bureau d’entreprise où l’apprenant venait travailler et où on lui apprenait son métier. À l’école on fait comme à l’école, je vais lui montrer et il va apprendre s’il est motivé.

Il faudrait peut-être que ça change. Aujourd’hui, ce n’est pas tellement la tâche à faire qui est importante, mais plutôt comment je vais fonctionner dans le contexte de travail? Il est difficile de juger des performances d’un poisson en dehors de l’eau. Il en va de même de l’apprenant, à quel moment il est en contact avec l’eau. Au stage il est trop tard!

 

Atelier 11 : Motiver l’apprenant avec la situation de travail artificielle

Laisser un commentaire

Plusieurs enseignants et formateurs se plaignent du manque de motivation des apprenants. Un point important pour susciter, développer et maintenir la motivation de l’apprenant est directement associé aux situations dans lesquelles nous allons les placer pour qu’ils apprennent. Les apprenants, en formation professionnelle, n’ont pas choisi d’être en formation. Ils ont choisi le métier ou la profession, la formation devient alors un passage obligé pour eux.

Son intérêt est de vouloir exercer l’activité professionnelle qu’il a choisie. Pour l’enseignant c’est un point de départ essentiel sur lequel il doit tabler pour la suite des stratégies d’enseignement qu’il mettra en place. Aussi longtemps qu’il demeure en lien avec la situation de travail, l’apprenant va le suivre. C’est au moment où nous commençons à jouer à la petite école que l’apprenant décroche. Les devoirs, les leçons, écoute le prof, fait tes tests, fait des reprises, regarde les démonstrations, etc. C’est au moment où nous pensons à sa place, que nous agissons à sa place et surtout lorsque nous axons la formation sur la réussite des examens que l’apprenant se transforme en « élève avec son maître ».

Il existe une situation de travail pour chacun des apprentissages que l’apprenant devra réaliser. Le but est de mettre en scène les objectifs du programme avec les situations de travail auxquels ils correspondent et les faire vivre à l’apprenant. Je ne parle pas ici de mises en situation théoriques, d’histoires ou d’exemples, mais de situations de travail bien réelles organisées dans le milieu de formation. Elles n’ont pas l’imputabilité du marché du travail, parce qu’elles sont contrôlables en tout temps par le metteur en scène, c’est-à-dire le professeur.

Si nous désirons favoriser le développement des compétences chez l’apprenant, il faut le placer en situation de travail avant ses stages, pas seulement à un poste de travail. Il faut premièrement qu’il comprenne la situation avant de réaliser ses tâches. C’est dans la situation qu’il recueille les informations nécessaires à la manifestation de sa compétence.

L’atelier que je vous propose consiste à identifier et à agencer les composantes d’une situation de travail artificielle pour qu’elle devienne source de motivation, de sens et d’apprentissage pour l’apprenant.

 

Treize outils utiles à l’enseignement

Un commentaire

Ceci est une présentation que j’ai réalisée pour expliquer l’utilisation de treize outils didactiques permettant de mettre en place une démarche d’enseignement différencié à l’éducation des adultes en formation professionnelle. Je présente l’idée que le choix d’une formule pédagogique ne doit pas mettre en question l’objet d’apprentissage et ses intentions. En formation professionnelle nous sommes en présence de compétences. Avec les adultes nous sommes en présence de personnes où l’adhésion à la formation, le sens et la pertinence des apprentissages jouent un rôle essentiel dans la mise en place d’une formule pédagogique. Il ne faut jamais oublier qu’une formule pédagogique a pour fonction de faciliter les apprentissages et non seulement faciliter l’organisation de la formation. Les outils que je présente font en sorte de favoriser l’articulation de l’enseignement différencié, que l’on confond trop souvent avec l’enseignement individualisé qui doit être plus associé à l’enseignement programmé.

Atelier 10 : Faciliter les interactions avec l’aide à communiquer

Laisser un commentaire

Les apprenants en formation professionnelle, de façon générale, ont peu de connaissances et de références par rapport à la profession qu’ils désirent apprendre. On pourrait même dire qu’ils sont des analphabètes de la profession. Chaque profession est constituée de son langage propre, de ses méthodes, de son mode d’organisation qui ne sont pas toujours d’un accès évident pour les apprenants. C’est pourquoi je propose, d’ailleurs je produis cet instrument dans toutes les formations que j’organise, cet outil didactique, qui permet de régler plusieurs problèmes liés aux échanges, à la communication et à la compréhension de la culture d’une activité professionnelle.

Atelier 8 : Faire faire des liens avec l’aide à penser

3 commentaires

On se questionne souvent sur le manque de compréhension que les élèves manifestent suite à une formation sur une notion quelconque. Piaget avait bien présenté l’importance de fournir aux apprenants les outils nécessaires pour apprendre. Il avait dit que ce n’était pas la notion elle-même que l’élève ne comprenait pas, mais la présentation que nous faisons de cette notion. Quand l’apprenant ne comprend pas, il faut changer la modalité de formation ou ajouter des ressources didactiques.

La didactique n’est-elle pas de trouver le chemin le plus court entre l’apprenant et l’objet à apprendre?

Suite à mes nombreux travaux avec des formateurs et des enseignants, j’ai constaté qu’il arrivait souvent que l’enseignant n’avait pas lui-même une représentation de la notion à enseigner. Il est alors très difficile qu’il puisse faire en sorte que l’apprenant s’en construise une. Pour comprendre, il faut pouvoir se représenter les informations nécessaires et ainsi pouvoir les mettre en oeuvre dans une situation de travail. En ce qui a trait aux concepts concrets, la réalité de la formation professionnelle est généralement bien équipée pour suffire à la tâche. Il en va tout autrement des concepts abstraits ou l’enseignant, de par son expérience, a pu être mis en présence de certains phénomènes, mais il n’a jamais été confronté à représenter ce phénomène pour que l’apprenant puisse comprendre.

Le monde du travail d’aujourd’hui est de plus en plus abstrait et pour le comprendre il faudra que les enseignants soient de plus en plus habiles à construire des représentations des concepts qu’ils doivent faire apprendre. L’aide à penser a pour utilité d’instrumenter l’enseignant à représenter les informations associées aux activités professionnelles et les apprenants pour construire leurs savoirs professionnels.

À titre d’exemple, je prendrai le défi pour un professeur en cuisine de faire comprendre aux élèves les différentes technologies servant à la cuisson. Il s’agit d’amener l’apprenant à comprendre la conduction, la convexion, le micro-ondes et l’induction. Je pense que des aides à penser seront maintenant nécessaires pour que l’apprenant puisse non seulement voir les effets, mais comprenne ce qui agit dans le phénomène et qu’il puisse en avoir une représentation mentale.

De l’intention à l’action pédagogique

Laisser un commentaire

Faire évoluer du être au savoir-être

Laisser un commentaire

J’ai déjà présenté dans mes textes le concept de savoir-être professionnel. Ce concept est abstrait et difficile à saisir pour pouvoir en organiser l’apprentissage. Il demeure essentiel de pouvoir accompagner les apprenants pour les aider à manifester les savoir-être professionnels. Je ne parle pas ici de réaliser des grilles d’observation de critères lors de la réalisation d’un examen, mais d’un changement volontaire et conscient de l’apprenant face aux comportements pertinents à une activité professionnelle.

Depuis ma présentation sur les savoir-être, à l’association québécoise de pédagogie au collégial, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs autres conférences dans les CÉGEPS sur le sujet. La réalité des étudiants en formation générale et en formation préuniversitaire est très différente de la formation technique ou professionnelle. Il est plus difficile d’établir un référentiel commun sur les comportements acceptables ( ici j’utilise le terme acceptable non pas au niveau social, mais acceptable par l’apprenant selon sa perception, son interprétation et ses représentations ) d’un étudiant en formation générale en comparaison avec un étudiant dans une technique.

Lors de l’apprentissage d’un métier ou d’une technique, le référentiel est celui de l’activité professionnelle et de son contexte. L’apprenant aura à adhérer ou non au savoir-être professionnel. Il n’est pas obligé de suivre la formation, il peut choisir une autre activité professionnelle qui correspond mieux à son savoir-être personnel ou adhérer aux savoir-être de la profession et changer en faisant évoluer son savoir-être personnel vers le savoir-être professionnel visé. En formation générale j’avais toujours déduit que le référentiel des comportements était associé aux valeurs et principes de la société. Étant donné qu’il peut y avoir des différences importantes dans les manifestations des valeurs et des principes chez les étudiants, il est alors très difficile, même impossible, de faire consensus, entre les apprenants, les enseignants et le milieu de formation. Ce consensus doit porter sur un référentiel des comportements à manifester. Ces comportements peuvent être très différents selon les milieux sociaux, professionnels et culturels de chacun des intervenants impliqués dans le processus d’apprentissage.

J’ai eu le doute du chercheur. Lors d’une conversation avec un directeur, il est ressorti que ce dernier voulait orienter l’explicitation et l’apprentissage des savoir-être vers le métier d’étudiant. Cette simple idée m’a amené à aborder l’apprentissage du savoir-être, pour les étudiants de la formation générale, non pas par rapport à leur contexte social personnel, mais par rapport à leur contexte d’apprentissage. Au lieu de mon doute, il se présentait maintenant une nouvelle avenue pour aborder l’identification et l’organisation des apprentissages des savoir-être.

J’ai déjà présenté, dans un article précédent, un tableau de tâches et de pratiques associées à la fonction d’apprenant. Les expériences que j’avais fait dans le passé étaient d’associer les comportements aux tâches et aux pratiques de travail pour être en mesure de réussir l’action professionnelle visée. J’avais établi dès lors qu’il ne peut y avoir de réalisation complète d’une tâche ou d’une pratique de travail sans l’utilisation des savoirs et  la manifestation des savoir-être. Si l’apprenant est placé dans un contexte de travail artificiel, virtuel ou réel, il pourra alors manifester les savoir-être visés.

En identifiant les tâches et les pratiques de travail d’un apprenant pour apprendre dans un contexte de formation ( CÉGEP, polyvalente ou université ) il sera alors possible d’identifier des comportements qui peuvent rendre signifiant les principes et les valeurs associés à l’apprentissage. Être apprenant constitue une occupation pour celui qui l’exerce. Est-ce que le contexte où les gens apprennent est cohérent par rapport aux tâches que l’apprenant y réalise? C’est une bonne question qu’il faut se poser. Si nous voulons que l’apprenant manifeste les savoir-être nécessaires il faudra que le contexte favorise ces manifestations et que ceux qui y oeuvrent soient des exemples.

Pour l’apprenant, apprendre à manifester les savoir-être, c’est construire son identité personnelle comme son identité professionnelle. L’identité est constituée d’un ensemble de données, de fait, de comportements, d’attitudes, d’actions et d’interactions qui permettent d’établir qu’une personne est bien ce qu’elle prétend être.

En m’inspirant de la dernière réflexion, je pense qu’avant de vouloir changer une personne dans ce qu’elle est, il faudrait savoir ce qu’elle prétend être pour qu’elle puisse faire le premier pas de son évolution, c’est-à-dire le passage du être vers le savoir-être.

 

Comment faire un itinéraire d’apprentissage?

Laisser un commentaire

Je vous présente ici une carte des concepts associés à la réalisation d’un itinéraire d’apprentissage. Pour la réaliser, j’ai fait l’expérimentation d’un petit logiciel sur IPad. Ce logiciel se nomme JOT!. Il est très intéressant par sa simplicité et sa flexibilité. Vous pouvez présenter votre travail directement, avec le connecteur vga, à l’écran si vous n’avez pas de tableau ou vous désirez garder une trace du travail. Ce n’est pas un logiciel de cartographie spécifiquement, il vous permet de dessiner ce que vous désirez avec vos doigts. C’est parfois les outils les plus simples qui sont les plus performants.

Une idée simple : Des Post-It™ pour cartographier les concepts

2 commentaires

J’utilise différents logiciels de carte d’idées, mais la façon la plus efficace, didactiquement parlant, c’est de faire construire, par les apprenants, les cartes en temps réel en classe de manière kinesthésique. Au départ, on demande aux apprenants, en équipe, d’écrire, à partir d’un concept intégrateur, les mots qu’ils associent à ce concept.

Plutôt que de démarrer une formation par un cours de théorie traditionnelle, commencer par une activité qui vous permettra de connaître ce que les apprenants ont comme conception de cette idée. Ce genre d’activité permet à l’apprenant de prendre conscience qu’il sait déjà quelque chose et à l’enseignant d’adapter son cours en conséquence de ce que les apprenants connaissent déjà. Cela permet de gagner du temps, car vous vous rendrez compte que les savoirs que vous vous prépariez à transmettre étaient déjà présents. Cela vous permettra de gagner un temps précieux. Mon expérience m’a amené à constater que les savoirs que je me préparais à transmettre étaient présents dans une proportion de 60 à 80 %.

Il s’agit pour l’enseignant de jouer réellement son rôle d’expert en organisant l’information, en corrigeant les conceptions erronées, en complétant les informations manquantes et en confirmant les conceptions adéquates. Les Post-It™ permettent de placer immédiatement l’apprenant en action et de l’amener à manipuler les informations. L’enseignant peut facilement corriger, organiser et ajouter les conceptions.

Pour conserver l’information, vous photographiez le tableau. Soit que vous imprimiez directement la construction aux apprenants ou que vous la mettiez au propre à l’aide d’un logiciel de cartographie d’idées.

Le Post-It™ est une idée simple et peu coûteuse à haute valeur cognitive.

Bonne construction!

Older Entries Newer Entries

%d blogueurs aiment cette page :