Voici le contenu d’une présentation que j’ai faite dans différents CÉGEP du Québec sur l’utilisation des savoir-être comme objet d’apprentissage.
Du être au savoir-être
12 janvier 2011
La compétence, Le savoir-être, Objet d'apprentissage, Représentation Un commentaire
De l’intention à l’action pédagogique
8 décembre 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Environnement didactique, Les pratiques, Objet d'apprentissage Laisser un commentaire
Faites épanouir votre identité professionnelle
1 décembre 2010
La compétence, Le savoir-être, Objet d'apprentissage Un commentaire
Faire évoluer du être au savoir-être
23 novembre 2010
Apprendre, Environnement didactique, L'apprenant, Le savoir-être, Objet d'apprentissage Laisser un commentaire
J’ai déjà présenté dans mes textes le concept de savoir-être professionnel. Ce concept est abstrait et difficile à saisir pour pouvoir en organiser l’apprentissage. Il demeure essentiel de pouvoir accompagner les apprenants pour les aider à manifester les savoir-être professionnels. Je ne parle pas ici de réaliser des grilles d’observation de critères lors de la réalisation d’un examen, mais d’un changement volontaire et conscient de l’apprenant face aux comportements pertinents à une activité professionnelle.
Depuis ma présentation sur les savoir-être, à l’association québécoise de pédagogie au collégial, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs autres conférences dans les CÉGEPS sur le sujet. La réalité des étudiants en formation générale et en formation préuniversitaire est très différente de la formation technique ou professionnelle. Il est plus difficile d’établir un référentiel commun sur les comportements acceptables ( ici j’utilise le terme acceptable non pas au niveau social, mais acceptable par l’apprenant selon sa perception, son interprétation et ses représentations ) d’un étudiant en formation générale en comparaison avec un étudiant dans une technique.
Lors de l’apprentissage d’un métier ou d’une technique, le référentiel est celui de l’activité professionnelle et de son contexte. L’apprenant aura à adhérer ou non au savoir-être professionnel. Il n’est pas obligé de suivre la formation, il peut choisir une autre activité professionnelle qui correspond mieux à son savoir-être personnel ou adhérer aux savoir-être de la profession et changer en faisant évoluer son savoir-être personnel vers le savoir-être professionnel visé. En formation générale j’avais toujours déduit que le référentiel des comportements était associé aux valeurs et principes de la société. Étant donné qu’il peut y avoir des différences importantes dans les manifestations des valeurs et des principes chez les étudiants, il est alors très difficile, même impossible, de faire consensus, entre les apprenants, les enseignants et le milieu de formation. Ce consensus doit porter sur un référentiel des comportements à manifester. Ces comportements peuvent être très différents selon les milieux sociaux, professionnels et culturels de chacun des intervenants impliqués dans le processus d’apprentissage.
J’ai eu le doute du chercheur. Lors d’une conversation avec un directeur, il est ressorti que ce dernier voulait orienter l’explicitation et l’apprentissage des savoir-être vers le métier d’étudiant. Cette simple idée m’a amené à aborder l’apprentissage du savoir-être, pour les étudiants de la formation générale, non pas par rapport à leur contexte social personnel, mais par rapport à leur contexte d’apprentissage. Au lieu de mon doute, il se présentait maintenant une nouvelle avenue pour aborder l’identification et l’organisation des apprentissages des savoir-être.
J’ai déjà présenté, dans un article précédent, un tableau de tâches et de pratiques associées à la fonction d’apprenant. Les expériences que j’avais fait dans le passé étaient d’associer les comportements aux tâches et aux pratiques de travail pour être en mesure de réussir l’action professionnelle visée. J’avais établi dès lors qu’il ne peut y avoir de réalisation complète d’une tâche ou d’une pratique de travail sans l’utilisation des savoirs et la manifestation des savoir-être. Si l’apprenant est placé dans un contexte de travail artificiel, virtuel ou réel, il pourra alors manifester les savoir-être visés.
En identifiant les tâches et les pratiques de travail d’un apprenant pour apprendre dans un contexte de formation ( CÉGEP, polyvalente ou université ) il sera alors possible d’identifier des comportements qui peuvent rendre signifiant les principes et les valeurs associés à l’apprentissage. Être apprenant constitue une occupation pour celui qui l’exerce. Est-ce que le contexte où les gens apprennent est cohérent par rapport aux tâches que l’apprenant y réalise? C’est une bonne question qu’il faut se poser. Si nous voulons que l’apprenant manifeste les savoir-être nécessaires il faudra que le contexte favorise ces manifestations et que ceux qui y oeuvrent soient des exemples.
Pour l’apprenant, apprendre à manifester les savoir-être, c’est construire son identité personnelle comme son identité professionnelle. L’identité est constituée d’un ensemble de données, de fait, de comportements, d’attitudes, d’actions et d’interactions qui permettent d’établir qu’une personne est bien ce qu’elle prétend être.
En m’inspirant de la dernière réflexion, je pense qu’avant de vouloir changer une personne dans ce qu’elle est, il faudrait savoir ce qu’elle prétend être pour qu’elle puisse faire le premier pas de son évolution, c’est-à-dire le passage du être vers le savoir-être.
Un constructeur d’activités
1 novembre 2010
Didactique professionnelle, Ingénierie, Les pratiques, Objet d'apprentissage, Planification 4 commentaires
Construire des activités est une tâche qui peut devenir complexe assez rapidement. Pour aider les formateurs, j’ai conçu un instrument pour associer l’objet d’une activité à un verbe d’action et à une intention d’accompagnement.
Une activité demande à l’apprenant de réaliser une action en rapport avec un objet à apprendre. Les objets à apprendre sont de différents ordres et ont différentes fonctions dans la tâche professionnelle d’une personne. J’ai fait la liste de ces différents objets utiles à l’activité professionnelle :
• Processus de travail
• Instructions
• Gestes
• Procédure intellectuelle
• Opérations
• Procédure technique
• Tâche
• Problème
• Données
• Concepts
Il est possible d’associer à ces différents objets à apprendre les actions qui devront la mettre en oeuvre. C’est la deuxième composante de mon constructeur. J’ai choisi un certain nombre de verbes génériques qui aide à identifier le genre d’activité selon l’objet à faire apprendre.

Cette liste de verbes n’est pas exhaustive. Les verbes ont été choisis selon leur niveau taxonomique et peuvent s’appliquer à l’ensemble des fonctions de travail. Choisir le verbe à attacher à un objet à apprendre est une étape importante dans l’organisation des apprentissages, car il déterminera l’importance des apprentissages à réaliser. La logique des actions est associée à la logique des objets à faire apprendre. Il faut que l’apprenant apprenne les concepts pour pouvoir comprendre la tâche à réaliser. Il devra également comprendre le problème pour être en mesure de faire les liens avec la tâche à réaliser. Les procédures et instructions sont au service de la tâche à réaliser et du problème à résoudre, etc.
L’utilisation de l’objet à faire apprendre et de l’action à faire réaliser est directement liée à l’intention de l’enseignant, ici appelé accompagnateur. Ces intentions sont de deux ordres. Soit qu’il désire faire réaliser une action avec l’objet où qu’il désire rétroagir sur une action avec l’objet.
Vous pouvez avoir une idée du fonctionnement de cet aide à la tâche à partie du petit vidéo présenté au début de cet article. À défaut d’être un outil fonctionnel pour un enseignant dans l’action, il demeure un outil de réflexion intéressant, il me semble, pour comprendre la complexité du travail pour construire des activités en classe ou en atelier qui sont cohérentes avec les objets d’apprentissages à faire apprendre.
Concevoir un itinéraire pour une séance
22 octobre 2010
Didactique professionnelle, Ingénierie, Les pratiques, Objet d'apprentissage Laisser un commentaire
Un itinéraire d’apprentissage pour faire adhérer et pour motiver
15 octobre 2010
Didactique professionnelle, Instruments didactiques, L'apprenant, Le savoir-faire, Objet d'apprentissage, Planification, Représentation 2 commentaires
Ceci est l’itinéraire que je présente à mes étudiants au début de mon cours de didactique d’une durée de 45 heures.
J’entends souvent des récriminations de la part des enseignants sur le fait que les étudiants ou élèves manquent d’intérêt, manquent de motivation, ne prennent pas d’initiative, ne sont pas autonomes, etc. Avant de jeter le blâme sur la société, les parents, les étudiants, l’école, le programme, le gouvernement, etc, ne vaudrait-il pas mieux d’essayer de trouver des solutions en examinant de plus près la situation qui peut engendrer ces constats.
Comment intéresser un apprenant à apprendre une chose dont il ne perçoit pas la pertinence?
Comment motiver un apprenant à fournir les efforts nécessaires à réaliser des apprentissages dont il n’a pas conscience d’avoir besoin?
Comment amener l’apprenant à prendre des initiatives dans son propre cheminement s’il n’a pas idée où il doit se rendre?
Comment susciter chez l’apprenant le désir d’autonomie qui fera en sorte de faire de lui un véritable apprenant?
J’ai voulu répondre à ces questions, didactiquement parlant, en proposant un instrument relativement simple que j’ai nommé «Itinéraire d’apprentissage». Accompagner un apprenant dans ses apprentissages exige que ce dernier ait une idée d’où il vient, où il est et où il va. Accompagner ne veut pas dire guider. Le guide se situe généralement en avant et les personnes qu’il guide le suivent. Accompagner c’est être à côté pour aider l’apprenant à aller où il doit et où il veut aller. La façon de lui indiquer le chemin à parcourir c’est de lui remettre la liste séquencée des apprentissages à réaliser pour atteindre le but visé. Les apprentissages ici doivent être exprimés sous la forme d’action à réaliser et de résultat attendu. Le résultat ici ne s’exprime pas sous la forme de % mais d’un livrable constituant une production concrète de l’apprentissage à réaliser avec des indicateurs de réussite.
J’ai vu plusieurs enseignants remettent à leurs élèves une copie du plan de cours ou du programme. Ces deux documents ont peu de sens pour l’apprenant et ne reflètent en rien les résultats des apprentissages à réaliser et de l’effort à fournir. Si un enseignant a correctement planifié et organisé sa formation, il devrait être en mesure d’annoncer à l’apprenant les apprentissages qu’il réalisera. Cet itinéraire permet à l’apprenant d’anticiper le changement qui se produira entre son entrée en formation et sa sortie et à l’enseignant de rendre plus concret les apprentissages à faire réaliser. L’apprenant peut alors s’investir dans ses apprentissages étant ainsi conscient du cheminement attendu. Ce volet de conscience pragmatique permet à ce dernier d’adhérer pleinement à la formation ou encore de changer de milieu de formation parce que le cheminement ne lui convient pas.
Apprendre se doit d’être un acte conscient, volontaire, autonome et social. À cet égard, l’itinéraire des apprentissages se veut un outil didactique, qui joue ici le rôle de contrat didactique entre lui et son accompagnateur, simple et performant qui permet d’anticiper et de réguler le cheminement des apprentissages pour l’enseignant et pour l’apprenant .
Savoir-être compétent
14 septembre 2010
Apprendre, Didactique professionnelle, Le savoir-être, Objet d'apprentissage Un commentaire
Je travaille depuis quinze ans à essayer de saisir le savoir-être comme objet d’apprentissage. La tâche n’est pas simple. Les représentations que les gens ont du savoir-être sont très variées. Pour certains, ce sont des valeurs, des principes ou des règles pour d’autres ce sont des qualités, des aptitudes ou des comportements.
Plusieurs confondent le savoir-être professionnel avec le savoir-être personnel. Il peut y avoir confusion entre éduquer une personne et l’instruire. Le savoir-être vu comme un objet d’apprentissage dans un programme de formation professionnelle ou technique doit être analysé sous l’angle professionnel et non à partir de l’angle personnel. C’est le savoir-être professionnel auquel l’apprenant doit adhérer et qu’il doit apprendre. Ce n’est que par la suite que le transfert se fera aux comportements personnels de l’individu. Contrairement aux pratiques d’encadrement généralement orientées vers le savoir-être personnel, qui s’adresse surtout aux comportements généraux et aux activités de formation dans un établissement, il s’agit ici de prendre un détour pour changer les comportements personnels par le chemin du comportement professionnel et ainsi adopter une approche formative plutôt que répressive.
Le savoir-être n’est pas qu’une connaissance, c’est un état. Un savoir-être peut être considéré comme transversal, même si le terme en fait sursauter plusieurs. Lorsque le savoir-être est appris et intégré il se transfère et contamine, positivement, les comportements où il doit se manifester, qu’ils soient professionnels ou personnels. Code de vie et code de savoir-être n’ont pas le même sens et la même utilité dans l’apprentissage d’un métier ou d’une profession.
Le code de vie d’un milieu de formation a pour fonction de faire cohabiter un certain nombre de personnes ensemble. Cet instrument est surtout basé sur ce que l’on peut appeler le civisme, la courtoisie et la bienséance. Dans un milieu de formation le code de vie, comme le code de la sécurité routière, doit être respecté pour le bien de la collectivité.
Il en va tout autrement avec ce que j’appelle le code de savoir-être. Ce dernier est composé des éléments qui caractérisent l’identité professionnelle en traçant une ligne de conduite à laquelle l’apprenant devra adhérer et qu’il devra manifester durant ses apprentissages, permettant ainsi, aux formateurs comme à lui-même, d’observer le développement de sa compétence professionnelle. Cette ligne de conduite professionnelle devient alors un objet d’apprentissage que nous devons expliciter, formaliser et contextualiser pour en favoriser l’apprentissage et la manifestation.
Le savoir-être professionnel, de par sa dénomination, nous indique trois termes qu’il faut bien comprendre pour pouvoir le transformer en un véritable objet d’apprentissage. Le concept de «savoir» nous réfère à un ensemble de connaissances organisé. Le concept de «être» indique ce qui caractérise l’existence d’une personne ou d’un individu. Nous pouvons donner un sens à «savoir-être» comme étant un ensemble organisé de connaissances qui caractérise un individu. Le concept de professionnel a le sens d’un type d’occupation rémunérée qu’il occupera.
Le savoir-être professionnel est ici interprété comme étant un ensemble organisé de connaissances qui permet à un individu d’être reconnu dans ses actions et ses tâches comme compétent dans sa profession. Le schéma que je présente au début de l’article représente les différentes composantes du savoir-être professionnel à tenir compte lors de l’explicitation, de la formalisation et de la contextualisation de l’objet d’apprentissage. Cette liste n’est pas exhaustive, mais explicite des connaissances qu’il faudrait que l’apprenant apprenne pour être en mesure de percevoir, adhérer, s’approprier et manifester les comportements professionnels désirés.
Lorsque l’objet est bien défini, la didactique peut ensuite jouer son rôle !
Exemple d’un champ conceptuel en cuisine
4 septembre 2010
Instruments didactiques, Langage, Le savoir, Objet d'apprentissage, Représentation 2 commentaires
Pratique sur les savoir-être
16 août 2010
Le savoir-être, Objet d'apprentissage, Pratique pédagogique 4 commentaires
Voici une présentation que je viens de faire pour les professeurs du collégial sur la mise en pratique des savoir-être. La présentation illustre les différents éléments à considérer pour tenir compte des savoir-être professionnels comme objet d’apprentissage. Le défi le plus important pour considérer le développement des attitudes professionnelles c’est d’adapter ses pratiques d’enseignement/apprentissage aux savoir-être à développer.
Présentement c’est une version muette. La version sonore suivra un peu plus tard!
Vous pouvez accéder à la présentation originale à l’adresse suivante : http://www.supor.org/Book/pratiquesev2










Commentaires récents