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Fondements pragmatiques d’une didactique professionnelle

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Les attentes du savoir-être.

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L’organisation de l’apprentissage des savoir-être est un chantier en constante évolution. Je vous présente ici un instrument, que j’ai appelé «Le qualificateur d’intentions».

J’ai déjà spécifié que pour faire apprendre les savoir-être il fallait les identifier, en donner le sens, y associer des indicateurs ainsi que des moyens pour en provoquer la manifestation. Après plusieurs travaux je me rends compte qu’au départ il n’y a rien pour identifier les intentions. C’est pourquoi je propose cet instrument de réflexion pour faire le va-et-vient entre le savoir-être à choisir, sons sens et les intentions professionnelles que j’ai de vouloir faire développer cette attitude.

Les intentions sont exprimées de manière à faire évoquer les manifestations voulues des attitudes visées. J’ai identifié ces intentions à partir de qualités et de comportements professionnels génériques. Les intentions sont des comportements que l’on pourrait qualifier de transversaux. Ils ne correspondent pas à des comportements spécifiques, mais ce que nous espérons qu’il y ait en arrière de ce comportement. Par exemple, plusieurs exigeront des apprenants le vouvoiement pour observer le respect. Le vouvoiement est un indicateur qui ne reflète pas réellement l’intention que nous pouvons avoir. Le savoir-être visé est le respect, la manifestation est le vouvoiement, l’intention serait plutôt de démontrer du respect, d’interagir avec les autres ou d’apprécier les personnes. Je pense qu’en associant  les intentions aux savoir-être, il est plus facile d’en identifier les indicateurs pour en observer la manifestation.

Je vous souhaite de joyeuses fêtes de Noël.

 

De l’intention à l’action pédagogique

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Un constructeur de stratégies

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Pour ceux qui veulent se fabriquer cet outil j’inclus ici le fichier.

Constructeur de strategies didactiques

 

Le constructeur de stratégies vous permet de vous questionner et de considérer les différents éléments qui entrent en jeu lors de l’élaboration d’une séance de formation.

La partie extérieure présente les différentes étapes du déroulement d’une séance de formation :
1. La stimulation de l’apprenant, par une activité ludique, qui l’amène à se rendre compte de ce qu’il connaît et de ce qu’il ignore. C’est l’étape du déséquilibre cognitif.
2. La mobilisation amène l’apprenant à décider que le jeu en vaut la chandelle. La découverte de sens des apprentissages l’amène à vouloir investir les efforts nécessaires aux apprentissages. C’est l’étape de la découverte de sens associée au besoin ou au désir d’apprendre. C’est le conflit cognitif.
3. L’application fait en sorte que l’apprenant applique dans des tâches les apprentissages réalisés dans l’étape précédente. C’est l’étape de la mise en oeuvre des apprentissages réalisés.
4. Le transfert amène l’apprenant à être en mesure d’utiliser ses nouveaux savoirs dans un contexte différent. C’est l’étape où l’apprenant décontextualise et recontextualise. Il se retrouve face à des situations qui lui demandent de réorganiser ses savoirs. C’est à ce moment qu’il y a constat d’un développement de la compétence professionnelle.
5. L’évaluation consiste à la prise de conscience des apprentissages réalisés ou à la confirmation des objectifs rencontrés. C’est l’étape où la compétence est confirmée.

La deuxième partie (en bleu) du constructeur indique les éléments à considérer pour chacune des étapes de la stratégie :

• Les concepts qui seront utilisés.
• La durée de l’étape.
• Le contexte qu’il faudra mettre en place pour réaliser l’étape.
• L’action que le formateur ou l’enseignant devra réaliser durant l’étape.
• L’action que l’apprenant devra réaliser durant l’étape.
• Les moyens qui seront nécessaires pour faire réaliser les actions durant l’étape.
• L’environnement d’apprentissage qu’il faudra favoriser et mettre en place pour que l’apprentissage puisse se réaliser.
• Un événement qui provoquera la réalisation de l’étape et qui évitera que l’apprenant se pose la question « Qu’est-ce que cela donne d’apprendre cela?»

La partie du centre de l’organisateur permet de considérer les composantes de la compétence dans la stratégie.
• Le savoir touche les connaissances que l’apprenant devra utiliser pour manifester sa compétence.
• Le savoir-faire touche les pratiques qu’il devra réaliser pour manifester sa compétence.
• Le savoir-être touche les attitudes et les qualités qui feront partie de son identité professionnelle et qui sont nécessaires pour pouvoir manifester la compétence professionnelle.

En jouant avec ces composantes d’une stratégie, cela permet de s’élaborer un schème opératoire fonctionnel et pragmatique de l’élaboration d’une stratégie d’enseignement favorisant les apprentissages nécessaires à la manifestation de la compétence professionnelle.

 

 

Voir ce que l’on entend.

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Voici une présentation que j’ai préparée dernièrement pour la journée pédagogique nationale en formation professionnelle. Le thème de cette journée portait sur les 12 compétences de l’enseignant en formation professionnelle. J’ai voulu présenter une réflexion sur chacune des compétences pour demander aux participants ce qu’ils percevaient des compétences énoncées. La présentation que j’ai faite était totalement différente. Cela indique qu’il faut toujours être prêt à s’adapter aux intérêts de son auditoire. Si vous désirez voir la présentation qui a été faite, elle se trouve à l’adresse « http://www.supor.org/Book/voirentend».

Un constructeur d’activités

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Construire des activités est une tâche qui peut devenir complexe assez rapidement. Pour aider les formateurs, j’ai conçu un instrument pour associer l’objet d’une activité à un verbe d’action et à une intention d’accompagnement.

Une activité demande à l’apprenant de réaliser une action en rapport avec un objet à apprendre. Les objets à apprendre sont de différents ordres et ont différentes fonctions dans la tâche professionnelle d’une personne. J’ai fait la liste de ces différents objets utiles à l’activité professionnelle :

• Processus de travail
• Instructions
• Gestes
• Procédure intellectuelle
• Opérations
• Procédure technique
• Tâche
• Problème
• Données
• Concepts

Il est possible d’associer à ces différents objets à apprendre les actions qui devront la mettre en oeuvre. C’est la deuxième composante de mon constructeur. J’ai choisi un certain nombre de verbes génériques qui aide à identifier le genre d’activité selon l’objet à faire apprendre.

Cette liste de verbes n’est pas exhaustive. Les verbes ont été choisis selon leur niveau taxonomique et peuvent s’appliquer à l’ensemble des fonctions de travail. Choisir le verbe à attacher à un objet à apprendre est une étape importante dans l’organisation des apprentissages, car il déterminera l’importance des apprentissages à réaliser. La logique des actions est associée à la logique des objets à faire apprendre. Il faut que l’apprenant apprenne les concepts pour pouvoir comprendre la tâche à réaliser. Il devra également comprendre le problème pour être en mesure de faire les liens avec la tâche à réaliser. Les procédures et instructions sont au service de la tâche à réaliser et du problème à résoudre, etc.

L’utilisation de l’objet à faire apprendre et de l’action à faire réaliser est directement liée à l’intention de l’enseignant, ici appelé accompagnateur. Ces intentions sont de deux ordres. Soit qu’il désire faire réaliser une action avec l’objet où qu’il désire rétroagir sur une action avec l’objet.

Vous pouvez avoir une idée du fonctionnement de cet aide à la tâche à partie du petit vidéo présenté au début de cet article. À défaut d’être un outil fonctionnel pour un enseignant dans l’action, il demeure un outil de réflexion intéressant, il me semble, pour comprendre la complexité du travail pour construire des activités en classe ou en atelier qui sont cohérentes avec les objets d’apprentissages à faire apprendre.

Une image vaut mille mots. Neuf images valent?

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Une image vaut mille mots. Pourquoi ne pas s’en servir pour représenter aux apprenants une façon de faire? Ce type d’aide à la tâche est très efficace et simple à faire. Elle permet à l’enseignant de représenter facilement ses attentes et à l’apprenant de se faire une représentation conceptuelle, structurelle et fonctionnelle de ces attentes.

 

Concevoir un itinéraire pour une séance

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Comment faire un itinéraire d’apprentissage?

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Je vous présente ici une carte des concepts associés à la réalisation d’un itinéraire d’apprentissage. Pour la réaliser, j’ai fait l’expérimentation d’un petit logiciel sur IPad. Ce logiciel se nomme JOT!. Il est très intéressant par sa simplicité et sa flexibilité. Vous pouvez présenter votre travail directement, avec le connecteur vga, à l’écran si vous n’avez pas de tableau ou vous désirez garder une trace du travail. Ce n’est pas un logiciel de cartographie spécifiquement, il vous permet de dessiner ce que vous désirez avec vos doigts. C’est parfois les outils les plus simples qui sont les plus performants.

Un itinéraire d’apprentissage pour faire adhérer et pour motiver

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Ceci est l’itinéraire que je présente à mes étudiants au début de mon cours de didactique d’une durée de 45 heures.

J’entends souvent des récriminations de la part des enseignants sur le fait que les étudiants ou élèves manquent d’intérêt, manquent de motivation, ne prennent pas d’initiative, ne sont pas autonomes, etc. Avant de jeter le blâme sur la société, les parents, les étudiants, l’école, le programme, le gouvernement, etc, ne vaudrait-il pas mieux d’essayer de trouver des solutions en examinant de plus près la situation qui peut engendrer ces constats.

Comment intéresser un apprenant à apprendre une chose dont il ne perçoit pas la pertinence?

Comment motiver un apprenant à fournir les efforts nécessaires à réaliser des apprentissages dont il n’a pas conscience d’avoir besoin?

Comment amener l’apprenant à prendre des initiatives dans son propre cheminement s’il n’a pas idée où il doit se rendre?

Comment susciter chez l’apprenant le désir d’autonomie qui fera en sorte de faire de lui un véritable apprenant?

J’ai voulu répondre à ces questions, didactiquement parlant, en proposant un instrument relativement simple que j’ai nommé «Itinéraire d’apprentissage». Accompagner un apprenant dans ses apprentissages exige que ce dernier ait une idée d’où il vient, où il est et où il va. Accompagner ne veut pas dire guider. Le guide se situe généralement en avant et les personnes qu’il guide le suivent. Accompagner c’est être à côté pour aider l’apprenant à aller où il doit et où il veut aller. La façon de lui indiquer le chemin à parcourir c’est de lui remettre la liste séquencée des apprentissages à réaliser pour atteindre le but visé.  Les apprentissages ici doivent être exprimés sous la forme d’action à réaliser et de résultat attendu. Le résultat ici ne s’exprime pas sous la forme de % mais d’un livrable constituant une production concrète de l’apprentissage à réaliser avec des indicateurs de réussite.

J’ai vu plusieurs enseignants remettent à leurs élèves une copie du plan de cours ou du programme. Ces deux documents ont peu de sens pour l’apprenant et ne reflètent en rien les résultats des apprentissages à réaliser et de l’effort à fournir. Si un enseignant  a correctement planifié et organisé sa formation, il devrait être en mesure d’annoncer à l’apprenant les apprentissages qu’il réalisera. Cet itinéraire permet à l’apprenant d’anticiper le changement qui se produira entre son entrée en formation et sa sortie et à l’enseignant de rendre plus concret les apprentissages à faire réaliser. L’apprenant peut alors s’investir dans ses apprentissages étant ainsi conscient du cheminement attendu. Ce volet de conscience pragmatique permet à ce dernier d’adhérer pleinement à la formation ou encore de changer de milieu de formation parce que le cheminement ne lui convient pas.

Apprendre se doit d’être un acte conscient, volontaire, autonome et social. À cet égard, l’itinéraire des apprentissages se veut un outil didactique, qui joue ici le rôle de contrat didactique entre lui et son accompagnateur, simple et performant qui permet d’anticiper et de réguler le cheminement des apprentissages pour l’enseignant et pour l’apprenant .

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