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Éléments à risque de perturbation du processus d’apprentissage

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Je suis à construire un outil didactique qui permettra d’interagir avec un enseignant ou un formateur en formation pour l’amener à se construire une représentation fonctionnelle des situations d’enseignement qu’il aura à gérer. J’ai identifié cinq composantes à considérer pour être en mesure d’agir. L’apprenant, l’objet d’apprentissage, la finalité de la formation, l’intention de la formation et le lieu constituent ces cinq éléments. L’élément le plus dynamique à gérer dans une situation d’enseignement ce sont les caractéristiques des apprenants. Pour organiser une formation, il faut être en mesure de réfléchir sur les mesures d’atténuation à mettre en place de façon préventive pour diminuer les risques de perturbation des apprentissages.

J’ai élaboré un petit jeu de cartes où l’enseignant peut choisir les caractéristiques des apprenants qu’il désire considérer et par la suite il s’agira d’élaborer les moyens ou des stratégies pour atténuer les effets de ces caractéristiques. Cette liste de caractéristiques n’est pas exhaustive, mais elle représente ce que j’ai pu recueillir jusqu’à maintenant sur les éléments qui pouvaient venir perturber le fonctionnement d’une formation si nous ne les considérions pas.

Vous devez penser autrement!

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Faire apprendre a toujours été une tâche complexe. Il allait de soit qu’anciennement les pratiques étaient basées sur des croyances plutôt que sur des connaissances scientifiques. Même aujourd’hui, où la science a fait augmenter de façon très importante l’éducation, les croyances sont encore tenaces. Des croyances, par exemple, qui portent à croire qu’un élève docile est un bon élève, que la discipline est garante du respect, qu’il est nécessaire que le professeur énonce les savoirs pour qu’ils puissent être appris, qu’un élève qui écoute est en train d’apprendre, que les notes sont nécessaires pour motiver les élèves, que sans les notes il n’est plus possible de contrôler la classe, que les professeurs sévères sont les meilleurs, etc. À une certaine époque pour réaliser la fonction d’enseignant ou de formateur il fallait surtout avoir une bonne morale, un peu de talent, de l’endurance, de l’autorité et quelques connaissances sur la matière à enseigner.

Je désire, cette année, continuer à faire avancer concrètement les pratiques d’enseignement favorables au développement des compétences. Ma démarche va faire en sorte de proposer de nouvelles pratiques qui j’espère seront devenir novatrices. Nous allons ensemble penser autrement. Au lieu de partir des problèmes à résoudre, je vous propose de faire en sorte d’éviter de vivre les problèmes. Lorsque je demande à mes étudiants de m’exprimer des problèmes qu’ils vivent lorsqu’ils donnent des cours, je me rends compte que ce sont généralement toujours les mêmes problèmes qui reviennent. Pourquoi il faut attendre que le problème se présente pour le résoudre ? Étant donné que nous connaissons les problèmes, il s’agit de faire en sorte de ne pas les revivre perpétuellement.

Je désire traiter de deux volets avec un regard différent. Le premier volet consiste à aborder de façon préventive la résolution de problèmes associée à l’enseignement. Le deuxième volet touchera la didactique ayant pour finalité de résoudre des problèmes vécus par les apprenants pour ainsi faciliter l’apprentissage.

Je débuterai mes réflexions par le volet de l’enseignement. Vous constaterez que j’aborde l’enseignement par six angles différents, figure suivante, à ce que nous sommes habitués de lire dans des textes sur la gestion de classe et l’enseignement. Je traite de l’enseignement comme tout ce que l’enseignant met en place pour favoriser ses relations avec les apprenants et les relations de l’apprenant avec lui. Ce volet me semble à la base du déroulement serein d’un milieu d’apprentissage. Par la suite je traiterai, avec le volet didactique, des ressources, instruments et environnements à concevoir, fabriquer et mettre en place pour faciliter les apprentissages des apprenants.

Je vais vous proposer, dans mes articles à venir, ma représentation des concepts associés aux questions que je me pose et aux solutions que je propose. Six questions seront à l’origine de mes réflexions :

À partir de la relation d’enseignement :

1. Comment amener les apprenants à fournir les efforts nécessaires aux apprentissages?

2. Comment adapter le rythme d’apprentissage des apprenants au cheminement de la formation?

3. Comment donner accès, aux apprenants, au langage et à la culture professionnels?

4. Comment disposer et faire adhérer les apprenants au processus et à la finalité de la formation?

5. Comment favoriser la réussite des objectifs, des intentions et du but du programme?

6. Comment exploiter les différents styles d’apprentissage des apprenants?

Je vous invite à échanger et à proposer des problèmes qui relèvent de la relation d’enseignement pour qu’ensemble nous puissions mettre en place une communauté de pratiques novatrices en enseignement professionnel.


L’autruche, le magicien et le compétent

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C’est à croire qu’en formation professionnelle tout est toujours à recommencer. Un sage a déjà dit que si nous ne connaissons pas notre histoire nous sommes condamnés à revivre nos erreurs. C’est malheureusement le cas en formation professionnelle. Sans me prendre pour Lafontaine j’ai voulu emprunter à son style pour présenter un titre de fable.

Ici l’autruche symbolise la population en général, le magicien représente les personnes qui veulent manipuler ou créer des illusions à l’autruche et le compétent est celui qui sait, la référence, mais on ne le connaît pas. Je vous laisse trouver qui sont symbolisés par le magicien illusionniste.

Plusieurs actions, constatations, décisions, événements et réactions m’amènent à constater que la formation professionnelle et technique est sur le point de vivre un virage et pas des meilleurs. Il y a eu une consultation provinciale dans les derniers mois sur l’adéquation formation main-d’oeuvre. Depuis quelque temps nous constatons également un désengagement du ministère de l’Éducation envers la formation professionnelle par des transferts de responsabilités et des coupures budgétaires importantes.

De plus, des décisions à courte vue sont prises dans les commissions scolaires en ce qui a trait à l’intégration de plus de jeunes en FP, d’élèves en difficultés et de décrocheurs. Au niveau collégial il y des pressions pour faire diplômer les étudiants plus rapidement. Des enseignants me parlent des nouvelles clientèles en formation professionnelle, les élèves en difficultés n’ayant pas les préalables ou ayant des troubles d’apprentissage. Le ministère de l’Éducation ne fournira plus les tableaux de spécification pour l’évaluation en reconnaissance des compétences. La responsabilité de l’élaboration des programmes sera dévolue aux commissions scolaires. La rationalisation des programmes en FPT par souci d’économie. La remise en question de la formation des enseignants, car elle semble trop longue. Etc.

Les astres s’alignent pour un nouvel affront à la formation professionnelle. Les magiciens savent que les autruches sont facilement influençables et qu’elles ont tendance à se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité. C’est pour cela que le magicien utilise, comme dans le passé, de bonnes intentions pour donner l’illusion que c’est la vertu qui le motive. Oui, la vertu de l’intégration des élèves en difficultés, des passerelles pour éviter les culs de sac, de la rationalisation pour mieux gérer les ressources, de l’adéquation avec le marché du travail, de l’augmentation des jeunes en formation professionnelle, de la reconnaissance des acquis, de la formation continue en entreprise, de la qualification en entreprise, de la diplomation en entreprise, de la mondialisation des marchés, de l’économie du savoir, de la pénurie de la main-d’oeuvre ou encore, les mots qui éliminent toute objection, en utilisant le raccrochage, la persévérance et la réussite scolaire.

La table est mise pour le grand banquet comme lors de la réforme Parent, dans les années soixante, où la formation professionnelle, qui était un modèle à l’époque, pour de bonnes intentions ou un intérêt supérieur, a été intégrée aux polyvalentes, accessoirement pour se les payer. Cela aura pris vingt-cinq ans pour remettre la FP sur les rails avec la réforme de 1986, avec Claude Ryan et  Jacques Henry, en proposant l’approche par compétences et la construction de nouveaux établissements que nous appelons centres, anciennement les écoles de métier. Cela fait vingt-cinq ans que la réforme de la FP a été initiée, il est temps pour ses démons de réapparaître. Le système scolaire est tanné de tourner en rond avec ses élèves qui ne fonctionnent pas dans le modèle scolaire. Il est maintenant temps de mettre les pendules à l’heure et de rappeler à la FP ses devoirs. Finalement, ce n’est pas si compliqué d’être un mécanicien, une secrétaire, un vendeur, un soudeur ou un usineur. Pour qui se prend la formation professionnelle en exigeant une bonne formation de base aux élèves pour pouvoir devenir des ouvriers autonomes et compétents?  Fini le chichi, la FP c’est la soupape pour intégrer tout le monde quoi qu’en dise ses artisans. Si les programmes sont trop exigeants, que cela ne tienne, nous allons laisser les milieux fabriquer les programmes. Si les examens sont trop difficiles, que cela ne tienne nous allons leur laisser le loisir de fabriquer les examens. Il n’y a plus de problème, la FP sera remise à sa place et l’autruche est contente, elle n’a rien vu passer, le magicien était habile. L’autruche ne se pose plus de question, l’illusion est complète, la FP revient à son point de départ. Ses professeurs vont se transformer d’expert d’une discipline à orthopédagogue, magie, ou en travailleur social, remagie, tout en relevant les défis de l’économie du savoir sans perfectionnement, reremagie.

Nouvelle attaque, d’autres magiciens apparaissent lorsque certaines autruches se questionnent sur l’insertion professionnelle des élèves. Voyons donc, apprendre un métier ce n’est pas à l’école que tu apprends cela, c’est sur le tas dans l’entreprise pour devenir un bon travailleur productif, pour être en mesure de faire face à la compétitivité. T’apprends ton métier directement en entreprise et on va te donner ton diplôme en même temps, c’est t’y pas beau ça!

Comment des formateurs en entreprise vont-ils pouvoir faire cela? Magie. Comment s’assurer que les diplômes auront la même valeur? Remagie. Comment s’assurer que l’on ne formera pas seulement un travailleur pour une entreprise plutôt qu’un citoyen maître de sa compétence? Reremagie.

La formation professionnelle, pour l’autruche c’est un pis aller. Des jeunes intelligents ça va à l’université. Tu vas en FP quand tu ne peux pas aller ailleurs.

Vous allez me demander que fait le compétent dans l’histoire? Il fait son possible il essaie d’expliquer, de comprendre et d’intervenir, mais il n’est pas magicien. Pendant qu’il développe ses compétences le magicien développe la mystification et l’autruche ne peut voir la différence entre quelqu’un qui sait et quelqu’un qui la manipule.

L’autruche finit par croire le magicien, car il lui dit ce qu’elle veut entendre!

La poule ou l’oeuf? (Immersion et insertion professionnelle des profs en FP)

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Voici une présentation que je viens de faire au congrès de la TREAQ-FP (Table des responsables de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle des commissions scolaires du Québec).

L’atelier portait sur : «L’accompagnement des nouveaux enseignants en formation professionnelle en deux temps : période d’immersion et période d’insertion professionnelle ».

Un constat important porte sur le fait qu’il n’y a pas un soutien aux enseignants proportionnel à l’importance de demander à une personne d’apprendre son métier d’enseignant sur le tas. Nous devrions être en mesure de fournir au nouvel enseignant en immersion des modèles pédagogiques et didactiques qui l’amèneront à comprendre les pratiques pédagogiques de l’établissement de formation, par la suite de comprendre les fondements et finalement de fonctionner de façon autonome et professionnelle.

Pour ce faire, il faut de l’accompagnement. Là encore, nous nous retrouvons, de façon générale, avec un conseiller pédagogique qui a appris sa profession de conseiller sur le tas après avoir appris son métier d’enseignant sur le tas. Je pense, pour faire face aux défis de l’avenir en formation professionnelle, qu’il faut arrêter de tourner en rond et de penser que la profession d’enseignant à quelque chose de génétique plutôt que scientifique, « tu l’as ou tu l’as pas ».

De l’accompagnement pour appliquer la vision des pratiques de formation du milieu et des instruments pour en comprendre l’application. Mais pour être en mesure de relever ce défi, il faut placer notre questionnement plus loin que de remettre en cause le baccalauréat des enseignants. La finalité de cette formation ne devrait pas être remise en question. Ce sont plutôt les modalités.

Une suggestion touche l’accessibilité de la formation pour tous. Les conseillers pédagogiques en formation professionnelle devraient être la référence des établissements de formation en ce qui a trait à la pédagogie et aux pratiques mises en oeuvre dans les milieux. Pour ce faire, il faut les reconnaître comme telles et les former en conséquence pour les diplômer et les utiliser comme formateur d’enseignants de première ligne. Ce sont eux qui les accueillent et les accompagnent. Ce sont eux qui devraient recueillir le patrimoine culturel des pratiques d’enseignement propres à la vision et aux objectifs du centre. C’est ce que Le Boterf nomme les compétences collectives. Malheureusement, ce n’est que rarement le cas. Ce sont eux qui devraient avoir la charge officielle de faire les premières formations et qualifier les enseignants dans leurs premières pratiques.

C’est par la formation que nous serons en mesure de faire face aux défis de la formation professionnelle et de la main-d’oeuvre. Il faudrait tout de même croire à notre credo, c’est ce que nous disons à nos étudiants. Nous sommes les milieux de formation les plus importants et c’est nous qui formons le moins, de façon continue, nos personnels. C’est tout de même un paradoxe sur lequel il faudrait, en plus d’y penser, agir avant de nous le faire mettre sur le nez.

Enseigner ce n’est pas de la magie et cela ne relève pas d’une génération spontanée. On ne vient pas au monde professeur, contrairement à une certaine époque où l’on parlait de vocation. Enseigner c’est une profession complexe qui ne s’apprend plus sur le tas. On n’oserait jamais demander à un futur médecin de commencer à pratiquer et ensuite aller se faire former. Il ne serait même pas acceptable qu’il se forme au même moment où il travaille, pourtant c’est ce que nous demandons à nos nouveaux enseignants. Même si vous me dites que ce n’est pas pareil, il y a quand même certaines similitudes, le fait de jouer dans le cerveau de nos futurs travailleurs par exemple!

Suite à venir, ce n’est qu’un début …

Présentation en PDF

Approche pédagogique différenciée

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La FP cherche le trouble et elle va le trouver

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Un nouveau chantier à ouvrir en formation professionnelle. Les élèves ayant des troubles d’apprentissage arrivent en formation professionnelle, de l’avis d’un certain nombre d’intervenants. Lors d’une rencontre, dernièrement, où nous étions à la recherche de thèmes pour des perfectionnements à offrir aux enseignants, une proposition a été faite pour offrir aux enseignants une formation pour les aider à gérer les nouveaux élèves ayant des troubles d’apprentissage.

J’étais surpris que l’on aille si rapidement offrir une formation sur un sujet qui n’a pas encore été discuté pour en établir les fondements, la pertinence et une compréhension univoque en formation professionnelle. De quoi parle-t-on quand nous parlons de troubles d’apprentissage? À mon interrogation on m’a répondu que c’est un fait et que présentement nos pauvres enseignants sont démunis par rapport à ce problème. Suite à de nouvelles questions sur une position que nous devrions prendre et d’émettre un avis sur ce nouveau phénomène, je me suis fait répondre que ce n’était pas le temps de faire de la politique et des discussions universitaires, il fallait être concret et donner des outils pour aider le quotidien de nos enseignants.

N’allez pas croire que je m’oppose à l’intégration des élèves ayant des troubles d’apprentissage. Mon questionnement est en amont et considère le supposé problème sous un autre angle. Ce à quoi je m’objecte c’est de continuer le profilage que l’on fait de ces élèves en FP que l’on a conforté avec un diagnostic faisant en sorte de leur offrir un bouclier à la nécessité de développer les compétences nécessaires à l’insertion au marché du travail. Dans la mesure où c’est encore le but de la formation professionnelle.

Il faut comprendre que peu importe le trouble d’apprentissage, l’élève admis en FP doit répondre aux exigences d’admission. Dans la mesure où c’est encore une exigence.

Ma position est qu’avant de cataloguer l’apprenant comme ayant un trouble, c’est de se questionner si ce n’est pas un trouble d’enseignement qui pourrait être à l’origine du trouble d’apprentissage, je parle ici de formation professionnelle. Tant que l’enseignant ne se questionne pas sur ses pratiques d’enseignement et ses effets, on ne peut affirmer que c’est l’élève qui a des troubles. La pire chose pour un processus d’apprentissage c’est de considérer que quelqu’un a du trouble avec ce processus. Ma crainte est que le fait d’annoncer le trouble avant qu’il arrive que nous amplifions ce trouble en le considérant comme une limitation plutôt que comme une caractéristique de l’apprenant.

Dans une classe de FP il y a beaucoup plus d’élèves que l’on pense qui ont des troubles d’apprentissage sans avoir de pathologie. Il ne faut pas oublier qu’une grande partie de nos profs apprennent le métier d’enseignant sur le tas et finissent par se convaincre que le trouble ne peut être en lien avec leur enseignement, mais sont généralement associés au manque de maturité, de motivation, d’intérêt ou d’intelligence de l’élève.

Il faut arrêter de faire croire que l’on peut régler les problèmes ou les troubles liés à l’apprentissage par des trucs de gestion de classe ou des protocoles d’évaluation. Pour régler des problèmes ou des troubles d’apprentissage, il faut comprendre comment l’apprentissage fonctionne. Il faut arrêter de penser que c’est l’élève le problème. Les pratiques d’enseignement que je constate en classe relèvent d’une période que je ne daterai pas de peur d’insulter les utilisateurs. Nous appellerions cela de l’archéologie pédagogique.

Notre ami Piaget a souligné à un moment, et je suis d’accord avec lui, que ce n’est pas la matière qui est difficile à apprendre, c’est la manière dont nous faisons apprendre cette matière qui est difficile pour l’élève.

Au lieu d’aborder l’élève comme étant à l’origine du problème ou d’un trouble associé à un processus que je ne comprends généralement pas il faudrait aborder une démarche d’enseignement différentié qui respecterait les styles d’apprentissage de chacun des élèves. Je suis convaincu, après mainte expérimentations, que l’on doit travailler sur des pratiques d’enseignement préventives aux problèmes et aux troubles d’apprentissage plutôt que sur des mesures curatives pour gérer les élèves qui ont des problèmes et des troubles.

Mes prochains articles vont traiter de ce phénomène et de sa prise en considération pour éviter de chercher le trouble que l’on a souvent soi-même créé professionnellement ou socialement. Malgré les septiques il est possible d’organiser des formations qui considèrent les styles d’apprentissage de chacun des élèves. Il faut simplement accepter de penser autrement, mais encore faut-il vouloir penser.

Qu’en pensez-vous? Aidez-moi à comprendre ce qui se passe.

Des TIC aux TAAC

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Les TIC sont à la mode depuis une dizaine d’années. Qui les utilise? Pourquoi ont les utilise? Qu’est-ce que cela améliore?

Le but ne doit pas être d’utiliser les technologies de l’information et des communications, mais se servir de ces technologies pour articuler des intentions pédagogiques et didactiques permettant d’améliorer les apprentissages. Pour que la majorité des enseignants aient besoin de se servir de ces technologies, il va falloir faire la démonstration qu’ils vont gagner du temps. Le temps est l’indicateur premier de la motivation d’un enseignant à s’ouvrir à la nouveauté. Au-delà des mordus de ces technologies, il faut revenir à des considérations élémentaires en lien avec la raison d’être d’une formation, c’est-à-dire faire apprendre.

Les TAAC représentent ce que j’appelle les technologies en aide à l’apprentissage des compétences. J’ai établi une représentation des concepts à considérer dans une réflexion sur une utilisation pertinente des TIC. C’est tout de même curieux qu’après toutes ces années il y ait si peu d’utilisations généralisé des TIC.

On désire même se servir de ces technologies pour motiver les élèves en classe. Je pense que les technologies ne motivent pas, ils peuvent disposer ou amener l’apprenant à adhérer à la formation. Il ne faut jamais perdre de vue qu’en formation c’est l’apprentissage qui doit motiver.

Mes réflexions et mes utilisations des TIC en TAAC m’ont amené à identifier trois indicateurs de pertinence à l’utilisation des TIC dans le sens des TAAC.

1. Comment la technologie va augmenter la qualité des apprentissages?
2. Comment la technologie va augmenter la quantité des apprentissages?
3. Comment la technologie va faire réaliser les apprentissages en moins de temps?

Bonne analyse!

Insertion professionnelle des enseignants

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Voici une présentation que j’ai faite à des directions de centres de formation sur les éléments à considérer pour accompagner des nouveaux enseignants en formation professionnelle dans leur nouvelle profession d’enseignant. Comme pour beaucoup d’enseignants, ils sont engagés lundi et commencent à enseigner mardi avec une claque dans le dos. Si la pensée est que l’enseignant peut apprendre son métier sur le tas, pourquoi alors demander aux élèves de venir à l’école pour apprendre un métier? Il faut avoir un peu de cohérence et offrir un maximum d’aide et d’accompagnement au nouvel enseignant pour une formation professionnelle de qualité. La valorisation de la formation professionnelle devrait commencer par la valorisation de la profession enseignante en formation professionnelle.

Insertion (pdf)

Former une main-d’oeuvre compétente pour l’avenir

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Il y a une consultation régionale au Québec sur l’adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Plusieurs points sont abordés en ce qui a trait au développement économique, au manque de main-d’oeuvre qualifiée, à la formation offerte, aux besoins d’une formation adéquate pour les travailleurs actuels et futurs. Tout cela est très intéressant et nécessaire. Malheureusement, je constate que la pensée magique qui consiste à gratter le bobo pour le guérir est toujours présente, ainsi que la pensée que la modification des structures de formation, en les rendant plus accessibles et souples, va résoudre le problème.

Le défi pour l’avenir semble être de faire face à l’économie du savoir et la formation axée sur les activités professionnelles à hautes valeurs ajoutées. À aucun moment il n’est question de ce qu’il faudra faire pour que ceux qui organisent et dispensent la formation aient les compétences nécessaires pour faire face à ce défi. Sans formateurs et professeurs formés et supportés adéquatement ainsi que la recherche en didactiques professionnelle sur les dispositifs, les ressources et les pratiques de formations professionnelles adéquates, nous avancerons en arrière.

La recherche en didactique professionnelle et la formation continue des enseignants et formateurs pour favoriser l’attraction, la persévérance et la réussite des élèves tout en permettant de développer les compétences professionnelles adéquates constituent les éléments clés pour relever ces défis. D’ailleurs, il y a péril dans la demeure. Sous les bonnes intentions de faciliter l’accès à la formation professionnelle et de reconnaître plus facilement l’expérience, on pense pouvoir répondre à ce besoin.

Les compétences à développer chez les jeunes et les travailleurs sont d’un niveau plus élevé. Il faut faire développer les compétences de base nécessaires chez les jeunes pour les faire accéder de façon pleine et entière aux défis des professions d’avenir, non pas leurrer les travailleurs en reconnaissant aux pairs des compétences acquises sur le tas ou en diminuant les critères d’accès. Il ne faut pas abaisser l’accès aux formations pour répondre aux besoins quantitatifs de main-d’oeuvre, mais s’assurer que la compétence réelle est au rendez-vous.

Il faut de la recherche pour apporter des pistes sérieuses de mise en oeuvre d’un tel chantier, non pas bricoler sur le tas des réactions esthétiques, émotives politiques ou organisationnelles à la situation d’accessibilité et de maintien au travail. Nous ne pourrons faire face à des problèmes d’avenir avec des recettes du passé. Je vous fais part de ma carte d’idées qui m’amènera à intervenir dans ce dossier.

L’enseignant en formation professionnelle

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Le programme par compétences et son approche intégratrice, qui font appel entre autres à la résolution de problèmes, au diagnostic et au pronostic, définissent de façon cohérente et explicite les comportements attendus de l’étudiant et le niveau de performance nécessaire à la compétence à développer. Ce type de programme se caractérise par les liens en réseau qui existent entre les buts, les intentions, les objectifs, les comportements particuliers et généraux ainsi que les contextes qui les composent.

Ce phénomène d’intégration fonctionnelle, dans les programmes par compétences, est très difficile à cerner par les enseignants. Ils doivent tenir compte de l’information issue de plusieurs sources, en particulier les buts du programme et la compréhension de la dérive des objectifs de ce programme. De plus, ils doivent interpréter la matrice des objets de formation pour en dégager les liens entre compétences générales, compétences particulières et processus. Ils ont du mal à intégrer dans leurs situations d’enseignement cette matrice des objets de formation et par conséquent dans les situations d’apprentissage pour l’étudiant.

Avant la réforme des programmes de 1986, l’enseignant disposait, dans le cadre des programmes par objectifs, de toute la latitude qu’il désirait pour l’interprétation des comportements liés à une situation de travail en une situation d’apprentissage. Maintenant l’enseignant reçoit beaucoup plus de précisions pour élaborer ses situations d’enseignement. Même si le programme lui fournit les objectifs de comportement qui lui permettent d’identifier les savoirs et les savoir-faire ainsi que les objectifs de situation avec les savoirs et les savoir-être, il ne dispose pas des outils ni des points de repères nécessaires pour interpréter et transposer sous forme de situation d’apprentissage les intentions du programme.

La problématique est que l’enseignant n’a ni les outils ni les capacités pour interpréter et transposer dans ses stratégies d’enseignement les comportements qui permettraient d’atteindre un savoir plus générique, un savoir plus intégré comme celui que l’on devrait utiliser pour atteindre le niveau de compétence nécessaire au développement de la compétence professionnelle. Ainsi, malgré les attentes visées par les programmes par compétences, dans la pratique, la majorité des stratégies d’enseignement actuelles ne sont pas suffisantes pour atteindre un savoir générique intégré élément indispensable à la réflexivité essentielle au pouvoir d’agir de la personne compétente. Cette difficulté de maîtriser toutes ces subtilités de la compétence se situe en partie par le fait que l’enseignant accède à la formation professionnelle par la voie de ses compétences disciplinaires, c’est-à-dire, le plus souvent sans aucune formation préalable en pédagogie. Selon le ministère de l’Éducation ;

« une forte proportion des enseignants en formation professionnelle a d’abord travaillé ou travaille toujours dans une entreprise. Ce sont donc des personnes qui ont d’abord fait des études professionnelles ou techniques ou qui apprirent ce qu’elles savent de leur spécialité ou de leur métier en travaillant dans une entreprise, sur le tas. C’est seulement par la suite, la plupart du temps lorsqu’elles ont déjà commencé à enseigner qu’elles ont entrepris des études orientées vers l’enseignement » (MEQ,1995 : 62)

Les études universitaires de l’enseignant sont en règle générale composées de cours de pédagogie ou « de didactique générale » fortement déduite de l’approche par disciplines de la formation générale. La formation en didactique professionnelle, spécifique à l’approche par compétences de la formation professionnelle, reste à construire. Ceci même si certaines formations initiales font des efforts marqués dans le cadre de travaux dirigés individuel ou en groupe où l’on tente d’amener les enseignants en formation à se bâtir des outils d’enseignement.

Généralement, l’enseignant ne peut donc compter que sur lui-même. C’est sans doute pour cette raison qu’il adopte une démarche, pour le développement des situations d’apprentissage, qui s’appuie plus sur ses expériences disciplinaires que sur les prescriptions du programme d’études ou des stratégies pédagogiques et didactiques adaptées.

Rarement a-t-il l’occasion de percevoir et de comprendre l’origine de l’objet d’apprentissage explicité dans le programme. L’objet d’apprentissage en formation professionnelle n’est généralement pas déduit d’un savoir savant comme en mathématiques mais d’un savoir technologique qu’il faut définir et construire à partir du contexte de la situation de travail. La situation de travail est à l’origine du contenu du programme. (Figure 1)

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Figure 1

La situation de travail est à l’origine du programme.

 

L’instabilité de l’objet d’apprentissage tient au fait que son cycle de transformation se situe plus en lien avec la situation de travail qu’en lien avec le programme. La situation de travail est influencée par la dynamique de la recherche en technologie qu’elle suscite et les moyens techniques qui en découlent et qui la modifient de nouveau. L’avènement de l’informatique dans la fonction de secrétaire en est un bon exemple. La fonction de secrétaire a été transformée de façon majeure depuis l’introduction du micro-ordinateur. Peu de temps après l’intégration de cette technologie et à mesure de son utilisation, de nouvelles procédures professionnelles ont fait en sorte de modifier l’organisation du travail au point de métamorphoser cette fonction de travail. Aujourd’hui le travail d’un/d’une secrétaire est très différent de ce qu’il était il y a seulement un peu plus d’une vingtaine d’années.

Les problèmes d’organisation des apprentissages, dans le sens du développement de la compétence des étudiants en formation professionnelle, sont souvent liés au fait que la formation du personnel enseignant est orientée vers une planification de l’enseignement issue d’un paradigme basé sur l’a transmission plutôt que d’un paradigme basé sur l’appropriation. Il ne s’agit pas d’acquérir des savoirs pour comprendre, il faut premièrement comprendre la situation de travail pour ensuite repérer l’utilité du savoir et adapter ses pratiques aux événements et aux circonstances à gérer selon ses responsabilités. Contrairement à une époque où il suffisait d’apprendre le fonctionnement d’une machine pour faire le travail, aujourd’hui il faut comprendre le travail et choisir l’instrument approprié au contexte.

 « Si l’enseignant n’a pas de modèles de référence, il est voué aux modèles implicites, non formalisés, qu’il a vécus lui-même, ou bien à un « bricolage pédagogique » plus ou moins heureux. » (Barth, 1999 : 22)

Les enseignants de la formation professionnelle ne disposent pas de modèles de référence cohérents avec les intentions pédagogiques des programmes par compétences. Ceci fait en sorte qu’ils bricolent des situations d’apprentissage qu’ils pensent cohérentes avec le programme. La construction de ces modèles demanderait l’utilisation de connaissances et de compétences en pédagogie et en didactique spécifiques à l’enseignement professionnel que les enseignants n’ont jamais acquis ou qu’ils n’ont jamais eu l’occasion ou le temps de s’approprier de manière explicite pour développer des compétences en didactique des savoirs professionnelles.

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