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Étant donné qu’ils étaient des adultes, la formation était payée pas le Ministère du Travail et s’ils étaient en échec, ils seraient renvoyés du cours et perdraient ainsi leur prestation de formation. Je venais jouer dans le pain et le beurre de mes élèves. J’étais définitivement dans une zone dangereuse et je faisais face à l’agressivité du trois quarts de ma classe.

Cette agressivité ne s’est pas manifestée directement et immédiatement, cela a été beaucoup plus subtil. Cela a pris trois semaines pour que la contestation de mes élèves se concrétise sous la forme d’une missive du ministère de l’Éducation à ma direction d’école. L’auteur de la lettre spécifiait à ma direction qu’étant donné les déclarations signées des plaignants, mes élèves, il serait indiqué de remercier de ses services un enseignant aussi incompétent.

Je n’avais pas été convoqué par cette personne pour donner ma version des faits. J’avais été jugé et condamné. Mais ce n’était pas le Ministère qui avait un droit de regard sur mon embauche, heureusement, c’était la commission scolaire.

La direction de mon école connaissait mes façons de faire et c’est en partie pour cela que j’avais été engagé, pour mettre de l’ordre dans ce cours. Le directeur refusa de suivre les recommandations de ministère et me confirma dans mes fonctions malgré que les élèves avaient manifesté leurs désaccords par une manifestation avec pancartes et grève.

J’avais gagné mon point, mais il fallait que je fasse face à mes élèves pour continuer à donner mon cours. Les leaders de la manifestation ne correspondaient pas au profil des élèves contestataires. Comment était-il possible que des élèves sans histoire et collaboratifs devenaient du jour au lendemain des activistes d’une cause qu’ils n’avaient jamais revendiquée. Il était clair qu’il y avait un manipulateur ou une manipulatrice derrière leurs prises de position.

Effectivement, cela a pris un mois pour découvrir les vrais acteurs de ce putsch. La manière dont s’est déroulée la conclusion de cette histoire ressemble à la manière dont Al Capone s’est fait prendre. Ce dernier s’est fait prendre par son impôt. Ce qui avait été sa perte n’avait  aucun rapport  avec ses fautes alléguées.

De la même manière, l’élève qui était en faute, qui avait monté la classe et qui se servait des autres pour faire du trouble, c’est fait prendre à voler le fond d’un gallon de colle à 7 heure le matin. Nous avions identifié depuis un certain temps quel élève avait initié les troubles en classe, mais nous n’avions pas de preuve. C’est ce dernier qui nous a fourni la cause de sa perte.

À suivre … 3. Allo la police!