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Étape III: Comment créer les conditions d’apprentissage, à distance, pour susciter le besoin ou le désir d’apprendre?

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Comme l’indique Chevallard,« L’enseignant (professeur) n’a pas pour mission d’obtenir des élèves qu’ils apprennent, mais bien de faire en sorte qu’ils puissent apprendre. Il a pour tâche, non la prise en charge de l’apprentissage – ce qui demeure hors de son pouvoir – mais la prise en charge de la création des conditions de possibilité de l’apprentissage. » (Chevallard, 1986)

Ces conditions sont déjà difficiles à mettre en place en présence, le défi est d’autant plus grand à distance. Mais il doit être relevé. Je suis déçu de constater la confusion qui règne, en ces temps de la Covid-19, à ce qui a trait au concept de formation à distance et de formation en ligne. Mon humble interprétation est que le premier est une modalité et la deuxième un instrument. Malheureusement, pour plusieurs, la formation en ligne par vidéoconférence est la modalité de formation à distance.

On prend le moyen comme modalité et même comme méthode. Parfois, c’est ni mieux, ni pire que ce qui existait en formation en présence.

Comme je l’ai indiqué lors d’un article précédent, je me préoccupe surtout de l’apprentissage à distance et ensuite je devrai adapter les ressources didactiques et technologiques en conséquence.

Je me suis inspiré d’une représentation que j’ai adapté des travaux d’André Giordan sur son environnement allostérique. J’ai tenté de faire les liens entre l’action que je désire faire réaliser à l’apprenant et les intentions des conditions que je désire mettre en place. Ma prémisse de départ est que pour apprendre il faut que je place l’apprenant en action. C’est l’action qui peut provoquer chez l’apprenant son désir ou son besoin d’investir les efforts nécessaires pour mener à bien le processus d’apprentissage.

J’ai voulu faire concorder l’action, que je vise faire réaliser, avec les ressources technologiques et didactiques, que je désire utiliser pour mettre en oeuvre les intentions des conditions que je désire mettre en place dans la situation de formation à distance pour susciter l’apprentissage. Lorsque l’on se réfère à la situation pédagogique de Legendre (1983), c’est le milieu qui n’existe plus. Le milieu se transforme en conditions de la formation à distance. Le défi est de provoquer la relation d’apprentissage, comme dans une formation en présence, en agissant sur la relation didactique et la relation d’enseignement sans pouvoir aménager un milieu en conséquence.

La tentation est grande, dans cette obligation d’adaptation de nos pratiques enseignantes, de faire resurgir la pédagogie de la transmission au détriment de celle de l’appropriation. Il faut également considérer que dans une approche par compétence, il faut permettre le développement des compétences professionnelles de ceux que l’on forme et surtout de ne pas rêver que l’acquisition de connaissances sera suffisante au développement de cette compétence. Nous sommes confrontés à la prise en compte des mêmes étapes, c’est-à-dire l’exploration, l’apprentissage, l’application et le transfert des savoirs.

Pour ce faire, dans mon expérimentation, j’ai choisi onze actions à faire réaliser : Partager, échanger, analyser, connaître, s’engager, anticiper, chercher, comprendre, adhérer, construire et interagir.

À ces onze actions, j’ai associé onze ressources : Les forums synchrone et asynchrone, le jeu-questionnaire, la fiche de présentation, les guides thématiques, le scénario de formation, les quêtes, les capsules conceptuelles, la feuille de route et les fiches de travail.

J’imagine que vous pouvez comprendre les actions, mais certaines de mes ressources vous laissent perplexes.

Ce sera l’objet de la prochaine présentation : Quelles ressources pour favoriser, à distance, la relation d’enseignement et la relation didactique ?

 

 

Étape II : Comment présenter et représenter les tâches à faire réaliser?

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L’apprentissage à distance, lorsque nos programmes ont comme but le développement de la compétence professionnelle des apprenants, doit nous amener à concevoir la formation en nous basant sur ce qu’il faut faire et ensuite sur ce qu’il faut faire apprendre pour pouvoir le faire.

Mon cours en didactique était déjà fait dans une modalité hybride. C’est-à-dire, sur quinze séances, neuf étaient en présence et six à distance. Mes séances en présence avaient pour but d’explorer ce qu’il fallait apprendre pour réaliser les douze tâches en didactique que j’avais choisi de faire réaliser. Ces tâches se regroupaient sous trois thématiques qui me permettaient de couvrir le concept de didactique en formation professionnelle et technique.

Lorsque je donnais mes cours uniquement en présence, les apprenants réalisaient neuf tâches. Les avantages que j’avais notés de la modalité hybride étaient que mes étudiants travaillaient plus et mieux avec moins de séances en présence. La qualité des travaux réalisés était nettement meilleure que dans mes dix ans de cours en présence. De plus, lors des séances en présence, j’ai constaté une plus grande assiduité, ponctualité et persévérance de la part des étudiants. En résumé, l’organisation de mes cours, dans la modalité hybride que j’avais conçue, faisait en sorte que mes étudiants apprenaient de nouvelles choses, en plus grande quantité, en plus grande qualité et dans le même temps.

Fort de cette expérience, j’ai décidé d’en ajouter pour ma formation totalement à distance. Je vais concevoir l’organisation de mes séances à distance sur la base des tâches en didactique que mes étudiants doivent réaliser pour manifester leur compétence en didactique professionnelle.

L’essence même de la manifestation d’une compétence tient au fait qu’une personne est en mesure de réaliser et d’adapter ses tâches professionnelles dans les divers contextes de travail de sa situation de travail. J’ai choisi vingt tâches qu’un enseignant doit réaliser du moment où il reçoit un mandat de formation à celui où il dispense cette formation.

J’ai regroupé en trois phases et en cinq étapes les vingt tâches que j’ai choisies. L’outil didactique que j’ai conçu consiste en une feuille de route qui présente à l’apprenant le chemin qu’il devra parcourir pour atteindre les objectifs du cours. Les éléments à considérer par l’apprenant, pour chacune des tâches, dont il devra tenir compte, se retrouvent dans un autre outil didactique que je nomme la fiche de travail. Cet outil lui indique en quoi consiste le travail à faire, les consignes, la réalisation attendue et les indicateurs de réussite. Le troisième outil est surtout important par sa forme que par son contenu. Il propose un modèle opératoire à l’apprenant qui lui indique comment faire le travail.

L’aide à la tâche montre à l’apprenant un exemple de la façon de se représenter la façon de réaliser un travail. Ce type d’outil, en dehors de la pratique proposée, a pour fonction de fournir, aux futurs enseignants, une façon de se représenter une pratique de travail. Avec le temps, il devra être en mesure, par lui-même, d’utiliser cette façon de représenter les pratiques de travail et par la suite de former ses propres apprenants à cette méthode. Elle favorise la construction, par son concepteur, de schèmes opératoires qui favorisent la compréhension du travail.

Maintenant que nous avons une idée du travail à faire réaliser, il faut concevoir le déroulement du passage entre le travail à faire et l’apprentissage des savoirs nécessaires pour leurs réalisations. Tout cela à distance.

Ce sera l’objet de la prochaine présentation : Comment créer les conditions d’apprentissage, à distance, pour susciter le besoin ou le désir d’apprendre?

Étape I : Qu’est-ce qu’ils devront faire en didactique de la formation professionnelle?

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L’action est au coeur de l’apprentissage. Le défi, dans les séances d’apprentissage à distance et en ligne, est de placer les apprenants en action. J’ai regroupé les actions en deux catégories. La première traite de ce que l’apprenant devra faire durant le cours pour apprendre. La deuxième catégorie traite des actions professionnelles que l’apprenant doit apprendre et qui constituent l’objet même de la formation.

En ce qui concerne la catégorie des actions dont je dispose pour faire apprendre, dans des conditions normales, sont l’écoute, la lecture , la parole, l’écriture (incluant le dessin) ainsi que de réaliser des gestes et des mouvements. Dans le contexte de l’apprentissage à distance, je dois abandonner les gestes et les mouvements, que je pouvais faire réaliser en présence, et exploiter plus les autres actions qui sont parfois moins évidentes en présence et que je peux exploiter d’une  façon plus efficace à distance, comme l’écoute et la lecture. Il me reste donc l’écoute, la lecture, l’écriture et la parole.

  • J’utiliserai l’écoute pour les capsules audios et vidéos en asynchrone, les échanges et explications en synchrone.
  • J’utiliserai la lecture pour les présentations, les textes, les schémas en asynchrone.
  • L’écriture pour les forums, le clavardage, en synchrone, les jeux-questionnaires et les travaux en asynchrone.
  • La parole pour les échanges synchrones en visio-enseignement

La deuxième catégorie des actions touche celles reliées directement à l’objet de formation, dans mon cas, la didactique en formation professionnelle. Ces actions touchent directement les tâches que doit réaliser le futur enseignant en formation professionnelle et technique lors de ses activités professionnelles reliées à la didactique.

Je regroupe ces actions en cinq étapes :

  1. Organiser l’objet de la formation;
    • Déterminer l’objectif de la formation;
    • Formuler les intentions pédagogiques;
    • Établir le champ des savoirs de l’objet;
      • Savoir
      • Savoir-faire
      • Savoir-être
    • Organiser les savoirs dans une carte d’idées;
  2. Déterminer les actions du sujet pour qu’il puisse apprendre l’objet;
    • Déterminer les activités professionnelles;
    • Déterminer les activités pédagogiques;
    • Déterminer les consignes et directives;
    • Déterminer le résultat attendu;
  3. Agencer les actions de l’agent pour favoriser la réalisation de celles du sujet;
    • Établir le niveau de difficulté des savoirs;
    • Construire une feuille de route;
    • Représenter le travail à faire réaliser;
    • Représenter la façon de faire le travail à réaliser;
    • Représenter les concepts plus difficiles à concevoir;
    • Représenter le langage professionnel à utiliser;
    • Représenter les comportements professionnels à manifester;
  4. Répartir les durées des actions et des interactions pour arriver dans le temps déterminer pour l’objet;
    • Planifier le calendrier de la formation;
    • Planifier le scénario d’une séance de formation;
    • Affecter les ressources aux actions;
    • Planifier le déroulement d’une activité;
  5. Concevoir les conditions favorables à la rencontre du sujet avec l’objet.
    • Imaginer l’environnement de formation optimal d’un objet de formation.

J’ai déterminé ce que je vais leur faire faire en didactique de la formation professionnelle et le contexte dont je dispose pour l’apprentissage en ligne. J’aurai à déterminer la façon de présenter clairement ce que mes étudiants devront faire pour qu’ils puissent faire les liens entre les connaissances à avoir pour pouvoir réaliser les livrables que je vais exiger.

Ce sera l’objet de la prochaine présentation : Comment présenter et représenter les tâches à réaliser?

FAD ou AAD

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La pandémie de la COVID-19 nous oblige à  changer nos pratiques d’enseignement. Devons-nous remettre en question nos stratégies d’enseignement en même temps? Sachant que la stratégie d’enseignement, en présence, de type magistral est très peu performante, pourquoi certains ne font que la reproduire en Zoom, Skype ou Microsoft Teams avec l’obligation de la formation à distance ?

Comme je l’indique souvent, une formation ne doit pas être faite pour celui qui enseigne, mais pour celui qui doit apprendre. En ce qui me concerne, la formation magistrale est faite pour celui qui enseigne et qui se limite à  la transmission de ce qu’il sait. En ces temps de la COVID-19 il faut en profiter pour explorer de nouvelles avenues.

Il ne faut pas se laisser endormir par le chant des sirènes des promoteurs de la formation à  distance (FAD) et en ligne, pas plus que les chantres de la transmission. En enseignement, il n’y a jamais de méthodes, pratiques, stratégies ou modalités qui conviennent à tous les apprenants et pour tous les objets de formation.

Lorsque je conçois une nouvelle formation, je me concentre à connaître celui qui devra apprendre et sur ce que je devrai lui faire faire pour qu’il apprenne l’objet de formation. Ensuite, je me concentre sur les conditions nécessaires pour susciter la rencontre de l’apprenant avec l’objet par l’action que je vais lui faire réaliser.

Apprendre, pour moi, se doit d’être une action consciente, volontaire, autonome et sociale. Je ne peux concevoir une formation sur la base de l’acquisition et de l’intégration. L’une se limite à la mémorisation et l’autre se limite à la réalisation.

L’action est au coeur de l’apprendre. André Giordan indique que seul l’apprenant peut apprendre, mais il ne peut apprendre seul. L’apprendre appartient à l’apprenant, pas à  l’enseignant. Ce dernier, comme l’indique Chevalard, ne peut que créer les conditions pour que l’apprenant puisse apprendre.

Dans le contexte de la pandémie, où il nous reste que la formation à distance, le défi est de taille. Je ne pourrai pas faire réaliser plus d’apprentissages à distance (AAD) que je réussissais à en faire réaliser en présence. Par contre, si je pouvais créer les conditions pour les apprenants apprennent en présence, comment réussir à recréer des conditions aussi favorables à distance?

C’est ce que je désire vous proposer dans mes prochaines communications. J’ai travaillé très fort, depuis cinq ans, à  concevoir mon cours en didactique de la formation professionnelle en modalité hybride. De l’avis de mes étudiants, ainsi que des résultats qu’ils ont obtenus, en quantité et en qualité, c’est un succès. Je pensais, à près d’un an de ma retraite, que j’avais atteint mes objectifs de pédagogue en FP. Mais voilà qu’arrive la COVID-19, vilain et destructeur petit virus qui m’oblige à transformer mon cours hybride en cours à  distance. Défi intéressant et stimulant. Après une première analyse, mon cours hybride ne convient pas du tout à de la formation à distance et ceci même dans le cas où six des quinze séances étaient à distance. Plus je l’analyse et plus je me rends compte que je dois tout repenser.

Pour être logique avec moi-même, et ma pensée de pédagogue et didacticien, je ne pose pas la question si je vais utiliser Zoom ou Microsoft Teams pour endormir mes étudiants à  distance. Je dois susciter, chez les apprenants, le besoin ou le désir de fournir les efforts nécessaires pour réaliser les actions pour qu’ils apprennent. 

Je dois leur faire apprendre ce qui est nécessaire pour qu’ils puissent développer le niveau de compétence en didactique pour être un enseignant compétent.

C’est ce que nous verrons la prochaine fois.

 

Étape 1 : Qu’est-ce qu’ils devront faire en didactique de la formation professionnelle ?

Du réflexe à la réflexivité

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Réflexe - HB CRAIE 2019.001

Comme l’indique David A. Sousa dans son livre  » Un cerveau pour apprendre », le processus cérébral passe d’un processus réflexif (relevant de la réflexion),  à un processus  réflectif (de l’ordre du réflexe). Généralement lorsque l’on réalise une activité pour la première fois, nous avons tendance à nous appliquer et à tenir compte de tout ce qui peut nous fournir des informations pour la suite des événements. Par la suite, après avoir réalisé cette activité à plusieurs reprises, nous nous habituons et nous réalisons l’activité de façon automatique. La conduite automobile en est un bon exemple. Rappelez-vous la première fois que vous avez conduit une auto. Vous vous attardiez alors aux moindres détails. Regardez-vous aujourd’hui, après plusieurs années, ce sur quoi vous portez attention. La majeure partie de vos gestes sont des automatismes. Vous êtes passé d’un processus réflexif, à un processus réflectif.

Un autre facteur vient jouer également sur l’état réflexe et l’état réflexif, c’est la quantité de temps disponible pour réagir. Selon mes constats, moins nous avons de temps pour réagir à une situation, plus nous ferons appel à nos réflexes (réaction élémentaire automatique), plutôt qu’à notre réflexivité. Nous sommes alors plus enclins à exploiter ce que nous sommes plutôt que ce que nous savons. Nous faisons appel, dans ces circonstances, à notre mémoire épisodique et nous évacuons ce que possède notre mémoire sémantique.  Cela indique qu’en situation d’urgence nous exploitons ce que nous connaissons beaucoup plus que ce que nous savons. Savoir ne signifie pas connaître.

Je tenais à souligner ces points pour introduire une condition  importante pour faire développer le savoir-être professionnel. L’environnement influence le comportement et la variation du temps disponible permet de percevoir si le comportement manifesté par l’apprenant est intégré et compris. Lorsque nous mettons en place les conditions pour favoriser le développement d’une conduite professionnelle propre à une identité professionnelle, il faut faire en sorte de pouvoir jouer avec les circonstances d’un environnement professionnel et sur le temps. Moins nous avons de temps pour agir, plus nous passons d’un état réflexif à un état réflexe. Le comportement professionnel doit pouvoir devenir un réflexe chez l’apprenant.

L’analyse de mises en situation théoriques, pour permettre à l’apprenant de comprendre le savoir-être, est très peu performante. Il faut pouvoir placer l’apprenant dans un environnement de travail où des événements professionnels vont se dérouler à des rythmes et des vitesses différentes pour ainsi favoriser le passage de l’état réflexif à l’état réflexe tout en exploitant le passage du processus réflexif, au processus réflectif.

Le savoir-être ne doit pas être seulement acquis, il doit faire l’objet d’une appropriation. Cette appropriation ne peut se réaliser que dans un environnement de travail artificiel pour pouvoir  ainsi contrôler les événements et le temps, ce que ne peut offrir un environnement de travail réel. Ce qui m’amène à vous avertir que si vous pensez que c’est au moment où l’apprenant est en stage qu’il pourra être confronté aux savoir-être à manifester et ainsi l’apprendre, vous êtes dans l’erreur. La situation de travail réel fonctionne en temps réel. Placé dans cette situation, l’apprenant manifestera ce qu’il est et non ce que vous pensez qu’il aurait dû être avec ce que vous lui avez transmis, car il ne l’aura qu’acquis!

L’écosystème du savoir-être professionnel

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Écosystème - HB CRAIE 2019.001

En écologie, un écosystème est une unité écologique constituée par un milieu naturel, l’ensemble de ses vivants et de ses constituants non vivants, qui y établissent entre eux des interactions multiples. On pourrait déduire que pour apprendre un savoir-être il faut en comprendre son écosystème. L’écosystème d’un savoir-être est une unité d’apprentissage constitué par une situation de travail réelle, l’ensemble de ses activités et de ses circonstances qui établissent entre eux des interactions multiples.

Pour comprendre l’écosystème d’un savoir-être professionnel, il faut être en mesure de détecter, dans une situation de travail, l’événement professionnel déclencheur des comportements propres à une conduite professionnelle à adopter selon les enjeux relationnels liés à ses responsabilités professionnelles

L’écosystème du savoir-être professionnel présente les éléments à considérer pour faire manifester les savoir-être professionnels par les apprenants d’un métier ou d’une profession. Si vous désirez faire manifester des comportements professionnels à vos apprenants, il faut les placer au coeur de cet écosystème. Il faut sortir de la boîte traditionnelle de la formation en classe. On n’apprend pas un savoir-être dans un cours théorique sur les bonnes manières ou sur l’éthique professionnelle.

L’événement provoque le comportement. Lorsque l’on place l’apprenant dans une classe, on ne peut espérer autre chose que des comportements scolaires. Si l’on place l’apprenant dans un atelier traditionnel scolaire, on ne pourra espérer que des comportements scolaires. Si l’on place un apprenant dans un environnement de travail qui reproduit la situation de travail réelle, on pourra espérer susciter des comportements professionnels.

L’atelier de travail scolaire ne fait que réaliser les tâches prescrites d’une activité professionnelle. On prétendra que lorsque l’apprenant est en mesure de réaliser les tâches avec succès il aura développé la compétence. Je pense qu’il est faux de prétendre que c’est la tâche qui est l’indicateur du développement de la compétence professionnelle.

C’est la pratique de travail qui est adaptée aux circonstances de la tâche qui est la manifestation de la compétence, car elle reflète le pouvoir d’agir de l’apprenant. Ce pouvoir d’agir apparaît lors de la prise en considération des circonstances de la situation de travail pour réaliser, conformément aux attentes, la pratique de la tâche dont il a la responsabilité. Donc, comme lors de l’apprentissage d’un savoir-être, le développement d’une compétence fait appel à la compréhension à l’assemblage d’un événement, à la prise en compte des enjeux, selon ses responsabilités qui amènent à une conduite professionnelle qui assure un résultat qui répondra aux attentes de ceux qui bénéficieront du résultat de son travail.

Pourrait-on déduire que le développement des compétences professionnelles est indissociable de la manifestation du savoir-être professionnel et que pour faire développer ces compétences il faudrait créer un écosystème d’apprentissage?

C’est le début d’une réflexion qui pourrait être intéressante …

Les savoir-être professionnels

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Savoir-être professionnelle - HB CRAIE 2020

Le savoir-être professionnel – Qu’est-ce que c’est?

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Je vous partage une courte vidéo que j’ai réalisée afin d’expliquer qu’est-ce que c’est que le savoir-être professionnel.

Bon visionnement!

Éléments d’une formation

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Savoir et être

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Le concept de savoir-être devient de plus en plus d’actualité. Je constate qu’il est utilisé de bien des façons. Cela peut faire en sorte d’en faire dévier la finalité ou même la pertinence. Le savoir-être est parfois interprété comme étant l’éthique, une valeur, l’aspect émotif des relations, les attitudes d’une personne, ses aptitudes ou encore ses comportements. C’est un peu tout cela, mais il faut mettre un peu d’autres informations dans tout cela pour bien en saisir le sens réel.

Tout d’abord, situons deux éléments fondamentaux en ce qui concerne ma posture. Lorsque je traite du savoir-être, je le considère, comme un didacticien en formation professionnelle, c’est-à-dire comme un objet d’apprentissage dans une formation professionnalisante. Deuxièmement, les savoir-être dont je traite sont des savoir-être professionnels. La prise en compte du savoir-être professionnel par un apprenant l’amènera à manifester les attitudes professionnelles nécessaires pour mener à bien les tâches associées à ses responsabilités professionnelles. Le savoir-être et l’attitude doivent être considérés comme un savoir qu’une personne doit apprendre pour qu’elle se transforme en connaissance pour cette dernière. 

Je considère qu’il y a deux catégories d’attitudes, les attitudes personnelles et les attitudes professionnelles. Dans mes travaux je ne considère pas les attitudes personnelles, car, en ce qui me concerne, elles appartiennent à un autre domaine que la didactique, si je désire les faire modifier. De plus, je ne suis pas en mesure d’avoir un référentiel contextuel univoque pour en faire un savoir-être. C’est pour cette raison que je traite de savoir-être professionnel, car je peux définir, de façon univoque, le contexte et les conditions ou ce savoir-être prend son sens, les effets des attitudes sur les tâches professionnelles à réaliser et le résultat attendu. 

Revenons à ce que l’on doit comprendre du concept de savoir-être. Le concept comporte deux mots, savoir et être. Le savoir peut se comprendre en le définissant, selon Legendre (2005), comme un ensemble de connaissances approfondies, acquises par un individu, grâce à l’étude et à l’expérience. Le « être » peut se comprendre également, selon le Larousse, comme étant une réalité, en quelque sorte une forme d’existence. Si nous assemblons le tout, le savoir-être consiste en un ensemble de connaissances qui permet à une attitude d’exister qui lui permet d’être perceptible et par conséquent d’être apprise.

Finalement une attitude c’est ce qu’une personne manifeste, dans sa situation personnelle. Par conséquent, elle est ce qu’elle est. Être et savoir-être sont différents, car même si on est, on ne sait pas nécessairement qui on est ou ce que nous considérons pour l’être. Si nous regardons ce qu’est un professionnel, d’un métier ou d’une profession, nous pouvons constater ce qu’il est et ce qu’il convient d’être en rapport avec le résultat attendu du travail que nous attendons de lui. Ce qui est nettement plus difficile à établir en ce qui a trait à ce qu’il faut être socialement dans notre vie personnelle.

La personne en formation doit être en mesure de constater la distance entre ce qu’elle est personnellement et ce qu’elle devra être professionnellement pour répondre à réalité de la situation de travail. Dans un contexte de formation, ce n’est pas le rôle d’un professeur ou d’un enseignant d’amener un apprenant à savoir qui il est, mais c’est son rôle de lui faire apprendre ce qu’il doit devenir. C’est cette réalité que nous devons considérer, en didactique professionnelle, c’est-à-dire de repérer les comportements professionnels nécessaires à la réussite du travail à réaliser pour caractériser l’attitude professionnelle à adopter et ainsi pouvoir la faire apprendre. Ce qui constitue le savoir-être c’est l’assemblage, dans une situation de travail, d’un événement professionnel, d’une tâche professionnelle à réaliser, des circonstances que cela provoque, du résultat attendu et des comportements à manifester dans une pratique de travail à adapter . Par conséquent, un savoir être n’est pas simple une attitude, c’est tout ce qu’il y a entre ce que je suis, ce que je dois être. Cela nous amène souvent à constater qu’une attitude personnelle est rarement adéquate en rapport avec une attitude professionnelle à manifester pour susciter le lien de confiance entre un professionnel et celui qui bénéficie de son travail. Le défi c’est de pouvoir provoquer ce changement.

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