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La revue Technigogie est publiée par mon centre de recherche. Chaque  parution est associée à une thématique. Cette dernière parution traite des méthodes d’enseignement en formation professionnelle. Vous pouvez feuilleter cette dernière à l’adresse suivante «www.supor.org/Book/technigogie8». Cette revue s’adresse aux acteurs de la formation professionnelle, technique ou en entreprise. Elle donne la parole aux praticiens, aux professionnels et aux chercheurs. Il y a deux parutions par année, une à l’automne et une au printemps. Ceux qui veulent contribuer au contenu sont les bienvenues. Vous pouvez avoir plus d’information sur le site «www.technigogie.com». La revue ne comporte pas d’annonces. Elle ne pourra survivre que par l’intérêt de ses lecteurs et les abonnements.

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L’autruche, le magicien et le compétent

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C’est à croire qu’en formation professionnelle tout est toujours à recommencer. Un sage a déjà dit que si nous ne connaissons pas notre histoire nous sommes condamnés à revivre nos erreurs. C’est malheureusement le cas en formation professionnelle. Sans me prendre pour Lafontaine j’ai voulu emprunter à son style pour présenter un titre de fable.

Ici l’autruche symbolise la population en général, le magicien représente les personnes qui veulent manipuler ou créer des illusions à l’autruche et le compétent est celui qui sait, la référence, mais on ne le connaît pas. Je vous laisse trouver qui sont symbolisés par le magicien illusionniste.

Plusieurs actions, constatations, décisions, événements et réactions m’amènent à constater que la formation professionnelle et technique est sur le point de vivre un virage et pas des meilleurs. Il y a eu une consultation provinciale dans les derniers mois sur l’adéquation formation main-d’oeuvre. Depuis quelque temps nous constatons également un désengagement du ministère de l’Éducation envers la formation professionnelle par des transferts de responsabilités et des coupures budgétaires importantes.

De plus, des décisions à courte vue sont prises dans les commissions scolaires en ce qui a trait à l’intégration de plus de jeunes en FP, d’élèves en difficultés et de décrocheurs. Au niveau collégial il y des pressions pour faire diplômer les étudiants plus rapidement. Des enseignants me parlent des nouvelles clientèles en formation professionnelle, les élèves en difficultés n’ayant pas les préalables ou ayant des troubles d’apprentissage. Le ministère de l’Éducation ne fournira plus les tableaux de spécification pour l’évaluation en reconnaissance des compétences. La responsabilité de l’élaboration des programmes sera dévolue aux commissions scolaires. La rationalisation des programmes en FPT par souci d’économie. La remise en question de la formation des enseignants, car elle semble trop longue. Etc.

Les astres s’alignent pour un nouvel affront à la formation professionnelle. Les magiciens savent que les autruches sont facilement influençables et qu’elles ont tendance à se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir la réalité. C’est pour cela que le magicien utilise, comme dans le passé, de bonnes intentions pour donner l’illusion que c’est la vertu qui le motive. Oui, la vertu de l’intégration des élèves en difficultés, des passerelles pour éviter les culs de sac, de la rationalisation pour mieux gérer les ressources, de l’adéquation avec le marché du travail, de l’augmentation des jeunes en formation professionnelle, de la reconnaissance des acquis, de la formation continue en entreprise, de la qualification en entreprise, de la diplomation en entreprise, de la mondialisation des marchés, de l’économie du savoir, de la pénurie de la main-d’oeuvre ou encore, les mots qui éliminent toute objection, en utilisant le raccrochage, la persévérance et la réussite scolaire.

La table est mise pour le grand banquet comme lors de la réforme Parent, dans les années soixante, où la formation professionnelle, qui était un modèle à l’époque, pour de bonnes intentions ou un intérêt supérieur, a été intégrée aux polyvalentes, accessoirement pour se les payer. Cela aura pris vingt-cinq ans pour remettre la FP sur les rails avec la réforme de 1986, avec Claude Ryan et  Jacques Henry, en proposant l’approche par compétences et la construction de nouveaux établissements que nous appelons centres, anciennement les écoles de métier. Cela fait vingt-cinq ans que la réforme de la FP a été initiée, il est temps pour ses démons de réapparaître. Le système scolaire est tanné de tourner en rond avec ses élèves qui ne fonctionnent pas dans le modèle scolaire. Il est maintenant temps de mettre les pendules à l’heure et de rappeler à la FP ses devoirs. Finalement, ce n’est pas si compliqué d’être un mécanicien, une secrétaire, un vendeur, un soudeur ou un usineur. Pour qui se prend la formation professionnelle en exigeant une bonne formation de base aux élèves pour pouvoir devenir des ouvriers autonomes et compétents?  Fini le chichi, la FP c’est la soupape pour intégrer tout le monde quoi qu’en dise ses artisans. Si les programmes sont trop exigeants, que cela ne tienne, nous allons laisser les milieux fabriquer les programmes. Si les examens sont trop difficiles, que cela ne tienne nous allons leur laisser le loisir de fabriquer les examens. Il n’y a plus de problème, la FP sera remise à sa place et l’autruche est contente, elle n’a rien vu passer, le magicien était habile. L’autruche ne se pose plus de question, l’illusion est complète, la FP revient à son point de départ. Ses professeurs vont se transformer d’expert d’une discipline à orthopédagogue, magie, ou en travailleur social, remagie, tout en relevant les défis de l’économie du savoir sans perfectionnement, reremagie.

Nouvelle attaque, d’autres magiciens apparaissent lorsque certaines autruches se questionnent sur l’insertion professionnelle des élèves. Voyons donc, apprendre un métier ce n’est pas à l’école que tu apprends cela, c’est sur le tas dans l’entreprise pour devenir un bon travailleur productif, pour être en mesure de faire face à la compétitivité. T’apprends ton métier directement en entreprise et on va te donner ton diplôme en même temps, c’est t’y pas beau ça!

Comment des formateurs en entreprise vont-ils pouvoir faire cela? Magie. Comment s’assurer que les diplômes auront la même valeur? Remagie. Comment s’assurer que l’on ne formera pas seulement un travailleur pour une entreprise plutôt qu’un citoyen maître de sa compétence? Reremagie.

La formation professionnelle, pour l’autruche c’est un pis aller. Des jeunes intelligents ça va à l’université. Tu vas en FP quand tu ne peux pas aller ailleurs.

Vous allez me demander que fait le compétent dans l’histoire? Il fait son possible il essaie d’expliquer, de comprendre et d’intervenir, mais il n’est pas magicien. Pendant qu’il développe ses compétences le magicien développe la mystification et l’autruche ne peut voir la différence entre quelqu’un qui sait et quelqu’un qui la manipule.

L’autruche finit par croire le magicien, car il lui dit ce qu’elle veut entendre!

La poule ou l’oeuf? (Immersion et insertion professionnelle des profs en FP)

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Voici une présentation que je viens de faire au congrès de la TREAQ-FP (Table des responsables de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle des commissions scolaires du Québec).

L’atelier portait sur : «L’accompagnement des nouveaux enseignants en formation professionnelle en deux temps : période d’immersion et période d’insertion professionnelle ».

Un constat important porte sur le fait qu’il n’y a pas un soutien aux enseignants proportionnel à l’importance de demander à une personne d’apprendre son métier d’enseignant sur le tas. Nous devrions être en mesure de fournir au nouvel enseignant en immersion des modèles pédagogiques et didactiques qui l’amèneront à comprendre les pratiques pédagogiques de l’établissement de formation, par la suite de comprendre les fondements et finalement de fonctionner de façon autonome et professionnelle.

Pour ce faire, il faut de l’accompagnement. Là encore, nous nous retrouvons, de façon générale, avec un conseiller pédagogique qui a appris sa profession de conseiller sur le tas après avoir appris son métier d’enseignant sur le tas. Je pense, pour faire face aux défis de l’avenir en formation professionnelle, qu’il faut arrêter de tourner en rond et de penser que la profession d’enseignant à quelque chose de génétique plutôt que scientifique, « tu l’as ou tu l’as pas ».

De l’accompagnement pour appliquer la vision des pratiques de formation du milieu et des instruments pour en comprendre l’application. Mais pour être en mesure de relever ce défi, il faut placer notre questionnement plus loin que de remettre en cause le baccalauréat des enseignants. La finalité de cette formation ne devrait pas être remise en question. Ce sont plutôt les modalités.

Une suggestion touche l’accessibilité de la formation pour tous. Les conseillers pédagogiques en formation professionnelle devraient être la référence des établissements de formation en ce qui a trait à la pédagogie et aux pratiques mises en oeuvre dans les milieux. Pour ce faire, il faut les reconnaître comme telles et les former en conséquence pour les diplômer et les utiliser comme formateur d’enseignants de première ligne. Ce sont eux qui les accueillent et les accompagnent. Ce sont eux qui devraient recueillir le patrimoine culturel des pratiques d’enseignement propres à la vision et aux objectifs du centre. C’est ce que Le Boterf nomme les compétences collectives. Malheureusement, ce n’est que rarement le cas. Ce sont eux qui devraient avoir la charge officielle de faire les premières formations et qualifier les enseignants dans leurs premières pratiques.

C’est par la formation que nous serons en mesure de faire face aux défis de la formation professionnelle et de la main-d’oeuvre. Il faudrait tout de même croire à notre credo, c’est ce que nous disons à nos étudiants. Nous sommes les milieux de formation les plus importants et c’est nous qui formons le moins, de façon continue, nos personnels. C’est tout de même un paradoxe sur lequel il faudrait, en plus d’y penser, agir avant de nous le faire mettre sur le nez.

Enseigner ce n’est pas de la magie et cela ne relève pas d’une génération spontanée. On ne vient pas au monde professeur, contrairement à une certaine époque où l’on parlait de vocation. Enseigner c’est une profession complexe qui ne s’apprend plus sur le tas. On n’oserait jamais demander à un futur médecin de commencer à pratiquer et ensuite aller se faire former. Il ne serait même pas acceptable qu’il se forme au même moment où il travaille, pourtant c’est ce que nous demandons à nos nouveaux enseignants. Même si vous me dites que ce n’est pas pareil, il y a quand même certaines similitudes, le fait de jouer dans le cerveau de nos futurs travailleurs par exemple!

Suite à venir, ce n’est qu’un début …

Présentation en PDF

Approche pédagogique différenciée

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La FP cherche le trouble et elle va le trouver

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Un nouveau chantier à ouvrir en formation professionnelle. Les élèves ayant des troubles d’apprentissage arrivent en formation professionnelle, de l’avis d’un certain nombre d’intervenants. Lors d’une rencontre, dernièrement, où nous étions à la recherche de thèmes pour des perfectionnements à offrir aux enseignants, une proposition a été faite pour offrir aux enseignants une formation pour les aider à gérer les nouveaux élèves ayant des troubles d’apprentissage.

J’étais surpris que l’on aille si rapidement offrir une formation sur un sujet qui n’a pas encore été discuté pour en établir les fondements, la pertinence et une compréhension univoque en formation professionnelle. De quoi parle-t-on quand nous parlons de troubles d’apprentissage? À mon interrogation on m’a répondu que c’est un fait et que présentement nos pauvres enseignants sont démunis par rapport à ce problème. Suite à de nouvelles questions sur une position que nous devrions prendre et d’émettre un avis sur ce nouveau phénomène, je me suis fait répondre que ce n’était pas le temps de faire de la politique et des discussions universitaires, il fallait être concret et donner des outils pour aider le quotidien de nos enseignants.

N’allez pas croire que je m’oppose à l’intégration des élèves ayant des troubles d’apprentissage. Mon questionnement est en amont et considère le supposé problème sous un autre angle. Ce à quoi je m’objecte c’est de continuer le profilage que l’on fait de ces élèves en FP que l’on a conforté avec un diagnostic faisant en sorte de leur offrir un bouclier à la nécessité de développer les compétences nécessaires à l’insertion au marché du travail. Dans la mesure où c’est encore le but de la formation professionnelle.

Il faut comprendre que peu importe le trouble d’apprentissage, l’élève admis en FP doit répondre aux exigences d’admission. Dans la mesure où c’est encore une exigence.

Ma position est qu’avant de cataloguer l’apprenant comme ayant un trouble, c’est de se questionner si ce n’est pas un trouble d’enseignement qui pourrait être à l’origine du trouble d’apprentissage, je parle ici de formation professionnelle. Tant que l’enseignant ne se questionne pas sur ses pratiques d’enseignement et ses effets, on ne peut affirmer que c’est l’élève qui a des troubles. La pire chose pour un processus d’apprentissage c’est de considérer que quelqu’un a du trouble avec ce processus. Ma crainte est que le fait d’annoncer le trouble avant qu’il arrive que nous amplifions ce trouble en le considérant comme une limitation plutôt que comme une caractéristique de l’apprenant.

Dans une classe de FP il y a beaucoup plus d’élèves que l’on pense qui ont des troubles d’apprentissage sans avoir de pathologie. Il ne faut pas oublier qu’une grande partie de nos profs apprennent le métier d’enseignant sur le tas et finissent par se convaincre que le trouble ne peut être en lien avec leur enseignement, mais sont généralement associés au manque de maturité, de motivation, d’intérêt ou d’intelligence de l’élève.

Il faut arrêter de faire croire que l’on peut régler les problèmes ou les troubles liés à l’apprentissage par des trucs de gestion de classe ou des protocoles d’évaluation. Pour régler des problèmes ou des troubles d’apprentissage, il faut comprendre comment l’apprentissage fonctionne. Il faut arrêter de penser que c’est l’élève le problème. Les pratiques d’enseignement que je constate en classe relèvent d’une période que je ne daterai pas de peur d’insulter les utilisateurs. Nous appellerions cela de l’archéologie pédagogique.

Notre ami Piaget a souligné à un moment, et je suis d’accord avec lui, que ce n’est pas la matière qui est difficile à apprendre, c’est la manière dont nous faisons apprendre cette matière qui est difficile pour l’élève.

Au lieu d’aborder l’élève comme étant à l’origine du problème ou d’un trouble associé à un processus que je ne comprends généralement pas il faudrait aborder une démarche d’enseignement différentié qui respecterait les styles d’apprentissage de chacun des élèves. Je suis convaincu, après mainte expérimentations, que l’on doit travailler sur des pratiques d’enseignement préventives aux problèmes et aux troubles d’apprentissage plutôt que sur des mesures curatives pour gérer les élèves qui ont des problèmes et des troubles.

Mes prochains articles vont traiter de ce phénomène et de sa prise en considération pour éviter de chercher le trouble que l’on a souvent soi-même créé professionnellement ou socialement. Malgré les septiques il est possible d’organiser des formations qui considèrent les styles d’apprentissage de chacun des élèves. Il faut simplement accepter de penser autrement, mais encore faut-il vouloir penser.

Qu’en pensez-vous? Aidez-moi à comprendre ce qui se passe.

Des TIC aux TAAC

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Les TIC sont à la mode depuis une dizaine d’années. Qui les utilise? Pourquoi ont les utilise? Qu’est-ce que cela améliore?

Le but ne doit pas être d’utiliser les technologies de l’information et des communications, mais se servir de ces technologies pour articuler des intentions pédagogiques et didactiques permettant d’améliorer les apprentissages. Pour que la majorité des enseignants aient besoin de se servir de ces technologies, il va falloir faire la démonstration qu’ils vont gagner du temps. Le temps est l’indicateur premier de la motivation d’un enseignant à s’ouvrir à la nouveauté. Au-delà des mordus de ces technologies, il faut revenir à des considérations élémentaires en lien avec la raison d’être d’une formation, c’est-à-dire faire apprendre.

Les TAAC représentent ce que j’appelle les technologies en aide à l’apprentissage des compétences. J’ai établi une représentation des concepts à considérer dans une réflexion sur une utilisation pertinente des TIC. C’est tout de même curieux qu’après toutes ces années il y ait si peu d’utilisations généralisé des TIC.

On désire même se servir de ces technologies pour motiver les élèves en classe. Je pense que les technologies ne motivent pas, ils peuvent disposer ou amener l’apprenant à adhérer à la formation. Il ne faut jamais perdre de vue qu’en formation c’est l’apprentissage qui doit motiver.

Mes réflexions et mes utilisations des TIC en TAAC m’ont amené à identifier trois indicateurs de pertinence à l’utilisation des TIC dans le sens des TAAC.

1. Comment la technologie va augmenter la qualité des apprentissages?
2. Comment la technologie va augmenter la quantité des apprentissages?
3. Comment la technologie va faire réaliser les apprentissages en moins de temps?

Bonne analyse!

Insertion professionnelle des enseignants

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Voici une présentation que j’ai faite à des directions de centres de formation sur les éléments à considérer pour accompagner des nouveaux enseignants en formation professionnelle dans leur nouvelle profession d’enseignant. Comme pour beaucoup d’enseignants, ils sont engagés lundi et commencent à enseigner mardi avec une claque dans le dos. Si la pensée est que l’enseignant peut apprendre son métier sur le tas, pourquoi alors demander aux élèves de venir à l’école pour apprendre un métier? Il faut avoir un peu de cohérence et offrir un maximum d’aide et d’accompagnement au nouvel enseignant pour une formation professionnelle de qualité. La valorisation de la formation professionnelle devrait commencer par la valorisation de la profession enseignante en formation professionnelle.

Insertion (pdf)

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