Un environnement d’apprentissage pour favoriser le développement de compétences

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Quelques années d’observation, d’expérimentation et de réflexion m’ont amené à postuler que les solutions aux problèmes liés à l’implantation des programmes par compétences devraient se trouver chez ceux qui les vivent et, qu’ensemble, ils devraient avoir la capacité de les trouver. Il s’agit de placer l’enseignant dans une situation similaire à celle que connaîtra l’élève, afin de lui faire vivre et construire les relations liées au développement de sa compétence.

C’est dans ce but que j’ai mis en place des groupes de travail d’enseignants dont l’objectif essentiel est la construction d’objets d’apprentissage et la résolution des problèmes liés aux apprentissages. Ces groupes de travail amènent les participants à exprimer les problèmes et les idées de solutions en relation avec le programme et à concevoir des solutions didactiques favorisant le développement des compétences chez l’élève.

Il est surprenant de constater le potentiel d’innovation qui peut exister entre des enseignants qui vivent un même problème et qui coopèrent pour lui trouver des solutions. Le rôle que j’ai joué, dans ces groupes de travail, en plus d’y apporter une expertise en didactique, a consisté à accompagner les enseignants, à les écouter, à les guider, à élaborer avec eux des représentations de leurs réflexions, à construire, à partir de leurs idées, des prototypes et à concevoir des moyens didactiques issus de cette démarche. Les enseignants, ainsi libérés des contraintes de la production des moyens didactiques, peuvent centrer leurs efforts sur l’explicitation et la formalisation de leurs expériences individuelles, au bénéfice d’une construction collective de situations didactiques propres à leur domaine. Cette dynamique favorise chez les participants le développement de leur propre compétence en didactique de développement des compétences. Les enseignants se placent ainsi en position de maîtriser une situation où souvent ils se sentent seuls et en attente de spécialistes. Les participants développent progressivement leurs compétences en didactique et, ainsi, deviennent de plus en plus autonomes sur le plan pédagogique.

Le processus de travail de ces groupes se justifie par l’élaboration de ce que j’ai appelé « l’environnement didactique ». L’environnement didactique prend principalement en considération les éléments de motivation de l’élève en mettant à sa disposition l’ensemble des ressources nécessaires à la résolution de problèmes ou au développement du jugement critique liés à la réalisation des tâches de sa fonction de travail. À l’opposé d’un apprentissage sur le tas dans l’environnement de travail, l’environnement didactique s’en distingue et s’enrichit de composantes qui permettent d’expliciter et de formaliser la situation réelle de travail. L’environnement didactique, ainsi réalisé par les enseignants, doit instrumenter l’élève dans le but de favoriser le processus de construction de ses connaissances. Ce processus se caractérise par la présentation des éléments d’information utiles, leur mise en mémoire fonctionnelle, la formalisation de la pensée de l’élève, le développement de sa créativité, l’explicitation de ses perceptions et l’expression de sa compréhension.

Lorsque l’environnement didactique est conçu en relation avec les visées du programme, les instruments didactiques produits deviennent alors des ressources d’enseignement pour l’enseignant et des ressources cognitives pour l’élève. L’enseignant peut alors cesser de dire et de répéter, pour plutôt accompagner l’élève dans l’utilisation des ressources et de l’environnement qui lui permettront de trouver l’information nécessaire et de construire les connaissances utiles à la résolution de problèmes ou au jugement critique.

Le contexte favorisera ainsi la dynamique des interrelations en réseau de ses savoirs, de ses savoir-faire et de ses savoir-être. Il est indéniable que le modèle que je propose est perfectible et qu’il y a encore des problèmes liés à l’implantation de l’approche par compétences ; tout changement créant inévitablement des problèmes. Mais ce n’est pas parce que les enseignants de la formation professionnelle ont vécu et qu’ils vivront encore des problèmes en relation avec cette approche qu’elle est négative pour autant. Au contraire, je suis porté à croire que les problèmes engendrés par ce changement ont été une source positive de développement de ma propre compétence dans le développement des compétences, une « métacompétence », pour paraphraser certains auteurs.

Concevoir un environnement didactique

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La formation professionnelle, qu’elle soit continue ou initiale, doit toujours se référer à l’expertise de professionnels, aux situations de travail et aux pratiques que les travailleurs d’expérience mettent en œuvre pour réaliser leurs tâches. L’expérience et l’expertise professionnelle de ces travailleurs constituent la base de l’ingénierie didactique d’une formation prometteuse et garante des changements attendus.

Curieusement, suite à des échanges avec des spécialistes des métiers, elles sont à la fois des sources de référence et de confrontation permettant l’émergence d’une compréhension commune et univoque des pratiques professionnelles ainsi que des concepts et des savoirs qui leur sont reliés. Les différentes professions constituent des cultures professionnelles propres à chacune d’elles. L’accès à ces cultures passe nécessairement par la maîtrise du langage et des représentations des experts et des travailleurs d’expérience de cette profession. Ce n’est que par la suite qu’il est possible d’élaborer des situations, des environnements et des instruments favorisant l’apprentissage, c’est-à-dire didactique. Mes recherches m’ont également permis de constater que l’apprentissage et la maîtrise de ces savoirs par les apprenants requièrent toutefois la conception et la mise au point d’environnements et d’instruments didactiques et pédagogiques garantissant le développement attendu de la compétence professionnelle. C’est ainsi qu’il est possible de développer une trousse d’instruments didactiques génériques dont les composantes seront proposées dans des communications subséquentes.

L’environnement didactique doit permettre de disposer l’apprenant et l’amener à adhérer à la formation. Ce n’est que par la suite qu’il investira les efforts nécessaires aux apprentissages. Pour ce faire, il faudra lui proposer des situations d’apprentissage et des tâches à réaliser qui pourront le stimuler et le motiver. C’est le défi de la didactique professionnelle.

À suivre …

La didactique professionnelle

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DIDAPRO HB CRAIE 2020

L’apprentissage d’un métier ou d’une profession et le développement d’une compétence professionnelle sont les deux éléments sur lesquels se base la conception et la réalisation des instruments et des environnements didactiques en formation.

Pour qu’un environnement didactique puisse pleinement jouer son rôle, il faut qu’il puisse disposer et motiver la personne qui apprend tout en la confrontant à la réalité d’une situation de travail.

Une formation professionnelle innovante doit nécessairement considérer une approche tenant compte de tous les éléments d’une situation de travail, c’est-à-dire, la tâche à réaliser, les circonstances naturelles où cette tâche se réalise, les événements éventuels qui peuvent se produire, la personne en apprentissage du métier et ses relations avec les autres qui travaillent dans cet environnement de travail.

Pour que cela puisse se produire, il faut que l’enseignant ou le formateur puisse, comme un professionnel dans une entreprise, prédire et réguler les apprentissages. Les outils de l’enseignant et du formateur consistent dans son instrumentation didactique, pédagogique et technique. Comme dans une entreprise, pour produire un bien ou un service il faut avoir des instruments qui facilitent la compréhension du but du travail, une planification qui détermine pourquoi et comment le travail va se réaliser et des outils de travail.

La didactique professionnelle est un champ de recherche qui est en émergence. Ce blogue a pour objectif de provoquer des échanges entre des enseignants, des formateurs, des apprenants, des chercheurs, des conseillers pédagogiques, des responsables de la formation en entreprise, des directions de centre de formation et des décideurs en entreprises. Ces discussions devraient nous aider à faire évoluer nos perceptions et nos représentations de l’apprentissage d’un métier ou d’une profession.

Je vous invite à participer et à poser des questions.

Henri Boudreault Ph.D
UQAM

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